Santé, emprisonnement et coronavirus

Santé, emprisonnement et coronavirus

Le week-end du 3-4 avril 2020 a été marqué par deux mutineries à la prison de Champ-Dollon (Genève). Une quarantaine de détenu.e.x.s le vendredi puis une vingtaine le samedi ont refusé de réintégrer leurs cellules. Ce qui est extrêmement courageux compte tenu de la violence des mesures répressives dans un contexte carcéral. Leur mobilisation a été largement soutenue par les autres prisonnier.e.x.s depuis l’intérieur. La révolte réclamait un traitement digne et leur revendication principale était la libération comme moyen de lutte contre la propagation du coronavirus dans la prison. Un dispositif policier important a été mis en place autour et dans de la prison et les participant-e-s du mouvement du samedi se sont vu-e-s enfermer au cachot pour une durée de dix jours.

 

«  C’est bien joli de mettre en place plein de mesures contre la pandémie, si l’État maintient en même temps des pratiques anti-sanitaires et entretient des situations extrêmement propices à la propagation du virus. « 

Bien que la Tribune de Genève ait essayé de nous faire croire qu’iels voulaient simplement jouer au foot, c’est le cri de « Liberté! » qu’on pouvait entendre par-dessus les murs. La couverture médiatique désastreuse de ces événements invisibilise les raisons de cette revendication.

Voici quelques éléments pour comprendre en quoi la libération des prisonnier.e.x.s est une urgence mais aussi certains mécanismes à l’œuvre dans le refus des autorités d’aller dans cette direction.

Prison pathogène

Champ-Dollon est une prison de courtes peines, cela signifie que les détenu.e.x.s y purgent des peines de moins de six mois ou des peines préventives (en attente de jugement).

De plus, c’est une des prisons les plus surpeuplées d’Europe (597 personnes pour 398 places). Une grande partie des détenu.e.x.s y purge une peine pour infraction à la LEtr (Loi sur les étrangers). En effet, depuis les directives Jornot, on enferme à Genève pour simple infraction à la Loi sur les étrangers, c’est-à-dire que l’on considère les sans-papiers comme des criminels ; leur « crime » est de se trouver sur le territoire suisse. Ce qu’on appelle les délits « mineurs », qui sont punis par des peines relativement courtes, sont pour la plupart commis pour des raisons de précarité. De plus, impossible de négocier une caution si on n’en a pas les moyens. Il y a en effet beaucoup de personnes aisées qui évitent les courtes peines de cette manière, comme cet homme d’affaires qui a pu se protéger à la fois de la prison et du coronavirus. « On voulait le mettre en prison alors qu’il possède une villa ici et propose d’offrir toutes les garanties nécessaires», (…) Le prévenu a été libéré le lundi 16 mars moyennant le dépôt d’une caution. » (Le Temps, 03.04.2020)

Autrement dit, à Champ-Dollon on enferme surtout les personnes pauvres et les personnes en exil.

Notons que ces proportions ne sont pas le fruit du hasard mais bien les conséquences d’un système judiciaire qui stigmatise et criminalise toujours plus les personnes les plus précaires de nos sociétés. En effet, ce sont bien des choix politiques qui entretiennent le sentiment d’insécurité et le focalisent sur les personnes racisées, noires, pauvres, toxicomanes, en exil, déviantes (etc.). Le but étant de créer une société pacifiée et de maintenir le pouvoir du côté de ceux qui l’ont déjà.

Les personnes en situation de précarité sont aussi plus vulnérables en termes de santé, du fait de nombreux facteurs tels que la difficulté de l’accès aux soins, au repos, à une alimentation de qualité et en quantité suffisante…

La prison, de par sa structure même, est un environnement pathogène. Les corps et les esprits y sont soumis à un stress intense, au manque de sommeil, au manque d’exercice physique, à une bouffe dégueu et malsaine, à l’anxiété, à la promiscuité, etc.

Par ailleurs, on note une proportion de personnes atteintes par des maladies infectieuses (HIV, hépatites, tuberculose) plus forte qu’à l’extérieur (OMS, 2009). Le traitement des maladies chroniques est compliqué et mal assuré (diabète, hypertension artérielle, broncho-pneumopathie chronique obstructive).

Si en temps normal la prison comporte des dangers pour la santé, ceux-ci deviennent dramatiques lors d’une situation de pandémie. Ce qu’admet d’ailleurs le chef du service de médecine pénitentiaire de Genève, Hans Wolff, au sujet de sa décision d’abaisser l’âge-risque face au coronavirus à 60 ans: « à âge égal, les détenus montrent plus de maladies en raison d’un cumul de mauvais déterminants pour la santé. » . Il admet aussi que la surpopulation carcérale est un facteur aggravant. Ce qui ne l’a pas empêché d’accepter le transfert à Champ-Dollon de 5 personnes venant de Frambois, dont une contaminée par le cornavirus (Le Temps, 23.03.2020). Ces transferts sont en eux-mêmes une honte puisque Frambois est un centre de détention administrative, c’est-à-dire qu’on y enferme les personnes en attente de renvoi afin de pouvoir les mettre plus facilement dans un avion. Ces personnes se retrouvent alors, sans aucune raison, dans un établissement d’exécution de peine. Elles subissent du même coup une détérioration de leurs conditions d’enfermement, d’une « détention administrative » en attente de renvoi à l’enfermement dans une prison pénale.

Les directives du conseil fédéral face au coronavirus sont les suivantes: Porter un masque, porter des gants, ne pas se rassembler à plus de 5 personnes, garder une distance de 2 mètres avec les autres, ne pas sortir de chez soi. Des mesures impossibles à respecter dans un lieu qui enferme six personnes dans une cellule.

Justice sanitaire

Les juges et les procureurs font le choix de condamner, de transférer et d’enfermer au lieu de se concentrer sur les dossiers de libération conditionnelle. Il semblerait d’ailleurs que l’unique chose qui ait vraiment changé soit le ralentissement des procédures d’appel et de mise en liberté provisoire (Le Temps, 03.04.2020).

Alors que prisonnier.e.x.s, avocat.e.x.s et personnes de soutien martèlent la nécessité d’ouvrir les prisons, la justice, elle, fait la sourde oreille « Personne ne sort qui ne devrait pas sortir » (Olivier Jornot, procureur général). On croit comprendre qu’elle attend que la situation devienne dramatique, avant de prendre cette seule mesure préventive réellement efficace.

Ainsi le choix du système judiciaire de ne pas libérer les personnes enfermées entretient et alimente les aspects pathogènes de la prison, mettant en danger des vies.

C’est bien joli de mettre en place plein de mesures contre la pandémie, si l’État maintient en même temps des pratiques anti-sanitaires et entretient des situations extrêmement propices à la propagation du virus.

Alors que beaucoup de pays ont entrepris de libérer des prisonier.e.x.s (84 333 libérations pour six pays), que l’ordre des avocats de Genève demande également d’aller dans ce sens, que le canton de Berne a pris des mesures pour interrompre certaines peines et libérer toutes les personnes qui sont en semi-détention, Genève quant à elle maintient son système carcéral sans concessions.

La situation de pandémie dans laquelle nous sommes, fait ressortir les inégalités sociales et de classes: ce sont toujours les mêmes personnes qui sont enfermées, ce sont toujours les mêmes vies qui sont sacrifiées.

