Suivi des luttes : Février 2021

Suivi des luttes : Février 2021

Quelques informations sur l’actualité des luttes à Genève et ailleurs.

#RenvoisForcésEthiopie

Dans la nuit du 26 au 27 janvier, plusieurs personnes ont été renvoyées de force vers l’Éthiopie par vol FRONTEX, et ce malgré une large mobilisation qui s’est formée en soutien notamment à Solomon et Tahir. Ce dernier a entamé une grève de la faim et de la soif alors qu’il était enfermé au centre de détention administrative de Frambois. Sa santé s’est rapidement détériorée. Il a été transféré la nuit du 27 janvier aux HUGhttps://renverse.co/infos-locales/article/reflexions-sur-le-role-du-personnel-de-sante-dans-les-deportations-2921]. Malgré son état critique, des médecins de l’entreprise privée OSEARA ont délivré le certificat médical « fit to fly » (sans consultation, uniquement sur la base de son dossier médical). Plusieurs rassemblements ont eu lieu (à Frambois, devant les HUG, à l’aéroport), le Conseil d’État a été interpellé à maintes reprises, restant sourd face aux demandes des nombreux soutiens mobilisés. Le vol FRONTEX a été affrété malgré tout. Le Conseil d’État genevois affirme à nouveau, et avec froideur, sa volonté politique. Rappelons que le chantier du Centre Fédéral de renvoi du Grand-Saconnex a démarré il y a peu a démarré il y a peu, et que le vaste complexe carcéral accolé au tarmac de l’aéroport comprendra 50 places de détention administrative « night-stop » ainsi que la police des douanes, l’actuel SARA, qui s’occupe des renvois forcés. Une machine à expulsion qui ne dit pas son nom.
Le 24 février, un rassemblement pour dénoncer la lâcheté du Conseil d’État, la complicité des HUG et la suspension immédiate des vols spéciaux vers l’Éthiopie a réuni plus de 300 personnes à Genève sur la promenade de la Treille.

#RenduProcèsGrèveClimatLausanne

Une camarade genevoise a été acquittée par le tribunal de police de Lausanne le 3 février dernier pour des accusations de « violence et menace sur agents ». Les faits remontent à la grève du climat du 17 janvier 2020 à Lausanne. Des agents de police survoltés avaient arrêté préventivement une dizaine de personnes avant même le début du cortège. La justice a décidé que les faits n’étaient pas caractérisés et a annulé la peine de cette personne (qui était de 90 jours amendes à 30 frs avec deux ans de sursis et qui aurait pu lui valoir jusqu’à 3 ans d’emprisonnement dans le pire des cas).
Plusieurs personnes doivent encore passer en procès dans cette affaire et nous leur souhaitons un dénouement similaire.

#CitéLéopard

Nouvelle vague de relogements de participant.e.s de la première heure de la Cité Léopard, bonne route à elles et eux ! Le quinquagénaire qui pronostiquait le fait qu’il allait être le dernier à partir a perdu son pari et va devoir payer la tournée générale.

#ZADColline

Les zadistes de la Colline d’Eclepens (VD) ont annoncé la semaine dernière que la police leur intimait de quitter les lieux le 26 mars prochain, ils et elles ont donc besoin de soutien autant matériel qu’humain sur place. Plus d’infos : https://zaddelacolline.info

#8mars

Cette année le collectif 8 mars pour un féminisme révolutionnaire prévoit une semaine de déferlante féministe intergalactique sur les ondes et dans la rue. Du 1er au 7 mars, suivez le collectif à la radio tous les soir à 21h sur radio 40 (https://radio-40.ch/). Plusieurs ateliers auront également lieu cette semaine là, plus d’info à suivre sur renverse.co, ainsi que les comptes instagram et facebook du collectif. Stay tuned !

#8RueRoyaume

L’allée de l’immeuble du 8, rue Royaume a pris feu dans la nuit du 9 au 10 janvier dernier. Les 46 habitant-e-s de l’immeuble ont été évacué-e-s, dont trente par les échelles de sauvetage. L’incendie a mis en lumière les conditions de vie des habitant-e-s : sous-location de chambres dans les appartements à un prix exorbitant dans un immeuble insalubre (par exemple, le chauffage et l’eau chaude étaient régulièrement coupés).
Des personnes sont revenues dans l’immeuble deux semaines après l’incendie. Malgré les importants dégâts et l’absence d’électricité, ils/elles n’avaient pas d’autres solutions. Trois semaines plus tard, le propriétaire, la société Burval SA, ordonnait leur expulsion et faisait murer l’accès à l’immeuble.
La régie (Comptoir immobilier) n’a pris en charge aucun relogement des habitant-e-s. Une partie sont sans-papiers et n’ont bénéficié d’aucune protection de l’Etat ou de la Ville de Genève. Ils elles se retrouvent pour certain-e-s sans aucune solution de logement à ce jour ! Affaire à suivre…

#QueViveLaCriticalMass 

Elle fait du bien cette Critical Mass du 26 février. C’était si bon de traverser la ville à vélo, une heure durant, au rythme des boombox. Ils étaient beaux ces yeux souriants, ces cris et ces sifflets. Et sentir ces réflexes toujours vivaces, les trente tours du rond-point des Charmilles, l’écho des hurlements sous le pont ferroviaire de la gare, et le plaisir d’entendre les klaxons d’encouragement. On se dit que c’est toujours possible et que ça vaut la peine de ne rien lâcher et de se battre pour que ça continue. Ca fout la pèche, et ça fout la rage contre toutes ces amendes qui sont tombées et continuent de pleuvoir. Elles augmentent le plaisir de ce petit doigt d’honneur aux autorités imbéciles qui répriment ce rendez-vous plus vieux qu’elles et aux flics qui, cette fois, n’étaient pas là pour gâcher la fête. Rendez-vous le 31 mars et que vive la Critical Mass !

Suivi des luttes : Janvier 2021

Suivi des luttes : Janvier 2021

Quelques informations sur l’actualité des luttes à Genève et ailleurs.

#8mars

Depuis 2017, des personnes se réunissent chaque année pour organiser une semaine des luttes féministes qui culmine dans une manif féministe de nuit aux alentours du 8 mars. L’organisation se fait en AGs sans hommes cisgenres* dyadiques** avec une organisation horizontale, sans hiérarchisation ni représentation de partis/groupes.
Depuis maintenant 2 mois, l’organisation de la semaine des luttes féministe et la marche féministe, transinclusive et antiraciste de mars 2021 a commencé.
Ces AG se veulent être l’occasion de poser les bases touxtes ensemble pour l’organisation de ces super moments révolutionnaires. Evidemment, à cause du covid (ACDC), la forme a dû quelque peu s’adapter. Pour plus d’informations et pour participer à l’organisation, prière d’envoyer un mail à 8marsgeneve(at)gmail.com
*cis-genre : personne qui se reconnait dans le genre qui lui a été assigné à la naissance.
** dyadique : désigne les personnes qui ne sont pas intersexe.

#DonsCantine

La cantine du Silure remercie toutes les personnes qui ont donné des sous pour la cantine solidaire du samedi. Les fonds récoltés nous permettent de continuer encore un moment. Nous espérons qu’avec les beaux jours nous pourront recommencer les cantines du vendredi à prix libre pour se revoir, manger ensemble et potasser des livres de l’infokiosk en dégustant.

#Retour19décManifCovid

Comme vous l’avez peut-être lu ailleurs, un cortège a été réprimé le 19 décembre dernier à Genève ; il faisait suite à un rassemblement syndical à qui il avait été interdit de manifester. On a pu lire sur renverse.co :“[A]lors que l’objectif premier était de défiler pour une sortie solidaire de la crise de la gare à la Place de Neuve, la demande d’autorisation a été refusée – forçant un repli sur la plaine de Plainpalais et un évènement statique.” Les forces de l’ordre ont matraqué à tout va ce défilé qui commençait à s’étirer sur la zone piétonne de la Plaine et entonnait des chants de Noël revisités. Une arrestation extrêmement brutale est à déplorer. Comme le Silure à de longue date entamé un travail politique autour de la question du droit de manifester et de la répression systématique qui lui est opposé, nous tenions à vous faire part de ce nouvel exemple de la violence des autorités et de la police face à toute velléité contestataire, dont la vidéo qui illustre l’article (22.12.20) est une preuve sans équivoque. Solidarité !

