Coronavirus et rĂ©sistances – suivi en continu : 30 mars  – 14 avril 2020

Coronavirus et rĂ©sistances – suivi en continu : 30 mars – 14 avril 2020

Première partie du suivi des rĂ©sistances en pĂ©riode de pandĂ©mie. I a pour but de recenser toutes les informations relatives aux luttes sociales en pĂ©riode d’Ă©tat d’urgence sanitaire car celles-ci se perdent dans les Ă©normes flux d’informations qui sont actuellement disponibles sur le web..

Mardi 14 avril

15h15: Dans Le Nouvelliste, l’ancien conseiller fĂ©dĂ©ral radical Pascal Couchepin prend la pose du vieux sage pourvoyeur de conseils. Il faut « faire vie qui dure », c’est-Ă -dire « agir de telle sorte que la vie soit encore possible sur la durĂ©e », c’est ma maman qui l’a dit, elle a connu la guerre et blablabla. Cette soif de durabilitĂ© n’était pourtant pas ce qui caractĂ©risait M. Couchepin lorsqu’il dirigeait le DĂ©partement de l’économie. Il Ă©tait alors plutĂ´t l’avocat du libre-Ă©change Ă  tout crin. Comme Bill Clinton ou Pascal Lamy, Couchepin fait partie de cette gĂ©nĂ©ration de politiciens qui a cimentĂ© le cadre de la mondialisation nĂ©olibĂ©rale. Participant au sommet de Seattle en 1999, il n’avait pas de mots assez durs contre l’audace des manifestants qui avaient bloquĂ© la tenue de la confĂ©rence. Aujourd’hui, pas une once d’autocritique chez ce personnage. Sous sa bonhommie valaisanne, Couchepin reste l’idĂ©ologue qu’il a toujours Ă©tĂ©. (source: Canal Telegram DĂ©tachĂ© de presse, Le Nouvelliste)

15h: La rappeuse lausannoise La Gale Ă©tait interviewĂ©e dans le 24 heures de samedi dernier. Quand on lui demande comment se passe l’arrĂŞt des concerts et de son activitĂ© professionnelle annexe (elle travaille dans un théâtre), elle rĂ©pond « oui, je vais perdre de l’argent. Mais je pense Ă  toutes celles et ceux qui sont sur la ligne de front. Tous les ouvriers sur les chantiers, qui ne devraient pas y ĂŞtre et qu’on envoie quand mĂŞme au cassepipe […] On est en train d’assister au point culminant de l’écrasement du faible par le fort. Les patrons sont dĂ©jĂ  reclus dans leurs chalets, les autres dans leurs salons, alors que les employĂ©s et les ouvriers sont exposĂ©s quotidiennement au risque. » (source: 24 heures)

14h: Sur la RTS, interview de la directrice du Centre d’études environnementales de l’IHEID à Genève. « Dès que l’économie repart, la pollution repart avec elle. » Le journaliste lui demande si « on va oublier la transition énergétique ». « Alors c’est le danger de toutes ces crises économiques, que les objectifs environnementaux peuvent être la victime des récessions économiques. A très court terme, effectivement il y a le lobby des entreprises qui peuvent dire : « on est déjà sous le coup d’une récession économique, est-ce qu’on pourrait suspendre certaines régulations environnementales qui sont coûteuses pour les entreprises. » (…) A moyen terme, il y a aussi simplement qu’après les plans de relance massifs qui sont entrepris en ce moment, d’ici 2-3 ans, les budgets des gouvernements seront bien à la baisse et donc il n’y a peut-être plus assez d’investissements publics pour les subventions environnementales. Donc il y aura un changement de priorités aussi qui peut être dommageable aux politiques environnementales. » Quoi qu’en disent les Verts et les différents surfeurs de la vague verte, il n’y aura pas d’écologie qui ne soit pas anticapitaliste. (source: La Matinale, RTS La 1ère)

13h: Chronique d’une pĂ©nurie annoncĂ©e : La TdG et les autres journaux Tamedia du jour donnent des Ă©lĂ©ments supplĂ©mentaires sur le manque de masques en Suisse le mois dernier. En 2017, l’Office fĂ©dĂ©ral de l’approvisionnement Ă©conomique (OFAE) renonce Ă  donner des consignes aux hĂ´pitaux et aux cantons en matière de stockage, chacun fait comme il veut car « les acteurs de la santĂ© craignaient les coĂ»ts Ă©levĂ©s du stockage. » Et de poursuivre  « Il Ă©tait clair qu’une ordonnance fĂ©dĂ©rale stricte sur le stockage obligatoire n’aurait pas Ă©tĂ© acceptĂ©e.» La logique capitaliste : stocker en fonction des Ă©conomies dĂ©sirĂ©es (qui profitent Ă  certains) et non en fonction des besoins estimĂ©s (qui auraient profitĂ© au commun, Ă  nous tou.te.s). Rappelons l’impact qu’a eu cette pĂ©nurie au dĂ©but de cette crise sanitaire : des professionnelles de santĂ© travaillant sans masque (EMS, soins Ă  domicile) ou devant rĂ©utiliser un masque Ă  usage unique, les autoritĂ©s sanitaires communiquant que le port de masque dans la population n’est pas nĂ©cessaire avant de revenir en arrière, un gouvernement qui n’en distribue pas (faute d’en avoir) et enfin des employeurs autorisĂ©s Ă  forcer leurs employĂ©.e.s Ă  travailler sans protection. (source: Tribune de Genève)

12h: Mini-manif Ă  deux Ă  Berne. « Schliesst die Läger, öffnet die Hotels » [Fermez les camps [d’asile], ouvrez les hĂ´tels] (source: Page FB Bleiberecht Bern).