Malgré les risques que comprend la répression d’une mutinerie, malgré l’angoisse due à la pandémie, malgré la dureté des conditions de vie en prison, les détenu.e.x.s de Champ-Dollon et de plusieurs autres lieux d’enfermement en Europe, trouvent la force et le courage de se battre pour leurs conditions de vies et pour la liberté.

Force à elleux.

Solidarité avec toutes les personnes enfermées!

Liberté pour tou.te.x.s les prisonier.e.x.s!

PS: Si le coronavirus met en lumière certains défauts du système carcéral, il est essentiel de rappeler que la prison n’a jamais servi les buts qu’elle dit vouloir atteindre. Elle est un outil de contrôle et de répression. La prison est obsolète.

Pour aller plus loin : Angela Davis, La prison est-elle obsolète.

Grève des loyers – le FAQ

Grève des loyers – le FAQ

Les questions-réponses qui suivent s’adressent aux locataires de leurs logements qui sont affecté.e.x.s par la crise liée au Coronavirus et veulent s’organiser pour réduire voir supprimer leur loyer.

Elles ne remplacent les conseils juridiques individuels que nous vous invitons à recueillir si vous souhaitez vous lancer dans un rapport de force de ce type qui présente de nombreux risques juridiques

Qu’est-ce qu’une grève des loyers?

La grève des loyers est une action politique au travers de laquelle des locataires décident de ne plus verser les loyers mensuels à leur bailleur (propriétaire ou régie).

Pourquoi devrais-je participer à cette grève des loyers?

La grève des loyers est un moyen de pression qui accompagne plusieurs revendications :

* le gel des loyers en temps de crise par les bailleurs publics et privés,
* un moratoire (délai accordé) du Conseil d’État sur les expulsions,
* l’occupation des lieux laissés vacants si besoin par réquisition par l’État.

La grève des loyers est avant tout un acte de solidarité envers celleux qui n’auront pas les moyens de les verser et qui pourront voir leur bail résilié si ces revendications n’aboutissent pas.

Comme rapport de force face aux propriétaires, elle sera d’autant plus efficace si elle est suivie par de nombreux.se.x.s locataires.

Quels sont les risques encourus lors d’une grève des loyers ?

Les locataires s’exposent à une résiliation de bail à 30 jours après échéance du délai de paiement du loyer. Elle comporte donc des risques. Ces risques peuvent être limités de plusieurs manières sur lesquelles nous revenons plus bas.

Si elle n’est pas légale, elle est cependant légitime : les propriétaires ont durant plus de 20 ans profité des conditions économiques pour faire payer aux locataires de manière abusive des loyers trop élevés. De nombreux.euse.x.s locataires vont être pris.e.x.s à la gorge et c’est au propriétaires d’assumer les coûts de la crise.

Existe-t-il des moyens de réduire le risque individuel lié à une grève des loyers ?

Actuellement, la loi est entièrement en faveur des propriétaires. De la même manière qu’un.e patron.ne.x peut licencier sans raison un.e travailleur.euse.x, un.e propriétaire peut résilier un bail en suivant le préavis du contrat de bail, ou à 30 jours en cas de défaut de paiement. La situation financière du locataire n’est pas prise en compte par la loi.
C’est au travers du rapport de force que peut créer une grève collective des loyers que nous pourront espérer faire évoluer la situation. C’est aussi par ce dernier que, si des expulsions devaient être ordonnées nous pourrons nous y opposer.
Il est par ailleurs important de connaitre ses droits et les étapes menant à une résiliation définitive d’un bail. On saura ainsi jusqu’où on est prêt.e.x.s à aller et on pourra décider en fonction du rapport de force établi.
Le rapport de force pourra pousser certains propriétaires à négocier.

Quand est-ce qu’un loyer est dû?

Les loyers sont en principe exigibles chaque mois et par avance. Ainsi, le loyer du mois de mai doit être payé avant le 30 avril. Certains contrats de bail peuvent prévoir d’autres échéances et des bailleurs tolèrent parfois un paiement jusqu’au 10 du mois en cours (dans notre exemple, le loyer du mois de mai doit être payé avant le 10.05.2020).

Le moindre franc de retard sur le loyer à l’échéance – qui comprend les frais accessoires tels que chauffage/eau chaude – entraine la demeure (ou le retard) du locataire.

Si je paie en retard (demeure du locataire) de quels moyens mon propriétaire/ma régie dispose-t-il/elle pour faire pression sur moi?

Selon la loi, mon bailleur peut, de manière cumulative:

* résilier mon contrat de bail en respectant les étapes mentionnées ci-après.
* me mettre aux poursuites pour les sommes dues avec des intérêts de retard

Bien que ce ne soit pas prévu par la loi, on peut également imaginer qu’un bailleur prenne d’autres mesures de rétorsion par exemple en refusant de prolonger votre bail à sa prochaine échéance, notamment si vous avez un contrat de durée déterminée.

Quelles sont les étapes pour résilier un bail?

Si je ne paye pas mon loyer dans les temps, le bailleur doit me fixer un délai par écrit pour effectuer le paiement et me signifier qu’à défaut de paiement dans le délai, le contrat sera résilié.

Le délai doit être de minimum 30 jours pour les locaux d’habitation. Si je ne paie pas dans le délai, le bailleur peut résilier le contrat de bail avec effet immédiat. Dans le cas de logement ou de locaux commerciaux, le bail ne prendra fin qu’à l’échéance d’un nouveau délai de 30 jours pour la fin d’un mois.

Concrètement, dès que je suis en retard, ne serait-ce que d’un franc, ma régie peut m’envoyer un courrier recommandé qui m’indique le montant dû et la menace de résilier mon bail dans un délai de 30 jours si je ne paie pas.

Le délai commence à courir dès que je retire le recommandé à la Poste mais au plus tard au 7ème jour dès la notification de l’avis dans ma boite aux lettres.

EXEMPLE:

ETAPE 1: Si je dois payer mon loyer de mai le 30 du mois d’avril, que je ne paie pas, la régie m’envoie un courrier avec un délai de paiement de 30 jours, donc pour le 30 mai. (mise en demeure). Je reçois l’avis de retrait de lettre recommandée le 10 mai. Je vais la chercher à la Poste le 15 mai et je prends alors connaissance de la mise en demeure. J’ai à partir de ce moment-là jusqu’au 14 juin 2020 pour payer l’intégralité de la somme réclamée. L’argent doit avoir été reçu sur le compte de la régie à cette date.

ETAPE 2 : Si je n’ai toujours pas payé le 14 juin 2020, la régie peut m’envoyer un avis de résiliation. Elle m’enverra à nouveau celui-ci par courrier recommandé. Cette fois, la résiliation est réputée reçue dès le lendemain de la réception de l’avis de retrait de lettre recommandée dans ma boite aux lettres.
Dans notre exemple, la régie m’enverra un courrier de résiliation le 15 juin, dont je receverai l’avis de retrait le 16 juin dans ma boite aux lettres. Dès le 17 juin 2020, on considère que j’ai reçu l’avis de résiliation. Comme le délai de congé est de 30 jours pour la fin d’un mois, mon contrat prendra définitivement fin le 31 juillet 2020.