#RenduProcèsTourismeDuPire2019

Il y a les manifs et leurs suites judiciaires. Bien que souvent longtemps après et loin des regards, il ne faut pas oublier que des victoires collectives peuvent aussi s’obtenir et qu’il s’agit parfois d’occasion pour continuer la lutte sous d’autres formes. 

Ainsi Teo a été acquitté le 1er décembre dernier du reproche de “refus d’obtempérer”, car il avait pris la parole lors d’une action “Tourisme du pire” en septembre 2019. La policière interrogée à l’audience devant le Tribunal a été obligée d’admettre qu’elle avait rédigé son rapport non pas sur la base de ce qu’elle avait constaté, mais sur ce que lui avaient raconté ses collègues, sans doute pour justifier leur dispositif. 

L’importante couverture médiatique du procès a permis de reparler de ces géants de la finance tels que BlackRock qui sont bien planqués au Passage des Lions Genève d’où ils tirent les ficelles du capitalisme dans ses formes les plus mortifères, soit l’extractivisme et le développement des énergies fossiles.

#RenduProcèsMalagnou2018

Autre acquittement (mais partiel) pour les soutiens de la maison de Malagnou qui, en mars 2018, avaient fait un petit chahut devant les bureaux du Conseiller d’Etat Serge Dal Busco (PDC) pour dénoncer l’acharnement de ce magistrat à refuser de prolonger le bail de la maison collective. Entre temps, cette lutte a payé, car la maison peut rester au moins jusqu’en 2023.

 Mais à l’époque, la police genevoise voyait les choses différemment et avait violemment interpellé des participant.e.xs à l’action et justifié son action après coup avec un “refus d’obtempérer”. Là encore, ça ne convainc pas la juge qui trouve une pirouette pour acquitter sans se prononcer sur le fond, à savoir la répression systématique des (petits) désordres contestataires. 

L’affaire se poursuivra cependant en appel pour 4 des 6 prévenus qui voient leurs amendes confirmée pour “port d’une tenue destinée à empêcher leur identification” bien que d’un montant réduit à CHF 200.- vu leurs “fautes de légères”. Il s’avère que certain.e.xs participant.e.xs auraient porté des masques en papier à l’effigie du Conseiller d’Etat… 

Ces deux procès se recoupent sur une chose : suivant que vous serez géant de la finance ou poursuivez des projets collectifs, vous serez protégés ou réprimés par la police qui use et abuse entre autres de la Loi sur les manifestations sur le domaine public. Cette justification légale de l’action policière n’est pas exempte d’incohérences et il peut y avoir des victoires dans les prétoires. 

https://renverse.co/infos-locales/article/mala-au-tribunal-episode-no985498754 (8.10.20)

#SansabrismeEtVernets

Un témoignage sur les changements dans l’accueil d’urgence à Genève durant l’année 2020 a été publié le mois dernier sur le site du Silure. Il revient en détail sur la façon dont la ville de Genève a géré les sans-abris durant la période de semi-confinement de mars à mai dernier et comment ce nouveau dispositif était vécu sur le terrain. Un glossaire en fin d’article permet aussi de s’y retrouver dans la jungle des structures d’accueil de nuit à Genève.

#CitéLéopardEnLutte

A l’heure du bilan de fin d’année on peut constater que la Cité Léopard de Carouge s’est beaucoup dépeuplée. Il ne reste plus que 20 appartements occupés (familles et personnes seules) contre plus d’une centaine l’été dernier. Les permanences dans un appartement du 28 rue de la Fontenette ont repris le 14 janvier. Elles se révèlent décisives pour faire durer dans le temps l’exigence de relogement de l’ensemble des locataires de la Cité. A ce titre, le mois de décembre a été décevant avec un seul relogement au compteur. Un nouveau grief envers la régie Gerofinance est apparu au moment du changement d’année : celle-ci n’a pas envoyé les bulletins de versement pour payer les loyers en 2021 alors même qu’un précédent courrier recommandé au ton très déplaisant avait rappelé aux locataires que le non-paiement des loyers constituait un motif d’expulsion. La régie a de plus demandé un paiement de 30 frs pour l’impression des bulletins de versement. Il est clair que personne ne veut payer cette somme et cette question est donc sur le bureau du médiateur.

#DélégationZapatiste

Une délégation zapatiste va venir en Europe cet été. Rencontres, échanges, actions sont au programme, ou plutôt, sont à programmer. En Suisse et à Genève, des gens s’organisent pour cela, et il y a besoin de forces. Le site EnlaceZapatista comporte de nombreux articles sur ce projet de tournée européenne, en voici un extrait : “L’année 2021 sera celle des 20 ans de la Marche de la couleur de la Terre, que nous avons réalisée, aux côtés des peuples frères du Congrès national indigène, afin de réclamer une place dans cette nation qui s’écroule aujourd’hui. […] Aujourd’hui, dans le monde entier, le grand capital prétend faire retourner les gens dans les rues pour leur faire réassumer leur condition de consommateurs et de consommatrices […] Il faut retourner dans les rues, oui, mais pour lutter. Parce que, comme nous l’avons dit précédemment, la vie, la lutte pour la vie, ce n’est pas un problème individuel, mais collectif. (…) ce n’est pas non plus un problème de nationalités, c’est un problème mondial.”
http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2020/10/09/sixieme-partie-une-montagne-en-haute-mer/


#ZADColline

La ZAD de la Colline à Eclepens (VD) écrit régulièrement sur son canal telegram ses besoins en terme de matériel. Le lien se trouve sur leur site : https://orchidees.noblogs.org

Suivi des luttes : Décembre 2020

Suivi des luttes : Décembre 2020

Quelques informations sur l’actualité des luttes à Genève et ailleurs.

#RetourManifMike31octobre

“Les noms des victimes résonnent dans les coeurs et alimentent nos colères, vous ne connaîtrez pas la paix que vous nous refusez !”

En 2018, Mike Ben Peter fut tué par la police lausannoise. La procédure judiciaire s’éternise et une expertise médico-légale conduite par une médecin entretenant des liens étroits avec la police vaudoise est contestée par l’avocat de la famille de Mike. Deux ans et demi après, le procès n’a toujours pas commencé. À l’appel de plusieurs collectifs antiracistes romands se mobilisant sur la question des violences policières (Collectif Kiboko, Collectif Jean Dutoit, Collectif Afrofeministe Amani, Ligue Panafricaine-UMOJA, Outrage Collectif) et le parti SolidaritéS Vaud, un millier de personnes défilèrent dans les rues de Lausanne le 31 octobre, pour réclamer justice pour Mike mais aussi pour Lamin Fatty, Hervé Mandundu, eux aussi victimes de la police vaudoise ces dernières années. La manifestation était large et déterminée, elle représente une action d’étape, qui s’inscrit dans une série de mobilisations menées par ces collectifs. Comme le disait le collectif Outrage :

“Aux familles de Mike, Hervé, Lamine et tous les autres : on est ensemble, on pense à vous ! An attack against one is an attack against all, rest in power ! [Une attaque contre l’un est une attaque contre touTEs, repose en force]”

#CitéLéopardEnLutte

La lutte paie, petit à petit les habitantEs de la Cité Léopard sont relogés ailleurs par la régie Gerofinance ou des fondations immobilières de droit public. L’autorisation de construire a été délivrée mais l’Office cantonal du logement a averti par courrier qu’il ne permettrait pas le début des travaux avant que tout le monde ne soit relogé. Les permanences continuent tous les jeudis sur place avec le médiateur et les soutiens. Le 19 novembre, nous avons eu le plaisir de rencontrer la « lanceuse d’alerte » qui avait la première contacté les médias au sujet des agissements de la régie.

#RetourProcèsBRIC

Le procès pour « insultes » d’un camarade libertaire a eu lieu au tribunal de police le 16 novembre dernier. Les faits remontaient à 2017 et la plainte émanait d’un policier membre de la Brigade de recherche et d’îlotage communautaire (BRIC, police politique du canton). La personne poursuivie en procès avait fait condamner le chef de ladite brigade la même année pour faux dans les titres, ce qui n’est peut-être pas pour rien dans ce « ciblage ». Un rassemblement de soutien a eu lieu devant le tribunal et le jugement sera transmis plus tard par écrit.

#RetourManifBâle28nov

Plusieurs dizaines de personnes venant de toute la Suisse passent en procès depuis 2 mois à Bâle dans le cadre d’un procès suivant une manifestation antifasciste. Une manifestation de solidarité a eu lieu le 28 novembre avec une participation large et un message clair envers les personnes poursuivies dans cette affaire : on ne vous oublie pas !

https://renverse.co/infos-locales/article/communique-baselnazifrei-et-photos-2835 (29.11.20)

#ProcèsTourismeDuPire2019

Mardi 1er décembre à 14h30 au Palais de justice (1, pl. du Bourg-de-Four) a lieu le procès d’une personne dont le crime est d’avoir pris la parole lors d’une visite guidée des institutions financières genevoises. Cette déambulation pédagogique qui visait à expliquer le rôle de la finance dans le dérèglement climatique n’a pas plu à la police qui a amendé le “guide” pour avoir pris la parole à deux reprises alors qu’elle lui aurait gentiment demandé de se taire devant le siège de BlackRock.
 Le procès s’inscrit à la croisée des chemins entre la répression genevoise de l’usage de l’espace public (les fameuses contraventions pour “refus d’obtempérer”) et les rebondissements judiciaires qui ont eu lieu suite à l’acquittement d’un activiste pour le procès « mains rouges » en octobre. Son acte a été jugé comme une entrave à la propriété privée du Crédit Suisse, mais dans un contexte d’ « état de nécessité” face à l’urgence climatique.
On ignore encore la fin de cette saga judiciaire, mais il est probable que sans mobilisation importante, cette petite brèche actuelle dans l’appareil répressif sera vite refermée par le Tribunal fédéral, cour
suprême du pays et garant de l’uniformité du droit bourgeois.

 https://www.instagram.com/p/CH5pibaACOH/ (23.11.20)

#CriticalMass

La Critical mass genevoise du 30 octobre a été officieusement annulée par la police qui a bloqué l’accès des deux extrémités du pont des Bergues avec leurs fourgons. On ne sait pas si la police a ensuite organisé son propre cortège de victoire contre la menace cycliste. Rebelotte pour celle du 27 novembre. Pour les personnes qui auraient reçu des amendes lors des dernières critical mass, merci de contacter dans les plus brefs délais le groupe Antirépression, antirep-ge@riseup.net.

#RIPLaTour

Dans la série « que sont-ils devenus », je demande Mark Muller, l’ex-conseiller d’Etat PLR qui s’était illustré dans sa guerre contre les squats et l’évacuation des derniers grands bâtiments occupés à Genève en 2007 (Rhino et La Tour). Muller est redevenu avocat immobilier et il a plaidé avec succès pour un changement de jurisprudence du Tribunal fédéral sur la contestation du loyer initial ce qui fait que grâce à lui les loyers pourront encore plus augmenter à chaque changement de locataire (source : Tout l’immobilier, 23.11.20). Pourri un jour, pourri toujours.

Suivi des luttes : Novembre 2020

Suivi des luttes : Novembre 2020

Quelques informations sur l’actualité des luttes à Genève et ailleurs.

 

#RetourManif3octobreGrandSac

Comme vous le savez peut-être, l’Etat souhaite construire un centre fédéral de renvoi au Grand-Saconnex (GE), une pièce de plus dans la gestion carcérale de l’immigration. Des rassemblements avaient eu lieu à plusieurs reprises ces dernières années mais ce 3 octobre c’était la première fois qu’une manifestation avait lieu au centre-ville de Genève. La manif a ratissé large et elle a permis d’accueillir des camarades du Migrant Solidarity Network, un groupe qui s’est justement formé à l’intérieur des centres fédéraux existant déjà en Suisse alémanique. Compte-rendu avec photos et vidéo ci-dessous.
https://renverse.co/infos-locales/article/pas-d-accueil-carceral-ni-au-grand-saconnex-ni-ailleurs-2777 (9.10.20)

#ManifMike31octobre

Mike Ben Peter est mort entre les mains de la police le 28 janvier 2018, après avoir été violenté et maintenu pendant plusieurs minutes en position de placage ventral. Les policiers responsables sont toujours en service. Le Silure soutient l’appel à manifester le samedi 31 octobre prochain pour exiger justice pour Mike et contre les violences policières ainsi que les revendications portées par cette mobilisation :
1) La suspension immédiate des six policiers impliqués dans l’arrestation et la mort de Mike.
2) La mise en place d’une instance indépendante de dépôt de plaintes contre les abus policiers et de surveillance des pratiques policières.
3) L’interdiction immédiate de la pratique dangereuse du « plaquage ventral », et de toute autre pratique dangereuse ou humiliante en Suisse.
4) La distribution systématique de reçus lors de chaque contrôle de police.
Nous organisons un bus au départ de Genève à 13h (retour à 20h), 10 chf par personne. Vous pouvez vous inscrire par mail ou pendant les permanences bibliothèques (vendredi 17h-20h).
Rdv samedi 31 octobre à 16h, Place de l’Europe, 1003 Lausanne

 

#Retour1èreassemblée

Le 9 octobre dernier une quarantaine de personnes étaient présentes lors de la première assemblée du Silure. C’était l’occasion de présenter le collectif Le Silure, comment il fonctionne, les luttes dans lesquelles il est impliqué ainsi que les différentes activités rejoignables (cantine, bibliothèque, permanence juridique, témoignage, lectures et formation).
Mais c’était surtout l’occasion de discuter de ce que pouvait devenir cette assemblée. Celle-ci est née d’un désir d’être plus nombreu.x.ses à faire de la politique ensemble, à réfléchir et à mettre en oeuvre les orientations du Silure. Mais elle a vocation à être construite avec et par les personnes qui la constituent. Cette construction n’est qu’à son début, rejoignez nous !
L’Assemblée est ouverte à toutes les personnes qui se reconnaissent dans les buts et moyens du Silure.
La prochaine aura lieu le vendredi 6 novembre 2020 au Silure, accueil à 18h30 (pour les nouvelles personnes) et début à 19h00, suivie d’un repas.

#CitéLéopardEnLutte

Comment mentionné le mois dernier, la lutte pour un relogement des locataires de la Cité Léopard commence à porter ses fruits. Un deal a été fait avec le propriétaire : Depuis le 8 octobre, des permanences sont organisées chaque jeudi dans un appartement de la rue de la Fontenette avec le médiateur qu’il a engagé, les locataires et les soutiens afin de trouver un relogement adapté à chaque situation. Les ex-locataires de la Cité Léopard qui l’avaient quitté précipitamment à cause des coups de pression de la régie entre l’hiver dernier et le mois de juillet y sont aussi les bienvenus tant leur départ (à l’autre bouzt du canton, en Haute-savoie, etc) n’était pas un “choix” mais le résultat de la politique de la terre brûlée pratiquée par la régie. Cette lutte revêt d’après nous un caractère exemplaire, elle a permis de montrer qu’avec une solidarité de base, il était possible de “retourner” le coût de la crise du logement sur le propriétaire plutôt que sur les locataires. La prochaine assemblée aura lieu sur place le lundi 2 novembre à 18h30 (accueil dès 18h) et une grande fête aura lieu le mardi 15 décembre.

#RetourProcèsMalagnou2018

Vendredi 9 octobre s’est tenue l’audience des 6 personnes ayant fait opposition aux ordonnances pénales reçues suite à la conférence de presse donnée en mars 2018 par les habitantEs de la maison collective de Malagnou et leurs soutiens devant les bureaux du conseiller d’Etat Serge Dal Busco (PDC). Durant l’audience, il a notamment été constaté que le dossier d’accusation avait été constitué de manière farfelue plus de 16 mois après les faits afin d’entrer dans les clous de la loi sur les manifestations concoctée en 2011 par Olivier Jornot. Les prévenuEs se sont donc vuEs attribuer diverses infractions de manière aléatoire : refus d’obtempérer aux ordres de la police dans le cadre d’une manifestation, utilisation de matériel destiné à dissimuler son identité lors d’une manifestation (quelques masques en papier à l’effigie de Dal Busco) ou encore port d’arme (un multi-outil). Le rendu dudit procès est pour lors différé à une prochaine audience… La justice dans son impartialité tranchera t’elle en faveur de la liberté d’expression d’une opinion politique ou de l’ordre public ? Le suspens demeure…

#Grèvefonctionpublique29octobre

Les travailleuses et travailleurs de la fonction publique genevoise (écoles, hôpital, université, etc.) se mobilisent en ce moment pour refuser les mesures de restriction salariale qu’entend leur imposer le gouvernement. Pour protester contre quatre mesures (diminution linéraire des salaires, suppression des annuités, diminution de la part de l’employeur dans les cotisations retraite, suppression de l’indexation à l’inflation), les fonctionnaires ont voté deux préavis de grève dont le premier a été mis a exécution le 15 octobre dernier avec un beau succès (6000 personnes à la manif). Le second arrêt de travail aura lieu le jeudi 29 octobre. Alors que les dégâts du néolibéralisme sont toujours plus spectaculaires, le gouvernement genevois semble vouloir poursuivre dans cette voie sans issue, car ce que doivent payer aujourd’hui les travailleuses et travailleurs de la fonction publique ce sont les cadeaux fiscaux récemment consentis aux grandes entreprises. Dans ce contexte, la lutte des fonctionnaires mérite tout notre soutien !