ETAPE 3: Dès le 1er août 2020, la régie peut saisir le Tribunal des baux et loyers d’une requête en évacuation. Cette procédure prend normalement entre 3 et 6 mois à l’issue de laquelle un huissier se présentera chez moi avec la police pour m’expulser de force si je n’ai pas quitté par moi-même le logement.

IL EST IMPORTANT DE COMPRENDRE QU’A PARTIR DE L’ETAPE 2, IL N’Y A LEGALEMENT PLUS DE POSSIBILITE D’EMPÊCHER UNE EXPULSION, sauf rare vice de forme ou un changement d’avis du bailleur. Mais vous serez à la merci de ce dernier. Il est possible que le temps d’exécution de l’expulsion soit rallongé en raison de la crise en cours, mais pour le moment, les autorités n’ont pris aucune mesure pour les empêcher.

Le bailleur ne va-t-il pas d’abord se servir sur la garantie de loyer?

Non. La garantie de loyer est bloquée tant que vous ne vous mettez pas d’accord pour la libérer en faveur du bailleur ou que ce dernier intente des actions légales.

Le bailleur n’acceptera en principe pas de libérer la garantie tant que dure le bail car ce n’est pas dans son intérêt. Il préfèrera résilier le bail et vous expulser au plus vite. Une fois cela fait, il se servira sur la garantie pour compenser ses pertes éventuelles.

Peut-on contester une résiliation de bail ?

Théoriquement oui. Il faut pour cela saisir la Commission de conciliation en matière de baux et loyers en renvoyant ce formulaire signé par tous les locataires titulaires du bail.

Le formulaire doit impérativement être renvoyé à la Comission dans un délai de 30 jours dès la réception de la résilation (Cf. Etape 2).

Outre quelques cas rares de vices de formes, une résiliation de bail ne peut être annulée que si elle est « abusive ». Le non-paiement du loyer est un motif légitime pour résilier le bail et on ne peut compter sur le fait que ce soit considéré comme un « abus », même en temps de crise.

On aura des arguments juridiques seulement si on a préparé le terrain au préalable, notamment en lien avec des demandes qu’on aurait faites à la régie.

L’Etat n’a-t-il pas pris des mesures en faveur des locataires qui nous protègent contre les résiliations en ce moment?

NON, ou alors très peu.

Le Conseil fédéral a d’une part rallongé le délai de mise en demeure de 30 à 90 jours pour payer son loyer lorsqu’on est en retard de paiement. Mais il faut pouvoir prouver que ce retard résulte « des mesures prises par le Conseil fédéral pour lutter contre le coronavirus ». Par là, il faut entendre principalement les fermetures d’établissements commerciaux.

Il reste cependant possible, en tant que locataire de son logement, d’écrire à son bailleur et de lui expliquer que l’on a du mal à payer en raison des mesures prises. On peut espérer ainsi obtenir un délai de 90 jours. Cela étant, si on reçoit tout de même une mise en demeure impartissant un délai de 30 jours, il faut partir du principe que le bail pourrait être résilié valablement à cette échéance.

Le Gouvernement genevois a d’autre part suspendu l’exécution des expulsions locatatives jusqu’au 31 mai pour le moment. Il s’agit d’un simple sursis. En principe, dès juin, les expulsions reprendront.

Puis-je trouver des aides pour payer mon loyer ?

Oui, l’aide sociale reste ouverte pour les personnes disposant d’un droit de séjour. Des organismes charitables types Fondations peuvent aussi entrer en matière dans des cas particuliers. Contactez les organismes de soutien juridiques pour plus d’infos.

Ces solutions peuvent être nécessaires pour certaine.e.x.s, mais sont malheureusement individualistes et ne remettent pas en cause le système pour le meilleur. Elles dépendent soit de l’État – et donc des impôts, soit de la philantropie des possédants qui sont responsables de notre condition.

Quelle différence entre ne pas payer mon loyer et retenir mon loyer sur un compte bloqué?

Il ne faut pas confondre paiement sur un compte bloqué d’une part et consignation du loyer lorsqu’il y a un défaut dans l’appartement d’autre part.

Payer son loyer à un autre compte bancaire, même si celui-ci est « bloqué » ne sert à rien juridiquement dans notre cas de figure. Vous serez quand même mis.e.x en demeure et le bailleur peut tout de même résilier le contrat de manière licite. Cela permet en revanche d’être sûr.e.x de pouvoir rembourser les loyers en retard si on décide d’arrêter la grève et peut-être de pousser un bailleur à négocier en lui faisant miroiter qu’il n’a pas intérêt à résilier les baux s’il veut récupérer cet argent.

Il faut cependant se rappeler que les bailleurs ont généralement déjà à leur disposition une garantie de 3 mois de loyer qui sert à éponger un défaut de paiement et que nos moyens de pression économiques sont faibles.

Qu’est-ce qu’un défaut de la chose louée ?

Il y a défaut de la chose louée lorqu’elle est entravée dans son usage prévu par le contrat. Par exemple, parce qu’il apparaît en cours de bail dans l’appartement des infiltrations d’eau ou des moisissures, panne d’ascenseur etc.

Un défaut de la chose louée donne droit au locataire de réclamer une réduction de loyer et la réparation du défaut aux frais du bailleur. C’est durant ce bras de fer qu’on peut consigner légalement son loyer.

Qu’est-ce que la consignation de loyer pour défaut de la chose louée?

Lorque l’on se plaint d’un défaut dans l’appartement qui est apparu en cours de bail (infiltration d’eau, moisissures, panne d’ascenseur par exemple), on a le droit de demander au bailleur de réparer ce défaut à ses frais. Si le bailleur ne fait pas ce qui lui incombe, on peut lui fixer un délai dit « raisonnable » par écrit. A l’échéance de ce délai, on peut s’adresser à l’État pour ouvrir un compte spécial auprès du pouvoir judiciaire en remplissant un formulaire disponible à cette adresse.

Dès que l’État a ouvert le compte, on doit payer l’intégralité de son loyer sur ce compte mais on doit impérativement déposer une action en justice visant à réparer le défaut. La justice tranchera pour savoir si le défaut doit être réparé et aux frais de qui. Durant la procédure, si les loyers sont intégralement payés sur le compte consigné, le bail ne peut être résilié pour défaut de paiement.

Cette procédure ne permet donc pas de faire une grève des loyers. Elle a d’ailleurs été pensée pour empêcher les locataires d’agir par eux/elles-mêmes.

Un défaut de la chose louée donne-t-il droit à une réduction de loyer ?

Oui, on a le droit à une réduction de loyer fixée en pourcentage du montant du loyer tant que celui-ci n’est pas réparé. Plus le défaut est considéré comme entravant l’usage normal de la chose louée et plus ce pourcentage sera élevé.

Puis-je « autoréduire » mon loyer si j’invoque un défaut de la chose louée?

Théoriquement oui mais c’est très risqué de le faire car seule la justice décide du montant de la réduction. Si la justice décide que la réduction due est moins importante que l’autoréduction, alors on se trouve en demeure et le bail peut être résilié pour ce motif.

Il faut comprendre que le système de la consignation de loyer a précisément été pensé pour empêcher les locataires de procéder à des autoréductions.