#Renduprocèsmainsrouges2018

Pendant la marche pour le climat du 13 octobre 2018, de nombreuses personnes avaient peinturluré la façade du Credit Suisse de la place Bel-air avec des mains rouges. Nicolas a été le seul à avoir été poursuivi, mais la justice a choisi de l’acquitter en deuxième instance en invoquant l’état de nécessité. Avec ou sans l’aval de la justice, une vérité demeure : les banques financent la destruction de l’environnement.

#PodcastLHypothèseAutonome

L’équipe de Libradio a fait un podcast de la venue au Silure de Julien Allavena le 26 septembre dernier, merci à elles et eux !
https://www.youtube.com/watch?v=alk0ySGEcEI

#BâleAntifasciste

A Bâle, la manifestation antifasciste réussie du 24 novembre 2018 contre les néonazis du PNOS a conduit à de nombreux procès avec des condamnations à de la prison ferme à la clé, et plusieurs procès sont encore à venir. Une manifestation de solidarité est convoquée pour le samedi 28 novembre. Solidarité !
https://barrikade.info/article/3924 (9.10.20, en allemand)
https://renverse.co/infos-locales/article/manifestation-antifasciste-a-bale-2783 (10.10.20)

#ProcèsEffyBerne

L’automne est décidemment la saison des procès puisque le 9 novembre prochain début le procès des ex-habitants du squat Effy29 de Berne, évacué par la force en 2017. Solidarité (bis) !
https://barrikade.info/article/3919 (8.10.20, en allemand)

Suivi des luttes : Octobre 2020

Suivi des luttes : Octobre 2020

Quelques informations sur l’actualité des luttes à Genève et ailleurs.

#Manif22septStopIsolation

Les camarades d’Antira ont compilé des articles sur la manifestation « Stop Isolation » du mardi 22 septembre à Berne qui a été réprimée au canon à eau et aux balles en caoutchouc par la police. Cette manifestation demandait la fermeture des centres fédéraux, elle a été négligée dans les médias au détriment de l’occupation de la Place fédérale par les grévistes du climat.
https://renverse.co/infos-locales/article/non-au-centre-federal-de-renvoi-2771

#Manif3octobreGrandSac

Une manifestation est convoquée le samedi 3 octobre à 14h à Genève, Place de la Navigation contre la construction d’un centre fédéral pour requérants d’asile au Grand-Saconnex (GE). Ces centres ont tout d’une prison, ils sont pensés pour y enfermer des familles entières et ceux qui ont déjà été construits ces dernières années dans le canton de Fribourg et en Suisse alémanique sont l’objet de luttes réclamant leur fermeture car les abus de pouvoir y sont légion.
https://renverse.co/infos-locales/article/non-au-centre-federal-de-renvoi-2771
https://renverse.co/infos-locales/article/action-contre-le-centre-federal-de-renvoi-2765
https://renverse.co/infos-locales/Pas-de-centre-federal-au-Grand-Saconnex-ni-ailleurs-1413 (2018)

#Manif31octobreMike

Une manifestation aura lieu à Lausanne le samedi 31 octobre prochain à 16h – Place de L’Europe pour exiger la justice pour Mike, mort entre les mains de la police en 2018 alors que le procès des agents se fait attendre.
http://www.instagram.com/collectifkiboko/

#CitéLéopardEnLutte

À Carouge (GE), la lutte des locataires de la Cité Léopard a connu quelques victoires d’étapes : alors que les locataires craignaient une expulsion au mois d’août (des courriers menaçants avaient été envoyés par la régie Gerofinance-Dunand), la SUVA (propriétaire des lieux) ont annoncé que ce ne serait pas le cas et qu’aucune expulsion ne sera prononcée. Des promesses ont été faites tant par la SUVA que la maire PS de Carouge de reloger l’ensemble des locataires à la fois dans le parc immobilier de la SUVA et dans les fondations immobilières de droit public. Actuellement, six familles ont déjà obtenu un relogement et un banquet populaire a réuni une cinquantaine de personnes sur place dimanche 27 septembre. La lutte continuera jusqu’à un relogement intégral de toutes les personnes vivant à la Cité Léopard. Prochaine assemblée le lundi 2 novembre sur place à 18h accueil / 18h30 début.

#RenduProcèsAyop2018

A la fin du mois d’août, le Silure a dénoncé un acharnement judiciaire après la poursuite d’une de nos membres pour un “débordement de trottoir” de la manifestation de solidarité avec Ayop, ex-habitant du foyer des Tattes, le 19 octobre 2018. Le rendu est tombé le 1er septembre dernier et il condamne notre amie à une amende de 400 frs (250 frs et 150 frs de procédure), ce qui ne change rien à la légitimité absolue de notre démarche lors de cette manifestation. Le juge Olivier Lutz (PS) a prouvé que la répression de gauche ressemble en tout point à celle de droite. Quand au droit de manifester, n’oublions pas qu’il ne s’use pas que lorsqu’on ne s’en sert pas.
https://renverse.co/infos-locales/article/le-droit-de-manifester-s-exerce-il-ne-se-mendie-pas-2733

#RenduProcèsRetraitespop2019

Un camarade lausannois est passé en procès en deuxième instance le lundi 28 septembre pour avoir participé à l’occupation des Retraites populaires pendant la grève du climat du 15 mars 2019 à Lausanne. La justice a décidé de poursuivre 14 personnes même si les Retraites populaires n’avaient pas porté plainte. Etant mineur au moment des faits, il était le seul à comparaître lundi mais d’autres inculpés (adultes) seront jugés ces prochains mois (la date n’est pas encore connue). L’audience de lundi dernier a été un grand moment de bien-pensance judiciaire, l’un des juges a comparé l’occupation au fait “d’enterrer son voisin au fond du jardin” après une dispute. Quant à la procureure, elle a appellé à “résoudre la crise climatique de manière légale” et a dépeint ce camarade comme un délinquant climatique endurci qui suivait des formations en désobéissance civile. Puis, à l’issue de l’audience, elle a poussé le cynisme jusqu’à aller le féliciter pour son engagement. La peine de 6 demi-jours d’intérêt général du tribunal des mineurs a ainsi été confirmée. Solidarité !

#ProcèsMalagnou2018

Il y a deux ans, la maison collective du 154 route de Malagnou était menacée d’expulsion par l’Etat de Genève et plusieurs manifestations ont eu lieu sous la houlette de ladite maison et de la coordination “Prenons la ville”. Le vendredi 9 octobre prochain, 6 personnes vont passer devant la justice pour une “manifestation non-autorisée” du 6 mars 2018 quand elles ont voulu organiser une rencontre fortuite avec le conseiller d’Etat Serge Dal Busco (PDC), politicien en charge du dossier.

Coronavirus et résistances – suivi en continu : 1er mai  – 13 mai 2020

Coronavirus et résistances – suivi en continu : 1er mai – 13 mai 2020

Le Suivi en continu va se terminer ici. Après un peu plus d’un mois de travail, il aura tenté de mettre en avant les nouvelles du front social et d’éviter une « déconnection » militante avec le cours des événements des dernières semaines. Nous n’arrêtons pas car tout va mieux et que la première vague est derrière nous, mais par manque de ressources et notamment la plus précieuse, la variable temps. Avec la réouverture prochaine du Silure vendredi prochain, une pesée d’intérêts implique l’arrêt de certaines activités chronophages.