Cela étant, si on procède à une autoréduction et que notre bailleur résilie notre contrat, cela peut nous donner un argument pour contester la résiliation dans les 30 jours.

Est-ce que je peux invoquer un défaut de la chose louée en raison de la crise du Coronavirus et prétendre à une réduction de loyer ?

Cette question n’a jamais été tranchée par les tribunaux ainsi aucune réponse certaine ne peut être donnée.

L’ASLOCA a publié un avis de droit où elle défend qu’un locataire de local commercial qui ne peut plus faire usage de l’activité prévue en raison des mesures du Conseil fédéral, a le droit à une réduction de loyer car il s’agit d’un défaut.
Cet avis de droit ne vise pas les locataires de logement et il semble difficile de pouvoir invoquer une entrave à l’usage de son logement en se basant sur les mesures du Conseil fédéral.

N’existe-t-il pas d’autres moyens juridiques pour demander une réduction de loyer en raison de la crise du Coronavirus?

Selon l’avis de droit de l’ASLOCA, la crise induite par le Coronavirus est un cas qui peut justifier une demande d’adaptation du contrat par le juge. Il s’agit d’un droit issu de la jurisprudence où il a été admis qu’un contrat pouvait être adapté en raison de circonstances exceptionnelles.

Ce droit pourrait s’appliquer également aux locataires de leur logement. Il s’agit a priori du seul moyen juridique pour requérir une réduction de loyer fondée sur la crise pour les locataires d’un bail d’habitation.

Il faut pouvoir démontrer qu’un grave déséquilibre est survenu entre les parties au contrat. Les locataires doivent écrire au plus vite à leurs bailleurs et alléguer de manière crédible qu’illexs ne peuvent plus payer leur loyer en raison des mesures prises par les autorités en lien avec la crise du Coronavirus.

Il faut demander à son bailleur (le plus souvent à travers sa régie) une réduction de loyer et exiger une prise de position dans un délai rapide, afin de ne pas se faire prendre par les délais comminatoires des étapes de résiliation de bail.

Pour cela, on vous conseille de vous insprier de notre lettre type.

Si le bailleur n’entre pas en matière ou accorde une réduction insuffisante, il faut saisir la Commission de conciliation en matière des baux et loyers à l’aide de ce formulaire.

En passant par cette procédure, on se donne éventuellement des arguments pour contester une résiliation de bail pour défaut de paiement. Mais on ne peut absolument pas être sûr.e.x.s d’obtenir gain de cause.

Est-ce qu’on peut en profiter pour demander une réduction de loyer sur un autre motif que la crise liée au Coronavirus ?

Oui!

Cette crise peut être une opportunité d’invoquer notamment un autre défaut, par exemple si l’immeuble a des problèmes de salubrité et d’exiger collectivement dans son immeuble une réduction de loyer.

Par ailleurs les taux hypothécaires baissent depuis de nombreuses années. En principe, nos loyers devraient être adaptés en fonction mais ce n’est presque jamais le cas. Cette crise est l’occasion de réquérir une baisse (qui ne sera effective qu’à la prochaine échéance de votre contrat. On peut suivre la procédure proposée par l’ASLOCA.

Si j’ai d’autres questions juridiques, à qui puis-je m’adresser ?

La Permanence Juridique du Silure reçoit le samedi 10h30-12h30.

Face à cette situation juridique défavorable, comment-faire ?

On l’aura compris, le régime légal en vigueur n’est pas favorable à une grève de loyers. Il faut être conscient.e.x des risques.

Cela étant, au-delà du droit, il peut être possible de poser un rapport de force avec son bailleur, notamment si vous arrivez à mobiliser en nombre ou face à un bailleur social qui pourra se montrer plus sensible.

Les bailleurs ont beaucoup de moyens de droit à leur disposition mais il faut se rappeler qu’ils n’ont jamais l’obligation de les utiliser. Rien n’oblige un bailleur à résilier un bail, entamer des poursuites etc. à part leur cupidité ou la cupidité de leurs propres créanciers bien sûr…

Dois-je annoncer à l’avance à ma régie/proprio?

Oui, ça parait préférable d’entrer au plus vite en dialogue avec son bailleur.

Il est conseillé d’écrire et d’alléguer en premier lieu que vous avez des problèmes de paiement en raison de la crise liée au Coronavirus et de demander une réduction de loyer en conséquence.

Vous pouvez vous inspirer de notre lettre type.

Qu’est-ce que je peux mettre en œuvre pour rendre cette grève collective au niveau de mon immeuble, voir de mon quartier?

À cette adresse, vous trouverez une affiche qui reprend une version raccourcie de ce FAQ ainsi que les principales revendications. Nous vous encourageons à l’imprimer et à l’afficher dans votre immeuble. Comme il n’est actuellement pas possible de vous réunir avec vos voisin.e.s pour en discuter, vous pouvez également sonder leur envie de se joindre à cette action en leur proposant d’ajouter leur nom et leur adresse mail sur une feuille annexe.

Si vous voulez organiser une discussion en direct, vous pouvez très facilement leur donner rendez-vous virtuellement sur une plate-forme de ce type.

Nous vous encourageons également à afficher votre soutien à la grève des loyers par des banderoles à vos balcons, et en affichant ces affiches près des commerces qui restent ouverts. Enfin, transmettez l’information à vos contacts, partagez les pages de la grève des loyers sur les réseaux sociaux:

Une page facebook et le groupe qui va avec.

Une page instagram.

Et un groupe d’information pour suivre l’organisation du mouvement et vous y impliquer.

Je suis membre d’une coopérative d’habitation. Celle-ci ne fait pas normalement pas de profits grâce aux loyers encaissés. La grève des loyers reste-t-elle légitime?

Nous vous encourageons à faire pression sur les coopératives auxquelles vous payer un loyer. Elles sont très souvent elle-même locatrices à l’État ou aux communes des terrains sur lesquels sont construits leurs bâtiments. Il leur appartient de demander le gel de ces loyers, afin que la pression de la crise ne retombe pas sur les locataires. L’annonce à votre coopérative de la suspension du paiement des loyers est un excellent moyen afin de la pousser à agir dans ce sens.

C’est la même idée qui nous a conduit à exiger que les bailleurs publics montrent l’exemple en gelant immédiatement les loyers.

Je suis sous-locataire de mon logement. Comment faire pour ne pas mettre en danger le locataire direct ?

En tant que sous-locataire, on a un contrat de bail uniquement avec le locataire principal. Si on arrête de payer son loyer au locataire principal, ce dernier doit toujours payer auprès du bailleur principal.

Si le contrat de bail principal est résilié, le contrat de sous-location tombe automatiquement par un effet domino.

Il faut donc impérativement s’organiser avec le locataire principal.

Dans le cas où une procédure juridique est en cours pour s’opposer à une rupture de bail abusive, quelles peuvent être les solutions pour s’engager dans une grève de loyers sans donner d’argument décisif au bailleur pour justifier la rupture?

Le fait d’être déjà en procédure de contestation de résiliation ne change rien.

En cas de défaut de paiement de loyer, le bail pourra être résilié en parallèle de la procédure en cours pour ce motif et justifier une expulsion pour ce motif. C’est justement pour que les locataires ne puissent plus subir ce type de procédure de la part des propriétaires et régies que nous exigeons un moratoire de 5 ans minimum sur les expulsions.

Je veux commencer une grève des loyers, quel est le premier pas ?

Après avoir sondé vos voisin.e.x.s afin de rendre votre action collective, nous vous encourageons à envoyer en recommandé cette lettre type à votre bailleur, ou à vous en inspirer.

Comment savoir que je ne suis pas seul.e.x à mener une grève des loyers?

D’abord en favorisant les liens avec vos voisin.e.x.s et en menant une action collective. Nous tenterons de notre côté de mettre régulièrement à jour la liste des signataires des revendications ainsi que toute information sur l’évolution de la situation.

J’aimerais participer à la grève des loyers et signer les revendications collectivement ou individuellment. À qui dois-je m’adresser?

Adresse E-mail de contact:
grevedesconfineexs-geneve@riseup.net
grevedesloyers-geneve@protonmail.ch

Website:
https://greveloyers.ch/

Permanence juridique:
https://www.silure-ge.net/activites-fixes-du-silure/permanence-juridique-de-soutien/

Page facebook:
https://www.facebook.com/grevedesconfines/ et le groupe qui va avec: https://www.facebook.com/groups/211466043498475/

Page instagram:
https://www.instagram.com/greve_des_confine.e.x.s/

À grande vitesse vers le pire des mondes

À grande vitesse vers le pire des mondes

Le Conseil Fédéral gouverne par ordonnance depuis un peu plus de deux semaines. Si nous avons pu croire qu’il naviguait à vue dans un premier temps, il ne peut désormais y avoir de doute sur ses priorités ; c’est comme s’il avait été repris en main par ses donneurs d’ordres. En retraçant sur le vif quelques événements de la quinzaine écoulée, on voit se dresser devant nous un tableau monstrueux.

« Les événements se sont succédé à un rythme frénétique. Décisive, cette semaine l’a été notamment concernant la question cruciale de l’arrêt des activités économiques non-essentielles. »

Le 13 mars 2020, le gouvernement édictait la première version de son « Ordonnance 2 COVID-19 ». On peine à imaginer que c’était il n’y a que deux semaines tant les mesures d’alors nous semblent à présent dépassées. Le temps s’accélère et nous nous habituons à grande vitesse à des comportements et des restrictions qui nous paraissaient inimaginables hier. Il y aura, entre le 13 et le 28 mars, huit modifications de ladite ordonnance sans compter les mesures édictées par le biais d’autres ordonnances en lien avec l’assurance perte de gain ou les féries juridicaires par exemple. Le gouvernement a repris des prérogatives aux Cantons et au Parlement et semble, malgré un temps de retard, décidé à dicter le ton.

Désormais, le Conseil Fédéral communique les principales décisions le vendredi après-midi, à la fin de la semaine usuelle de travail. Il a, par exemple, fallu attendre une semaine, du 13 au 20 mars, pour que les premières mesures d’aides économiques conséquentes soient mises en place. C’est en élargissant dans un premier temps le cercle des bénéficiaires du dispositif déjà existant de « Réduction des horaires de travail – RHT » que ces mesures ont principalement été concrétisées.

Un temps de retard  : du 13 au 22 mars

 

Entre le 13 et le 20 mars, Alain Berset incarne presque à lui seul la politique du Conseil Fédéral. Il multiplie les communications jusqu’à ce que son community manager plaisante sur Instagram avec l’humoriste Thomas Wiesel à propos de la calvitie du ministre et de la fermeture des salons de coiffure annoncée lors de la conférence de presse du 20 mars. . C’est durant cette semaine que l’on commence à mesurer la gravité de la situation. Il ne se passe pas un jour sans que l’organisation de la vie quotidienne évolue. Des plexiglas sont installés aux caisses des supermarchés ainsi que d’autres dispositifs de distanciation sociale. La télévision publique modifie massivement ses programmes et multiplie les émissions sur la crise sanitaire, car celle-ci s’aggrave rapidement, notamment au Tessin, premier canton touché par la pandémie de par sa proximité avec le foyer lombard. Les soins intensifs de ses hôpitaux sont rapidement saturés. Étant donné que de nombreux ouvriers résident en Italie, les contrôles à la frontière créent d’immenses bouchons. Ces derniers rendent la poursuite du travail sur les chantiers tessinois et dans les usines impossible, plus encore que la difficulté à respecter les normes d’hygiène. À Genève, pour des raisons similaires, les grandes manufactures horlogères ont fermé les unes après les autres dès le 16 mars. Deux jours plus tard, toujours à Genève les ouvriers arrêtent le travail sur un chantier important de l’Aéroport. Sur demande des syndicats et en accord avec les représentants patronaux locaux des métiers du bâtiment, le Conseil d’État décide la fermeture de tous les chantiers. Le Canton de Vaud ferme quant-à lui uniquement les chantiers publics. Le gouvernement cantonal tessinois, qui ne compte pourtant qu’un membre de gauche (Parti socialiste) dans ses rangs, ordonne l’arrêt de toutes les activités économiques non-essentielles dès le lundi 23 mars. Le gouvernement fédéral décide que les recommandations, comme la distanciation sociale d’au moins 2 mètres, de l’Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP) revêtent désormais un caractère contraignant pour l’ensemble de la population et donc également sur les lieux de travail. Lors de la Conférence de presse du 20 mars, Guy Parmelin, conseiller fédéral UDC en charge de l’économie, avait alors admis que les « partenaires sociaux » n’avaient pas encore pu être suffisamment consultés. Les événements de la semaine suivante éclairent ce qu’il entendait exprimer.

Le patronat reprend la main : du 23 au 29 mars

 

La semaine qui suit semble décisive en termes de restructuration des rapports de pouvoir. Les événements se sont succédé à un rythme frénétique. Décisive, cette semaine l’a été notamment concernant la question cruciale de l’arrêt des activités économiques non-essentielles. Car, jusqu’ici, la tactique du Conseil Fédéral était celle des « petits pas », soit de ne pas prendre de décision forte et rapidement mais de monter crescendo dans les mesures de confinement et d’en appeler à la responsabilité individuelle.

En coulisse, on s’active et on tente de rattraper le retard pris au démarrage. L’OFSP déclare dès le lundi 23 que la décision tessinoise d’arrêt des activités économiques non-essentielles est contraire au droit fédéral. On menace de ne pas octroyer les indemnités RHT aux employeurs genevois des métiers du bâtiment parce que la décision est cantonale et non fédérale. La Présidente d’Unia, plus gros syndicat par le nombre de membres, déclare dans le Blick, le journal le plus lu du pays, que l’arrêt des activités non-essentielles est une évidence. Au pays de la paix du travail et de la domestication des syndicats, sa prise de position sans précédent est comprise comme une déclaration de guerre par le patronat, en tête duquel la puissante fédération Swissmem qui avait déjà critiqué vertement la décision tessinoise. Il se dit qu’en représailles, elle n’a pas été conviée à la table ronde entre partenaires sociaux où on discute « au sommet ». Pierre-Yves Maillard, récemment élu à la tête de l’Union syndicale suisse, donne de gages… mais pas aux travailleurs et travailleuses. En effet, il déclare le 24 mars que si une décision a été prise trop tôt, elle doit pouvoir être changée. Une référence à peine voilée à la fermeture des chantiers genevois et à l’arrêt de l’activité économique tessinoise. En quelques jours, les véritables détenteurs du pouvoir semblent reprendre la main.