Ce flux d’infos aura, nous l’espérons, permis de lutter contre un certain localisme politique qui perd de vue la situation d’ensemble, conséquence malheureuse du système fédéral de ce pays. Un regret est de ne pas avoir pu davantage parler du Tessin et des zones frontalières, par manque de temps et de contacts sur place. Le travail réalisé par les camarades français d’Acta.zone a été une inspiration directe et leur activité a été très soutenue durant ces deux mois. En comparant les deux rendus, un élément saute aux yeux: il y a eu bien moins de grèves, de révoltes carcérales et d’actions protestataires en Suisse. Des raisons historiques en sont la cause, mais plutôt que de se limiter aux moments les plus visibles, nous avons fait le choix de consigner aussi les prises de parole subalternes relayées dans la presse car l’expression est aussi une étape nécessaire à la construction d’une action commune. L’idée exprimée par George Jackson (1941-1971) lorsqu’il parle d’être « carnet et crayon à la main, pour essayer péniblement de déterminer ce que chacun peut faire pour la construction de la commune » (cité dans L’Assassinat de George Jackson, Groupe information prisons, Paris: Gallimard, 1971, p. 19) est toujours d’actualité. Mais elle devient plus exigeante à l’heure où la parenthèse de « journalisme social » dans (une partie de) la presse bourgeoise se referme, et que les appels aux sacrifices regagnent en visibilité. Enfin, précisons qu’il n’y a pas encore eu de travail de compilation systématique et complet des résistances sur le territoire suisse durant cette période, mais nous espérons que ce Suivi a pu donner quelques indications en ce sens.

Mercredi 13 mai

16h: Dans un article intitulé « La précarité accroît l’exposition au virus », la Tribune de Genève écrit : « Les personnes précaires sont ainsi 3,5 à 4,5 fois plus exposées au virus que la population globale du fait notamment de la promiscuité, mais aussi parce qu’elles accèdent difficilement au dépistage et qu’elles parviennent péniblement à respecter les règles d’isolement et de protection sanitaire. » S’il n’est pas inutile que le journal relaye ce type d’informations, ni que MSF et les HUG produisent des données sur le cas du Covid-19, rappelons qu’il ne s’agit pas là d’un scoop. Les mécanismes étaient déjà connus : dans diverses situations (logement, travail, accès à la santé), les personnes précaires en Suisse se voient imposer une promiscuité, doivent renoncer aux soins et subissent des inégalités d’accès à la prévention. A quand un changement de paradigme : on « découvre » à chaque fois la partie immergée de l’iceberg, la précarité et ses funestes conséquences, mais à quand une dénonciation des mécanismes qui les engendrent en vue d’y mettre fin ? (Source : Tribune de Genève)

9h: L’interdiction de se rassembler à plus de 5 personnes est-elle comptée? Alors qu’hier à Genève, un mineur s’est fait coffrer pour une action « 4m2 » (cf Le Courrier), des voix se font entendre dans les médias alémaniques pour la fin de cette interdiction. À Berne, Der Bund fait sa une et son édito sur le sujet. Le journal pense qu’il faut mieux avoir des manifs encadrées et négociées avec la police qu’une interdiction intenable sur le long terme. Le chef de la police Reto Nause est critiqué pour son zèle particulier à réprimer les rassemblements progressistes (1er mai et grève du climat). Même chose dans la NZZ qui prend aussi position contre l’interdiction des manifestations, tout arrive (lorsqu’on est mis sous pression) ! (source: La presse RTS La 1ère, Der Bund, Le Courrier, NZZ)

8h30: La plupart des prisons romandes à l’exception de celle de Crêtelongue en Valais ont rouvert leurs parloirs lundi dernier. L’association REPR (ex-Carrefour Prison) a fait un tableau sur son site internet avec les conditions qui varient d’une prison à l’autre (durée maximum, nombre de personnes admises, enfant ou pas, etc) (Source: REPR)

8h: Dans le journal Vivre Ensemble du mois de mai, un exemple concret de la politique de la conseillère fédérale K. Keller-Sutter (PLR) qui a choisi la poursuite des procédures d’asile, et donc des refus. On y lit le témoignage d’un requérant d’asile de 20 ans désespéré après avoir reçu une décision Dublin de renvoi vers la France alors qu’il était en quarantaine. Son compagnon de chambre a été testé positif au Covid-19. (Source: Asile(point)ch)

Mardi 12 mai

8h30: Comme à Nantes ou Toulouse hier, un rassemblement contre le retour à l’anormal est annoncé le samedi 16 mai à 11h devant le Centre hospitalier Arve Léman de Contamine-sur-Arve (Haute-Savoie). “Soutien aux Soignants qu’on applaudit depuis 2 mois, et qui vont maintenant avoir besoin de notre soutien actif pour revendiquer ce qui nous est tous dû: un hôpital public fort, des soins de qualité, des conditions de travail décentes, et des vrais salaires. En raison des conditions sanitaires actuelles, les rassemblements de plus de 10 personnes sont interdits. Cet interdit a probablement une vraie justification sanitaire, et par un heureux effet collatéral, il permet au gouvernement de nous empêcher de manifester. Vous êtes appelé.e.s à respecter strictement et ostensiblement les gestes barrières et la distanciation sociale. Il est également souhaitable que tout le monde porte un masque.” (source: chaîne de messages)

8h: Dans la NZZ du jour, un article sur la mauvaise gestion policière de la manifestation anti-confinement de samedi dernier. Le journaliste pense qu’il aurait fallu leur appliquer la même répression que lors du 1er mai ou contre la manifestation des « autonomes de gauche » (Linksautonome) en avril. (Source: NZZ)

Lundi 11 mai

13h: Le Temps publiait jeudi un article et un éditorial sur l’impact de la pandémie sur le marché de la santé en Suisse. Le marché de la santé a été construit, en Suisse, à marche forcée, entre 1980 et le début des années 2000. Aujourd’hui, l’essentiel des hôpitaux du pays sont des sociétés anonymes. Les produits que commercialisent ces sociétés consistent en une offre chirurgicale ultra-technique : pose de prothèses articulaires (+ 145 % de prothèses de genoux en dix ans), bypass gastriques, changement de valves cardiaques, ablation de la prostate, etc. Les robots qui assistent certaines de ces opérations, les infrastructures dans lesquelles elles se déroulent doivent être amortis et donc fonctionner à leur rendement maximum. Face à la pandémie, le Conseil fédéral a interdit ces opérations faisant perdre deux mois d’amortissement aux hôpitaux. Le 5 avril déjà, l’Hôpital cantonal des Grisons déclarait au TagesAnzeiger devoir emprunter pour payer les salaires.
Le Temps présente (malgré le titre [de l’édito]) la situation comme un problème collectif auquel il s’agirait de trouver une solution rationnelle. Or, il s’agit bien d’une lutte pour conserver les profits des actionnaires et les salaires du management des hôpitaux et des assureurs. C’est la voie choisie par Michel Guillaume, qui n’envisage qu’une piste : la couverture de ces centaines de millions de francs de déficit par la collectivité, via l’impôt ou via les primes d’assurances maladie. Guillaume réclame, dans l’édito, une baisse des primes et la dissolution des colossales réserves des caisses. Mais ces réserves, c’est bien par l’accumulation des primes qu’elles ont été constituées. C’est ainsi qu’après avoir vu leur temps maximal augmenté à 60 heures par le Conseil fédéral, les aides-soignantes hospitalières contribueront (en proportion de leurs revenus respectifs) en moyenne 100 fois plus au financement des hôpitaux que Pascal Couchepin ou Charles Kleiber. (source: Canal Telegram Détaché de presse)

12h: Contrairement à ce qu’on entend parfois, le statut de travailleurs·euses saisonniers n’a pas disparu en Suisse. La Liberté de samedi dernier cite une étude de 2014 selon laquelle « l’agriculture suisse a besoin d’environ 20 000 à 25 000 saisonniers étrangers chaque année. Ils viennent principalement de Pologne, du Portugal, de Roumanie et de France. » À Genève, un avion venu du Portugal a amené des saisonniers pour travailler dans les vignes: “141 travailleurs portugais ont atterri à l’aéroport de Genève en provenance de Porto”. (source: La Liberté, 20 minutes)