Alors que la rencontre des représentants des associations cantonales de médecins ne débouche sur rien, des appels se multiplient sous forme de lettres ouvertes ou de pétitions. Certaines demandent clairement l’arrêt des activités non-essentielles alors qu’une lettre ouverte de médecins publiée, qui reste floue, invite invite le « Conseil Fédéral [à] aller plus loin dans les mesures déjà entreprises ». Lorsque, suite à la conférence de presse du 25 mars, Thomas Wiesel, commentent la décision de maintenir les chantiers ouverts, en écrivant ironiquement « Parce que le coronavirus est visiblement comme les classes moyennes et supérieures, il évite les métiers de la construction », le community manager d’Alain Berset n’a probablement cette fois-ci pas répondu. Parce que les intérêts économiques (comprendre patronaux) priment sur le principe de précaution. Tant pis si les ouvriers ramènent le virus dans leurs foyers, tant pis si nous avons l’expérience italienne comme exemple et une courbe de propagation encore plus rapide du virus. En revanche, le même jour les premières mesures de surveillance de la population par géolocalisation avec l’aide de Swisscom, la compagnie de téléphonie nationale et responsable du réseau, sont annoncées.

Mais les contradictions existent aussi en Suisse. Le vendredi 27 mars, le Conseil Fédéral autorise la décision d’arrêt de l’économie prise par le Tessin en fixant des règles extrêmement strictes dans son ordonnance. C’est une concession du gouvernement fédéral aux Cantons dans le rapport de force qui s’est manifesté.

Le Conseil fédéral de son côté ne décidera pas le confinement généralisé. Il en reste à l’heure actuelle à une injonction contradictoire où il invite la population à « rester chez soi » sans l’y obliger tout en continuant à autoriser le travail dans l’économie non-essentielle. Les rassemblements de plus de 5 personnes et le non-respect des mesures de distanciation sociales (2 mètres) sont réprimés mais, sur les chantiers, dans les call-centers et autres lieux de travail, aucun inspecteur ne vient vérifier le respect des mesures d’hygiène : ces derniers ont été réquisitionnés pour vérifier les demandes de RHT.

Quelle suite ou comment éviter le pire des mondes ?

Si la semaine qui vient de s’écouler a eu son lot de rebondissements et qu’il est difficile de prédire l’avenir, il y a quelques signes avant-coureurs de ce qui pourrait nous arriver. À savoir une situation où nous serions toutes et tous confiné.e.s à domicile avec la possibilité de sortir seulement pour travailler et acheter des produits essentiels. En d’autres termes, un maintien de l’économie à tout prix, et l’interdiction de tout autre déplacement.

Il apparaît clairement que c’est uniquement sous une pression très forte et par des coalitions larges que le Conseil Fédéral consent à contredire les intérêts patronaux. L’expérience tessinoise le montre. Cela signifie donc qu’il est possible d’infléchir la ligne gouvernementale. Mais à quel prix ?

Suivant encore la politique des « petits pas », la mise en place de la surveillance via Swisscom ne pourrait être qu’un test avant une forme de surveillance plus importante. Cette surveillance généralisée des déplacements permettrait des mesures plus ciblées contre des individus. On pourrait imaginer, par exemple, retracer les contacts sociaux d’une personne atteinte du virus et les mettre en quarantaine comme cela est déjà le cas dans d’autres pays. Aux yeux des représentants patronaux qui dirigent le pays, elle présenterait l’avantage de permettre la continuation des activités économiques. Il s’agirait évidemment d’une violation profonde de notre sphère privée individuelle. Mais au rythme où vont les choses et à la vitesse de notre accoutumance, il se pourrait qu’aucune voix audible ne s’y oppose le moment venu.

Cette réalité dans laquelle, pour préserver la machine économique, on surveille massivement et on sélectionne les vies qui méritent d’être sauvées, peut sembler un scénario fou ou digne de la science-fiction. Mais, il y a quelques semaines encore, qui aurait prédit ce que nous vivons aujourd’hui ? Face à ce scénario d’une société totalement policée à l’aide de la technologie et où se rendre à son travail serait la dernière liberté de mouvement non réprimée, il semble plus important que jamais de construire dans l’urgence des coalitions larges et de se rassembler autour de la revendication de l’arrêt des activités économiques non-essentielles. Face à la crise, nous ne pouvons faire qu’attendre, il faut passer à l’offensive.

Ni loyers, ni expulsions: c’est au tour des propriétaires immobiliers de passer à la caisse !

Ni loyers, ni expulsions: c’est au tour des propriétaires immobiliers de passer à la caisse !

 

D’ici peu, les factures des loyers d’avril tomberont pour tou.te.s les locataires. Face à la crise, combien parviendront encore à les payer ? La survie de la rente foncière ne peut se faire aux dépens deshabitant.e.s. L’Etat s’est empressé de prendre des mesures pour soulager les entreprises, mais qu’en est-il des locataires et de leurs logements? Les mesures prises pour amortir cette crise ne sont destinées qu’à assurer le maintien, coûte que coûte, des activités économiques et du système d’accumulation capitaliste, en laissant pour compte la population. Si cette crise nous fait redécouvrir la solidarité, il faut qu’elle se transforme en redistribution des richesses.

 

Gel des loyers et des charges pour les logements.

Le secteur immobilier engendre depuis toujours des rendements colossaux et juridiquement abusifs : ce secteur a notamment accumulé des milliards sur le dos des locataires ces 20 dernières années, grâce à la baisse continue des taux hypothécaires (intérêts que remboursent les propriétaires aux banques). Cet argent doit à présent servir à sortir de cette crise en abandonnant la logique du profit, et ce, dès aujourd’hui. Il faut immédiatement mettre en oeuvre un plan de socialisation des profits immobiliers. Plus aucun profit immobilier sur le dos des locataires !

Moratoire du Conseil d’État sur les expulsions locatives et de squat.

Alors que les résiliations de bail risquent de se multiplier pour défaut de paiement lorsque l’argent viendra à manquer, aucune évacuation ne doit être rendue possible par les pouvoirs publics. Le Conseil d’État genevois a le pouvoir et doit ordonner l’arrêt des expulsions locatives pour une période minimale de 5 ans. La crise est le moment d’affirmer une bonne fois pour toutes que le droit au logement passe avant la rente immobilière !

Gérance immobilière municipale, Hospice général, Caisses de pension : Les bailleurs publics doivent donner l’exemple !

Puisque les propriétaires privés et les régies n’auront probablement que faire de la solidarité, il faut accompagner ces mesures par des actes immédiats.

Pour montrer l’exemple, nous exigeons que les bailleurs publics, au premier rang desquels la Gérance immobilière municipale, l’Hospice général, la Caisse de pension de l’Etat de Genève et les quatre fondations HBM annulent, et non pas reportent, l’ensemble des coûts liés au logement dès le 1er avril.

Occupations et réquisitions des hôtels et des lieux vides pour loger les personnes qui en ont besoin dans des conditions dignes.