10h: Plusieurs manifestations anti-mesures d’urgence ont eu lieu à Berne, Saint-Gall et Zurich samedi dernier. Les photos sont assez éloquentes à Berne (le plus grand rassemblement avec près de 500 personnes), on y voit des adultes de tout âge, des parents venus avec leurs enfants, des personnes en fauteuil roulant et des hippies qui font de la méditation. Sur les panneaux, des messages “non à la dictature de la santé”, “vive l’amour et la liberté”, ou “les médias sont le virus”. Les manifestants ont refusé de se disperser pendant plusieurs heures et ont fait exprès de se tenir proches et de s’embrasser. Aucune arrestation mais beaucoup de contrôles par la police, qui était sur les nerfs. Le chef de la police Reto Nause (PDC), artisan bien connu de la répression des manifestations à Berne, a déclaré à la tv “mon cœur saigne d’un point de vue épidémiologique”. Plusieurs manifestants évoquaient aussi la défense du système politique suisse (démocratie semi-directe) contre le pouvoir sur ordonnance du Conseil fédéral. Il s’agit d’une lame de fond germanophone puisqu’il y a eu des manifs anti-confinement le même jour en Allemagne. La Berner Zeitung souligne que cela n’avait rien à voir avec une manif habituelle car il n’y avait pas de sonorisation ni de slogans. Pour le 20 Minuten, c’est un certain Alec Gagneux (sorte d’Etienne Chouard alémanique) qui est derrière cette manif, une affirmation sujette à caution car il paraît clair qu’il n’y avait pas d’organisateur au sens où on l’entend habituellement. (Source: Der Bund, Berner Zeitung)

8h: Les CFF ouvrent les toilettes des gares au public, sans système payant. Il aura fallu une pandémie pour que tout le monde puisse se laver les mains gratuitement… (source: RTS La 1ère)

Dimanche 10 mai

16h: Dans la WOZ de jeudi dernier, un article sur la répression du 1er mai à Berne et Zurich et leurs justifications politiques. Non, le Conseil fédéral n’a pas demandé de dissoudre toute manifestation, la preuve la répression a été différente d’un canton à l’autre; Novartis veut se racheter une image en distribuant des doses d’hydroxychloroquine dans le monde; portrait d’un requérant d’asile d’origine guinéenne et membre de l’Autonome Schule Zürich qui coordonne des distributions de nourriture dans les foyers; les aides à domicile venues d’Europe de l’est se retrouvent sans revenu. (source: WOZ)

Samedi 9 mai

18h: Les assurances maladies continuent de se gaver, et même plus avec les effets collatéraux de la pandémie. Dans la TdG de vendredi, un article parle des problèmes financiers des jeunes mères qui doivent casquer pour leurs frais médicaux post-partum car les cabinets sont fermés. Normalement, “une couverture complète des soins est assurée par la LAMal pendant les cinquante-six jours qui suivent l’accouchement. Or les mères qui ont accouché aux mois de mars et avril se sont retrouvées devant des cabinets fermés par la crise sanitaire. Les assureurs, eux, ne veulent rien entendre: pas question de prolonger le délai de couverture.” Il n’y a pas de petits profits dans ce système sans foi ni loi (source: Tribune de Genève)

13h: Encore quelques détournements d’affiches “Merci” à Genève. “A la violence du système carcéral. A la direction de Champ-Dollon qui envoie au cachot les prisonniers qui manifestent pour des conditions sanitaires dignes”, De nous faire découvrir la solidarité collective pour bientôt l’effacer sitôt les magasins ouverts”, “Aux dirigeant.e.x.s et aux patron.ne.x.s pour qui nous protéger restent dans leurs résudences secondaire pendant que d’autres continuent à travailler pour leurs profits”.

12h: Les HUG et MSF ont fait une enquête samedi dernier dans la fille de plus de 2’000 personnes venues pour la distribution de colis alimentaires à la caserne des Vernets (Voir Suivi des 4 et 8 mai). Résultats : plus de 60 % n’ont pas d’assurance maladie et 52 % sont des personnes sans-papiers. Sur ces dernières, le chef du département de médecine de premier secours aux HUG dit : « Il y a en effet plusieurs milliers de personnes dans notre canton […] qui gardent nos enfants, qui font des ménages à nos domiciles, qui sont engagées dans la restauration mais sur des contrats extrêmement précaires […] elles n’ont aucune réserve financière, peut-être pour 2 ou 3 semaines mais pas au-delà ». Sont touchées, à présent, aussi « des personnes avec des permis de séjour, des personnes parfaitement intégrées ici, des mères célibataires, des personnes avec des petits emplois fragiles, à temps partiel qui sont […] en demande de chômage partiel ou d’aide sociale. Il y a pas un profil type mais un profil de plus en plus varié à mesure que cette marée de crise économique monte. » “Le médecin genevois appelle à un sursaut civique devant cette situation. Ceux qui le peuvent et « qui n’ont pas souffert économiquement de la crise doivent ressentir un devoir de solidarité envers ces personnes », dit-il.” Pour sa part, Le Silure appelle à un sursaut politique, mais aussi à une solidarité de classe, un changement de système et une régularisation de tou.te.s les sans-papiers ! (Source: Fil d’info RTS, Twitter @DariusRochebin)

11h: Alors que Thierry Apothéloz, tourne autour du pot au sujet de l’engagement du canton [de Genève] dans l’aide alimentaire, le gouvernement cantonal propose la semi-étatisation du… Salon de l’auto. Dans un entretien complaisant au Courrier, Apothéloz sautille d’arguties en solutions managériales. Il a fallu une distribution dans des conditions détestables pour les récipiendaires pour que le département de la soi-disant « cohésion sociale » s’avise que des gens n’avaient plus de revenu et pas d’indemnités ? C’est la faute à l’enchevêtrement communes-canton, à la confédération, au cadre légal plus strict, couine le pseudo-socialiste. Ses solutions : un groupe de travail et le « pilotage de la question alimentaire de façon globale ». Ni fromage, ni jambon : rien de très concret, comme dirait le président cocaïnomane de la République française. Pour le Salon de l’auto, en revanche : 17 millions sont dans les starting blocks sans groupe de travail ni comité de pilotage. (source: Canal Telegram Détaché de presse)

8h30: Lundi dernier, des citoyens ont publié un “appel pour un redémarrage humaniste de la Suisse”. Leur idée était de faire des happenings chaque jour à midi dans des grandes places en traçant autour de soi un carré de 4m2. La police a distribué des amendes à Genève pour non-respect de l’ordonnance sur les rassemblements et deux personnes ont même été embarquées le 6 mai devant la Gare Cornavin. Mardi, des jeunes de la Grève du climat ont été aussi arrêtés à Berne devant la session parlementaire, ils protestaient contre le renflouement massif de la compagnie aérienne Swiss. Amnesty International proteste. Un journaliste du Courrier à la recherche d’infos se fait mener en bâteau: “Le Conseil fédéral envisage-t-il de lever l’état d’urgence qui verrouille les libertés publiques et à quel rythme? A l’Administration fédérale, on se refile la patate chaude, du Département de l’intérieur au Département de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication, puis à la Chancellerie, avant un retour à l’Intérieur.” (source: Le Courrier, Tribune de Genève, Twitter @ag_bern, Twitter @klimastreik)

8h: Les récoltes de la Brigade de solidarité populaire Genève se poursuivent la semaine prochaine, lundi et jeudi 14h-18h devant l’Usine. (source: Page FB Action antifasciste Genève, Page FB Brigades de Solidarité Populaire)

Vendredi 8 mai

17h: Dans le Courrier du 1er mai dernier, petit article sur l’annonce de la création d’une “nouvelle faîtière syndicale libertaire” nommée Syndibasa. Ses membres viennent de Suisse romande et alémanique, il s’agit de l’Association Romande des travailleurs/euses de l’Installation Electrique (ART-IE), la FAU Bern, la Fédération syndicale SUD, le Gewerkschaft Basis 21, l’Interprofessionelle Gewerkschaft der ArbeiterInnen (IGA) et le Syndicat Autonome des Postier (SAP). Extrait de leur déclaration: « Nous sommes en rupture avec le syndicalisme institutionnel de paix du travail qui empêche le monde du travail de se défendre, de se construire comme puissance, d’imposer ses revendications et de faire avancer les choses. […] L’exemple le plus flagrant de cette dérive est sans doute la négociation de conventions collectives de travail menée sans mobilisation et sans construction de rapports de force » (source: Le Courrier, Sud-VD)

16h: Dans Le Monde de mercredi dernier, un article sur les distributions de colis alimentaires à la caserne des Vernets de Genève. “Les récipiendaires sont ces milliers d’« invisibles », sans-papiers le plus souvent, ou travailleurs précaires, qui exerçaient dans la restauration, sur les chantiers, comme nounous ou comme femmes de ménage. La crise du Covid-19 les a laissés sur le carreau : sans travail, sans ressource et souvent sans soins, en pleine pandémie, et confinés dans des logements surpeuplés.” (source: Le Monde, Le Courrier)

15h: Tag à Genève “Nos vies valent plus que leurs crédits” (quartier des Pâquis).