337’000 m2 de surfaces commerciales sont actuellement laissées vides dans le canton de Genève (chiffres de juin 2019, OCSTAT). Au vu de la crise économique à venir et des faillites qui seront engendrées par celle-ci, ce nombre ne va cesser d’augmenter. Cette logique spéculative, déjà scandaleuse en temps normal, devient aujourd’hui révoltante. Dans le canton, des centaines de personnes vivent dans la rue. Ces personnes trouvent refuge pendant la nuit dans les Sleep-in et dispositifs de nuit. Ces lieux – déjà au bord de l’implosion – subissent aujourd’hui une pression renouvellée due à la pandémie de Covid-19 : les travailleur.euse.s sociaux.ales sont surmené.e.s ; les conditions sanitaires sont défaillantes ; les gens accueillies sont à la rue pendant la journée. La réquisition récente de la Caserne des Vernets par l’Etat montre son incapacité à gérer la crise autrement que par des logiques carcérales et sécuritaires : des dizaines de personnes confinées, contrôlées à grand renfort de policiers et militaires présents sur place 24h sur 24.

Face à l’urgence sanitaire et le manque cruel de logements dignes, aucun immeuble de logement ou commercial ne peut rester vide. Le moratoire sur les expulsions doit s’appliquer à toute occupation, et l’État doit réquisitionner massivement les lieux vacants et les hôtels.

Parce que les propriétaires et les régies ne donneront jamais ce qui ne leur aura été arraché, nous appelons dès aujourd’hui à la grève générale des loyers et à l’arrêt immédiat du travail non essentiel. Que chacun.e.x.s fassent de sa facture de loyer un remède contre la pénurie en cours. Nos vies valent mieux que leur profits !

Le Silure, Maison collective de Malagnou, Mal-logé.e.x.s

PS: Un FAQ relatif aux différents moyens d’action et aux questions juridiques est en cours d’élaboration. Em attendant, si vous avez des questions n’hésitez pas à écrire à silure@riseup.net

 

Solidarité en temps de crise… et après

Solidarité en temps de crise… et après

Notes politiques en temps de pandémie et d’urgence sanitaire.

Nous vivons actuellement une crise sanitaire grave notamment en raison de la rapidité de sa propagation à l’échelle planétaire. A la crise sanitaire succédera une crise économique et sociale dont nous peinons aujourd’hui à imaginer la dimension qu’elle pourrait prendre. Alors que les gouvernements mettent en place des mesures d’exception, celles et ceux qui désormais s’activent par solidarité ou qui espèrent une autre organisation de la société peuvent également tenter d’en tirer des enseignements.

D’une crise sanitaire à une réponse politique à la crise économique

Car si la crise offre aux États des opportunités inédites de contrôle social, elle pointe également l’absurdité d’un système économique qui exploite l’humain et détruit la nature. La faillite probable des compagnies aériennes n’est pas seulement une situation économique difficile pour les salarié-e-s et un désagrément pour les voyageur-euse-s, c’est aussi l’occasion de ne pas sauver ces compagnies et de ne plus cautionner un modèle économique où les externalités (destruction de l’environnement et coût social) ne sont pas assumées. Lors de la dernière crise financière et économique majeure de 2007-2008, les États étaient largement venus en aide aux secteurs bancaire et automobile. L’addition a été reportée sur les finances publiques et donc payée in fine par la population, déjà affaiblie par la crise. Il y a fort à parier que sans une action collective déterminée de grande ampleur le même scénario se reproduise.

D’une solidarité organisée à une forme d’organisation

De cette crise sanitaire surgissent d’un peu partout des solidarités inédites. On a rarement autant parlé à ses voisins, proposé de faire des courses pour les personnes âgées confinées chez elles. Or, au fond, il ne tient qu’à nous toutes et tous, que ces comportements de solidarité qui surgissent ne s’évaporent pas quand la crise sanitaire aura disparu. Les formes locales d’organisation, souvent à l’échelle du quartier, peuvent être porteuses d’une autre perspective une fois le droit de réunion rétabli. Elles peuvent être la base d’une démocratie radicale. Avec un peu plus d’ambition, elles peuvent être les structures à partir desquelles repenser un nouveau modèle de production économique basé sur la satisfaction des besoins.

A la précarité sanitaire succédera la précarité économique. Aucun journal télévisé ne se fera l’écho de ces formes de solidarité-là, nous devrons savoir les valoriser par nous-mêmes. A ce prix, cette crise peut être l’occasion de penser un nouveau rapport social et un modèle économique respectueux de l’environnement à une échelle plus locale et humaine.

Néanmoins, ne soyons pas naïfs sur les capacités locales, quand les décisions se prennent à l’échelle nationale, voire au-delà. Pour que les 10 milliards (même pas l’équivalent d’une semaine de la production intérieure brute !) débloqués par le Conseil fédéral ne financent pas les bénéfices des actionnaires, il faudra une forte mobilisation et à une autre échelle. Et ces formes d’organisations locales, surgies dans l’urgence pour faire face à une situation inédite et imprévue, pourraient être un espace puissant de prise de conscience et de mobilisation. D’elles peuvent partir des revendications unificatrices et indépendantes des structures discréditées des partis, associations professionnelles et autres lobbys..

 

Notes politiques en temps de pandémie et d’urgence sanitaire.

Nous vivons actuellement une crise sanitaire grave notamment en raison de la rapidité de sa propagation à l’échelle planétaire. A la crise sanitaire succédera une crise économique et sociale dont nous peinons aujourd’hui à imaginer la dimension qu’elle pourrait prendre. Alors que les gouvernements mettent en place des mesures d’exception, celles et ceux qui désormais s’activent par solidarité ou qui espèrent une autre organisation de la société peuvent également tenter d’en tirer des enseignements.

D’une crise sanitaire à une réponse politique à la crise économique

Car si la crise offre aux États des opportunités inédites de contrôle social, elle pointe également l’absurdité d’un système économique qui exploite l’humain et détruit la nature. La faillite probable des compagnies aériennes n’est pas seulement une situation économique difficile pour les salarié-e-s et un désagrément pour les voyageur-euse-s, c’est aussi l’occasion de ne pas sauver ces compagnies et de ne plus cautionner un modèle économique où les externalités (destruction de l’environnement et coût social) ne sont pas assumées. Lors de la dernière crise financière et économique majeure de 2007-2008, les États étaient largement venus en aide aux secteurs bancaire et automobile. L’addition a été reportée sur les finances publiques et donc payée in fine par la population, déjà affaiblie par la crise. Il y a fort à parier que sans une action collective déterminée de grande ampleur le même scénario se reproduise.

D’une solidarité organisée à une forme d’organisation

De cette crise sanitaire surgissent d’un peu partout des solidarités inédites. On a rarement autant parlé à ses voisins, proposé de faire des courses pour les personnes âgées confinées chez elles. Or, au fond, il ne tient qu’à nous toutes et tous, que ces comportements de solidarité qui surgissent ne s’évaporent pas quand la crise sanitaire aura disparu. Les formes locales d’organisation, souvent à l’échelle du quartier, peuvent être porteuses d’une autre perspective une fois le droit de réunion rétabli. Elles peuvent être la base d’une démocratie radicale. Avec un peu plus d’ambition, elles peuvent être les structures à partir desquelles repenser un nouveau modèle de production économique basé sur la satisfaction des besoins.