Jeudi 7 mai

18h: La police française serait-elle sur les dents? À Bourg-en-Bresse (dans l’Ain, département voisin de Genève), le RAID a arrêté le 27 avril une personne « membre de l’ultragauche » (sic) ainsi qu’une de ses connaissances à Corbas (région lyonnaise). Le tout “dans le cadre d’une enquête préliminaire pour « association de malfaiteurs en vue de commettre un crime ou un délit » et « infraction à la législation sur les armes », a indiqué le parquet de Lyon.»” Ils étaient soupçonnés de « préparer une action armée contre les forces de l’ordre », rien que ça ! Comme un petit fumet de fantasme policier dans l’air… La procédure a été classée deux jours plus tard par la justice. (Source: Le Progrès, Lyon Mag)

16h: Retour avec un peu de retard sur le 1er mai zurichois. Pas de cortège là-bas mais de nombreuses actions décentralisées dans la ville. De nombreuses photos et vidéos sont disponibles sur Twitter, on peut mentionner un peinturlurage en pleine journée du siège de Credit Suisse, des banderoles de solidarité un peu partout et des collages féministes. Des serrures d’appartement de luxe loués sur Airbnb ont aussi été bouchées avec de la colle. Il y a eu plusieurs tentatives de se rassembler en petits groupes avec des banderoles de plus de 2 mètres. Le communiqué du Revolutionäres Bundnis dit: « Nous avons [mené ce 1er mai] sous des formes diverses et adaptées afin de nous protéger et de protéger les autres en termes de santé, tout en rendant notre résistance visible dans les villes et les quartiers. » Coïncidence ou non, une conseillère d’Etat PS zurichoise réclame le lundi suivant au Conseil fédéral la levée de l’interdiction de rassemblement de plus de 5 personnes au nom de la reprise de la vie démocratique. (source: Twitter @revmob20, @ajour_mag et @sozialismus_ch, Revolutionäres Bündnis Zürich, Aufbau, Tages Anzeiger)

14h: Sur Renversé, le Collectif de réquisitions solidaires a posté une vidéo devant un immeuble vide dont il occupe 4 appartements à Genève. Situé au 4 rue des Maraîchers à la Jonction, ils sont la propriété de l’Hospice général qui laisse pas moins de 50 appartements vides ! Extraits du communiqué : « Ces occupations devaient permettre de loger 10 personnes jusqu’à la démolition des immeubles en question, [qui vivaient] jusque là entre les lieux d’accueil bas-seuil et la rue. Nous considérons que la “solution” actuelle avancée par la Ville de Genève pour loger les personnes les plus précaires pendant la crise sanitaire du COVID-19, à savoir la réquisition de la caserne des Vernets, n’en est pas une […] . Par ces occupations, nous proposons une alternative respectant les droits fondamentaux et la sécurité des personnes.» Le collectif rapporte que « quelques 337’000 m2 de surfaces commerciales actuellement inoccupées dans le canton de Genève (chiffres de juin 2019, OCSTAT) et de nombreux appartements et maisons voués à être détruits dans lesquels personne n’habite. Nous trouvons indispensable et légitime que des personnes en situation de précarité puissent bénéficier d’un logement à taille humaine, sans contrôle d’identité, dispositif de sécurité et autres contraintes mettant à mal les libertés fondamentales de chacun·e. . […] Au vu de la quantité d’espaces vides et habitables dont l’Hospice Général dispose ici, nous en appelons au bon sens et demandons leur mise à disposition sans plus attendre. » Dans l’attente, face au vide : réquisitions solidaires ! (Source : Renversé)

7h30: Dans La Tribune de Genève de lundi dernier, un article sur les mesures des patrons de l’hôtellerie pour décharger les coûts du confinement sur leurs employé-e-s. Des hôtels ont forcé les salarié-e-s à prendre des vacances et Unia Genève proteste à ce sujet. Un employé de l’hôtel 5 étoiles Four Seasons Hôtel des Bergues témoigne:  «Si on avait dû sacrifier quelques jours de vacances, j’aurais compris, mais là, ce sont des semaines qu’on nous a prises.» Mêmes problèmes au Mandarin Oriental et à l’Hôtel Mövenpick, une employée témoigne qu’elle a vu des « heures supplémentaires en négatif » sur sa fiche de paie. (Source: Tribune de Genève)

7h: La RTS partage les résultats d’un sondage publié aujourd’hui et réalisé par la société de conseil Deloitte : “En raison de la crise du coronavirus, près d’un cinquième des employés suisses estime qu’il est probable qu’ils perdent leur emploi et quasiment un quart des indépendants pensent qu’ils vont faire faillite […]. La situation au travail depuis la crise du coronavirus s’est détériorée pour 63% de tous les employés en Suisse […]. Plus de la moitié d’entre eux ont dû réduire leur temps de travail, 27% décompter des heures supplémentaires, un quart poser des congés par anticipation et 2% des employés ont même été licenciés.” Sans commentaires….(Source : RTS, Fil d’info)

Mercredi 6 mai

17h: La RTS réécrit déjà l’histoire. Dans La Matinale, un journaliste affirme qu’il n’y a pas eu de mutinerie dans les prisons suisses. « La maladie ne s’est pas propagée dans les prisons suisses, pas de mutineries non plus, mais une période de confinement difficile à vivre, suspension des visites oblige […] ». Faux, vendredi 3 et samedi 4 mars à la prison surpeuplée de Champ-Dollon à Genève, des détenus ont refusé de retourner en cellule après la promenade deux jours de suite (voir Suivi des 3, 4, 6, 8, 13.04 et le témoignage publié sur notre site). Par ailleurs, la journaliste introduit le sujet en disant : « «Et le coronavirus, toujours, qui pèse sur le moral des détenus. » A les écouter, ce n’est pas le coronavirus qui pèse sur leur moral mais l’enfermement, l’isolement, la peur d’être infecté et la maltraitance de cette institution répressive. C’est le mot « liberté » qu’ils criaient dans la campagne genevoise ces jours d’avril. Solidarité avec toutes les personnes incarcérées ! (Source : RTS La 1ère, La Matinale)

9h: La pauvreté ne tombe pas du ciel ni du Coronavirus : Interrogé sur la proposition d’un «hélicoptère monétaire », des bons de 500.- donnés par la BNS à chaque citoyen-nes suisses, le directeur de Caritas Vaud répond : « Ces aides-là ne toucheraient pas les personnes que nous aidons aujourd’hui puisque la plupart des gens que nous aidons n’existent pas sur une liste. » Il souligne ensuite l’un des mécanismes de la précarisation des sans-papiers en Suisse « qui fonctionnent et qui travaillent en dehors du système mais qui nous permettent, à nous, de travailler dans notre système. Ce ne sont pas des gens […] éloignés. Ils travaillent dans l’économie domestique, ils gardent nos enfants, ils nettoient nos ménages, etc. Ils soutiennent peut-être nos personnes âgées. Ces gens, certains d’entre nous sont leur patrons, si nous ne leur donnons pas l’enveloppe que nous avons l’habitude de leur donner, ils n’ont tout simplement pas de revenu. […] Si les patrons que nous sommes pour certains avaient payé ces gens, la fille [de personnes venues pour une distribution de nourriture] vue à Genève serait moins longue. » En réponse à la pauvreté organisée par le système néolibéral, un slogan approprié : « One solution! Revolution! » (Source : Forum, RTS La 1ère)

8h: De la première ligne au licenciement : Alors qu’il s’agit d’un secteur essentiel dans la crise du Covid-19, l’entreprise genevoise TN Technique du Nettoyage SA ne s’est pas gênée pour limoger plusieurs employés : « On n’a jamais arrêté de travailler, s’indigne [un des employés]. Même le samedi et le dimanche, il fallait y aller, effectuer des déménagements ou de la manutention, alors qu’on a un contrat de nettoyage. Et voilà qu’on nous licencie. On ne s’y attendait pas. » Dix jours après avoir appris leur licenciement, cinq employés ont eu vent que leur employeur avait déposé une demande de chômage technique, une aide publique dont l’objectif est, en cas de réduction d’activité, d’éviter les licenciements. Dans une action menée ce matin devant cette entreprise, le SIT dénonce également l’entreprise Pronet SA. Pourtant au bénéfice de la réduction de l’horaire de travail, celle-ci a obligé ses employé.e.s à poser des vacances au mois de mars. Le syndicat revendique une augmentation salariale ainsi que le payement par l’employeur des 20 % de salaire non perçus durant le chômage partiel car « la très grande majorité du personnel de nettoyage gagne moins de CHF 4’000.- par mois. Ainsi, le personnel mis au chômage technique n’arrive pas à subvenir à ses besoins les plus élémentaires » (Source : Tribune de Genève, SIT)

Mardi 5 mai

16h15: Des banderoles et une affiche, toutes à Genève.