A la précarité sanitaire succédera la précarité économique. Aucun journal télévisé ne se fera l’écho de ces formes de solidarité-là, nous devrons savoir les valoriser par nous-mêmes. A ce prix, cette crise peut être l’occasion de penser un nouveau rapport social et un modèle économique respectueux de l’environnement à une échelle plus locale et humaine.

Néanmoins, ne soyons pas naïfs sur les capacités locales, quand les décisions se prennent à l’échelle nationale, voire au-delà. Pour que les 10 milliards (même pas l’équivalent d’une semaine de la production intérieure brute !) débloqués par le Conseil fédéral ne financent pas les bénéfices des actionnaires, il faudra une forte mobilisation et à une autre échelle. Et ces formes d’organisations locales, surgies dans l’urgence pour faire face à une situation inédite et imprévue, pourraient être un espace puissant de prise de conscience et de mobilisation. D’elles peuvent partir des revendications unificatrices et indépendantes des structures discréditées des partis, associations professionnelles et autres lobbys..

 

Notes politiques en temps de pandémie et d’urgence sanitaire.

Nous vivons actuellement une crise sanitaire grave notamment en raison de la rapidité de sa propagation à l’échelle planétaire. A la crise sanitaire succédera une crise économique et sociale dont nous peinons aujourd’hui à imaginer la dimension qu’elle pourrait prendre. Alors que les gouvernements mettent en place des mesures d’exception, celles et ceux qui désormais s’activent par solidarité ou qui espèrent une autre organisation de la société peuvent également tenter d’en tirer des enseignements.

D’une crise sanitaire à une réponse politique à la crise économique

Car si la crise offre aux États des opportunités inédites de contrôle social, elle pointe également l’absurdité d’un système économique qui exploite l’humain et détruit la nature. La faillite probable des compagnies aériennes n’est pas seulement une situation économique difficile pour les salarié-e-s et un désagrément pour les voyageur-euse-s, c’est aussi l’occasion de ne pas sauver ces compagnies et de ne plus cautionner un modèle économique où les externalités (destruction de l’environnement et coût social) ne sont pas assumées. Lors de la dernière crise financière et économique majeure de 2007-2008, les États étaient largement venus en aide aux secteurs bancaire et automobile. L’addition a été reportée sur les finances publiques et donc payée in fine par la population, déjà affaiblie par la crise. Il y a fort à parier que sans une action collective déterminée de grande ampleur le même scénario se reproduise.

D’une solidarité organisée à une forme d’organisation

De cette crise sanitaire surgissent d’un peu partout des solidarités inédites. On a rarement autant parlé à ses voisins, proposé de faire des courses pour les personnes âgées confinées chez elles. Or, au fond, il ne tient qu’à nous toutes et tous, que ces comportements de solidarité qui surgissent ne s’évaporent pas quand la crise sanitaire aura disparu. Les formes locales d’organisation, souvent à l’échelle du quartier, peuvent être porteuses d’une autre perspective une fois le droit de réunion rétabli. Elles peuvent être la base d’une démocratie radicale. Avec un peu plus d’ambition, elles peuvent être les structures à partir desquelles repenser un nouveau modèle de production économique basé sur la satisfaction des besoins.

A la précarité sanitaire succédera la précarité économique. Aucun journal télévisé ne se fera l’écho de ces formes de solidarité-là, nous devrons savoir les valoriser par nous-mêmes. A ce prix, cette crise peut être l’occasion de penser un nouveau rapport social et un modèle économique respectueux de l’environnement à une échelle plus locale et humaine.

Néanmoins, ne soyons pas naïfs sur les capacités locales, quand les décisions se prennent à l’échelle nationale, voire au-delà. Pour que les 10 milliards (même pas l’équivalent d’une semaine de la production intérieure brute !) débloqués par le Conseil fédéral ne financent pas les bénéfices des actionnaires, il faudra une forte mobilisation et à une autre échelle. Et ces formes d’organisations locales, surgies dans l’urgence pour faire face à une situation inédite et imprévue, pourraient être un espace puissant de prise de conscience et de mobilisation. D’elles peuvent partir des revendications unificatrices et indépendantes des structures discréditées des partis, associations professionnelles et autres lobbys..

 

Notes politiques en temps de pandémie et d’urgence sanitaire.

Nous vivons actuellement une crise sanitaire grave notamment en raison de la rapidité de sa propagation à l’échelle planétaire. A la crise sanitaire succédera une crise économique et sociale dont nous peinons aujourd’hui à imaginer la dimension qu’elle pourrait prendre. Alors que les gouvernements mettent en place des mesures d’exception, celles et ceux qui désormais s’activent par solidarité ou qui espèrent une autre organisation de la société peuvent également tenter d’en tirer des enseignements.

D’une crise sanitaire à une réponse politique à la crise économique

Car si la crise offre aux États des opportunités inédites de contrôle social, elle pointe également l’absurdité d’un système économique qui exploite l’humain et détruit la nature. La faillite probable des compagnies aériennes n’est pas seulement une situation économique difficile pour les salarié-e-s et un désagrément pour les voyageur-euse-s, c’est aussi l’occasion de ne pas sauver ces compagnies et de ne plus cautionner un modèle économique où les externalités (destruction de l’environnement et coût social) ne sont pas assumées. Lors de la dernière crise financière et économique majeure de 2007-2008, les États étaient largement venus en aide aux secteurs bancaire et automobile. L’addition a été reportée sur les finances publiques et donc payée in fine par la population, déjà affaiblie par la crise. Il y a fort à parier que sans une action collective déterminée de grande ampleur le même scénario se reproduise.

D’une solidarité organisée à une forme d’organisation

De cette crise sanitaire surgissent d’un peu partout des solidarités inédites. On a rarement autant parlé à ses voisins, proposé de faire des courses pour les personnes âgées confinées chez elles. Or, au fond, il ne tient qu’à nous toutes et tous, que ces comportements de solidarité qui surgissent ne s’évaporent pas quand la crise sanitaire aura disparu. Les formes locales d’organisation, souvent à l’échelle du quartier, peuvent être porteuses d’une autre perspective une fois le droit de réunion rétabli. Elles peuvent être la base d’une démocratie radicale. Avec un peu plus d’ambition, elles peuvent être les structures à partir desquelles repenser un nouveau modèle de production économique basé sur la satisfaction des besoins.

A la précarité sanitaire succédera la précarité économique. Aucun journal télévisé ne se fera l’écho de ces formes de solidarité-là, nous devrons savoir les valoriser par nous-mêmes. A ce prix, cette crise peut être l’occasion de penser un nouveau rapport social et un modèle économique respectueux de l’environnement à une échelle plus locale et humaine.

Néanmoins, ne soyons pas naïfs sur les capacités locales, quand les décisions se prennent à l’échelle nationale, voire au-delà. Pour que les 10 milliards (même pas l’équivalent d’une semaine de la production intérieure brute !) débloqués par le Conseil fédéral ne financent pas les bénéfices des actionnaires, il faudra une forte mobilisation et à une autre échelle. Et ces formes d’organisations locales, surgies dans l’urgence pour faire face à une situation inédite et imprévue, pourraient être un espace puissant de prise de conscience et de mobilisation. D’elles peuvent partir des revendications unificatrices et indépendantes des structures discréditées des partis, associations professionnelles et autres lobbys..