16h: Au téléjournal, une caissière parle de son travail dans l’un des « deux géants » [de la grande distribution] durant la crise du Covid-19 : « On part au travail avec une crainte d’être contaminée parce que mes collègues qui sont dans les rayons sont directement exposés avec les questions des clients. Et nous, à la caisse, aussi, même si des mesures de protection ont été installées par la suite, le port de gants, le désinfectant, le plexiglas, vous avez toujours des gens qui viennent vers vous, que ce soit de côté ou en face, [pour] vous poser une question de très près. Cette peur existe toujours malheureusement. […] Les clients, ça va un peu mieux. Au début, je peux les comprendre aussi, c’était très difficile, très pénible. Parce que les gens allaient dans les magasins, ils ne trouvaient pas soit 1kg de sucre, de riz ou de farine, donc ils se sentaient un petit peu frustrés, un peu énervés parce qu’ils ne trouvaient pas cette marchandises. Et c‘est clair que c’était nous, à la fin, à la caisse qui devions accepter ces critiques ou un peu la colère de ces clients parce que justement ils ne trouvaient pas la marchandise. » Le personnel de vente, au front toujours les jours depuis le début de la crise, attend encore une prime réclamée par l’USS, nous apprend le journaliste. Quid d’une augmentation salariale ? (Source : 19:30, RTS 1)

10h: Action du syndicat étudiant CUAE vendredi dernier à Genève avec une banderole sur Uni Dufour « Examens maintenus, à quels prix? ». Les affiches placardées reprennent des témoignages d’étudiant-e-s en galère avec la pandémie et pointent du doigt le fait que la précarité joue à plein dans la réussite ou l’échec aux examens. “J’ai trois enfants de 1, 3 et 6 ans. Avec la fermeture des crèches, je les garde à la maison. Impossible de suivre les cours et on me demande de passer les examens, alors que je ne peux me permettre un semestre de plus”, “j’ai été appelé à la PCi jusqu’à la fin mai. Je travaille les nuits dans un EMS. Dois-je choisir entre dormir ou réviser pour mes examens?”. Par ailleurs un réseau intercantonal a été formé avec des syndicats et associations d’étudiant-e-s de Lausanne et Neuchâtel avec un site web dédié action-education(point)ch. (source: Page FB CUAE, Silure)

Lundi 4 mai

19h: Retour sur le 1er mai à Bâle, seule ville suisse où il y a eu un cortège. Le communiqué posté sur Barrikade dit que 800 à 1000 personnes ont repris les rues et manifesté par petits groupes. Des contrôles ont eu lieu à la fin. Extrait : “Depuis le début de la crise du Corona, des tentatives ont été faites pour répercuter les coûts de la crise sur les conditions de vie. Nous devons maintenant lutter contre cela de manière décisive.” AufBau a également accroché des banderoles devant plusieurs hôpitaux à Bâle comme à Zurich et Winterthur en solidarité avec le personnel de la santé. “Avant la crise, le discours du côté politique était clair : les soins de santé sont trop chers. Il faut économiser, économiser, économiser […]. Et dès que le Corona est arrivé, la première mesure prise d’en haut a été d’abroger le droit du travail. En parallèle, le travail d’infirmier, souvent dévalorisé et mal payé, [… ] a reçu l’appréciation que ce travail mérite. Mais les mots, les applaudissements et le chocolat ne suffisent pas. Si nous voulons vraiment offrir des soins de qualité, si nous voulons mettre la vie des gens au centre de nos préoccupations, le système de santé doit être radicalement modifié. [… ] Nous devons nous battre ensemble : pour un service de santé publique de qualité et gratuit, dans lequel il n’y a pas de place pour une médecine à deux vitesses ni pour les intérêts du capital.» Cette manif du 1er mai a provoqué une réaction courroucée dans le journal bourgeois Basler Zeitung qui a déclaré qu’on ne pouvait pas être contre le capitalisme car c’est lui qui produit les masques (!) (Source: Barrikade, Twitter @mai_basel, Page FB Revolutionärer Aufbau Basel, Basler Zeitung, non traduit)

16h30: Plusieurs centaines de mètres de queue, trois heures d’attente, 1’300 colis alimentaires d’une valeur de 20 francs. A Genève, plus de 2’500 personnes se sont déplacées samedi dernier à la Caserne des Vernets nous rapporte Le Courrier dans un article intitulé « Le nouveau visage de la pauvreté ». La Caravane de solidarité est à nouveau à l’initiative de cette distribution [cf Suivi 20 avril]. Le directeur du Centre social protestant déclare « On ne peut pas parler de cette situation sans évoquer Papyrus (l’opération genevoise de régularisation des personnes sans-papiers, ndlr). On en a régularisé plus de 2000, leur nombre total est estimé à environ 10 000. On a donc 8000 personnes qui théoriquement n’ont droit à aucune aide et qui ont subi de plein fouet le ralentissement économique. » L’édito du Courrier critique l’inaction du gouvernement cantonal : « Ces personnes n’ont guère ému les autorités fédérales: elles ne sont pas concernées par les milliards prévus pour la relance économique, au prétexte que l’aide au secteur domestique est trop compliquée à mettre sur pied. Et au bout du lac, alors que le département du développement économique a lâché 100 ‘000 francs pour assister les restaurateurs désireux de faire livrer leurs repas à domicile, ce sont des initiatives privées qui pallient l’absence de soutien nutritionnel étatique aux plus fragiles. En ce moment, le silence du Département de la cohésion sociale de Thierry Apothéloz est assourdissant. […] Une main-d’œuvre dont personne ne veut voir le visage, et dont les autorités n’ont que faire du ventre qui crie. ». Dans le Temps une femme de ménage d’origine philippine témoigne «Nous parlons mieux l’anglais que le français. Pour cette raison, nous sommes les femmes de ménage, les nounous ou les domestiques des expatriés. Une de mes amies a perdu son emploi et du même coup son domicile.» (Source : Le Courrier, Le Temps)

16h15: Banderole aux fenêtres à Genève. “Le virus mortel c’est le capitalisme”. (source: Silure)

16h: reprise du Suivi après une petite pause. Retour sur le 1er mai genevois avec la fresque commune des Jeunes révolutionnaires, de l’Action antifasciste et du Secours Rouge sur la façade de l’Usine. “Seul le peuple sauve le peuple”. Extraits des communiqués: “Le patronat suisse et mondial annonce déjà des baisses de salaires, des extensions du temps de travail ou encore des réductions des assurances sociales. […] Pour ce premier mai 2020 nous voulons crier haut et fort notre refus de ce système qui privatise les bénéfices et socialise les pertes mais aussi montrer notre esprit combatif et notre solidarité internationale.” (source: Page FB Action antifasciste Genève, Page FB Secours Rouge Genève et Page FB JRG – Jeunes Révolutionnaires Genève, Page FB Feu au lac)

Vendredi 1er mai

13h: Collage ce matin à Genève dans la cour du Silure. “Multinationales, banques et patronat, covidons les coffres ! #NousNePaieronsPasVotreCrise”. À Genève, un 1er mai 2020 pluvieux et sans cortège. La période actuelle est critique; depuis le 16 mars et le début du semi-confinement, le Silure a modestement tenté d’apporter sa pierre aux discussions avec la publication de témoignages, de textes et d’un suivi en continu sur son site. Il va falloir garder son sang-froid mais aussi donner de la voix dans les mois à venir ! Le capitalisme ne peut régler les pandémies qu’à sa façon, les rapports de force restent nécessaires pour imposer d’autres choix en matière sociale et économique. À bientôt dans les rues, bon 1er mai à tout le monde ! (source: Silure)