Lundi 13 avril

17h: Dans la WOZ du 9 avril, un article de la journaliste Anna Jikhareva sur les conditions de vie dans le bunker d’Urdorf (ZH) oĂą sont entassĂ©s une quarantaine de requĂ©rants d’asile dĂ©boutĂ©s. Des vidĂ©os de l’intĂ©rieur ont Ă©tĂ© transmises Ă  la WOZ, la promiscuitĂ© est forte et les distances de sĂ©curitĂ© sont impossibles Ă  respecter. Un habitant du bunker tĂ©moigne « nous vivons ici comme des prisonniers, personne ne s’intĂ©resse Ă  notre situation catastrophique ». Dans le foyer pour familles d’immigrĂ©s d’Adliswil (ZH), on se plaint d’être traitĂ© avec condescendance. Le conseiller d’Etat Mario Fehr (PS) est venu sur place dans une opĂ©ration de communication mais n’a pas souhaitĂ© entendre les habitants du foyer. Notons qu’Ă  Genève, les bunkers ne sont plus utilisĂ©s pour loger les requĂ©rants d’asile après une importante mobilisation en 2015 et l’occupation du théâtre du GrĂĽtli. (Source: WOZ, non traduit)

16h: Sur Renversé, un article de revendication d’un lancement de feux d’artifices samedi dernier près de la prison de Champ-Dollon. « Ce samedi 11 avril 2020, а travers des feux d’artifices, nous avons essayé de montrer notre solidarité envers ces oublié.e.s. Alors que nous hurlions « Liberté ! », les cris et tambourinages venant des cellules ont montré que notre message avait été reçu. […] Jusqu’au jour où les murs tomberont, nous saluons le courage de celles et ceux qui osent exister à travers leur voix. Nous ne vous oublions pas !» (source: Renversé)

9h45: Banderole sur un immeuble en construction Ă  Zurich samedi dernier. « Wer heute profitiert wird morgen enteignet » [« Qui profite aujourd’hui sera expropriĂ© demain »] (source: Aufbau, Page FB Revolutionäre Jugend ZĂĽrich – RJZ)

9h30: Quelques extraits de la revue de presse alémanique Antira(point)org du 6 avril dernier.

– Dans les camps fĂ©dĂ©raux gĂ©rĂ©s par l’entreprise privĂ©e ORS AG près de Zurich, ce sont des particuliers qui sont intervenus pour leur donner du savon et du dĂ©sinfectant, ce qui a causĂ© des frictions avec l’entreprise.
– DĂ©cryptage des dĂ©clarations de la conseillère Karin Keller-Sutter (PLR) dans les mĂ©dias: dire comme elle le fait que les procĂ©dures d’asile peuvent continuer comme d’habitude est le signe d’un profond cynisme.
– Dans Der Bund (journal bernois), il est rappelĂ© que les Ă©trangers dĂ©tenteurs d’un permis de sĂ©jour peuvent le perdre s’ils touchent des aides sociales, une disposition très dangereuse en temps de pandĂ©mie oĂą les recours Ă  l’aide sociale augmentent! Ă€ Berne c’est l’UDC qui gère l’asile, un dĂ©putĂ© de ce parti refuse tout relâchement lĂ©gal.

(source: Antira(point)org, Barrikade)

8h: Banderole sur l’Espace autogĂ©rĂ© de Lausanne. « Grève des loyers. SolidaritĂ© avec les personnes prĂ©carisĂ©es par les mesures contre le Covid-19 » (source: Page FB Feu au lac)

Dimanche 12 avril

9h30: 4 maisons ont Ă©tĂ© occupĂ©es le 9 avril Ă  Zurich dans le cadre d’une campagne « FĂĽr alle. Eine Zuhause » (Un chez-soi pour tout le monde). Un joli site web a Ă©tĂ© créé pour l’occasion, avec une vidĂ©o tutoriel sur comment ouvrir des maisons en pĂ©riode de pandĂ©mie. « La demande d’une grève des loyers ne nous suffit pas. Occupons donc les logements vides ! Ouvrons-les Ă  tous ceux pour qui il n’est pas possible de rester Ă  la maison. ». (source: Wir bleiben alle, Barrikade, Page FB Revolutionäre Jugend ZĂĽrich – RJZ, Aufbau, Page FB Ajour Magazin, non traduit)

9h: Sur le site de la BauernZeitung, le principal journal agricole suisse, on peut lire l’interview du directeur de Proviande au sujet du contingent de 1’400 tonnes que cet organisme a demandé à l’Office fédéral de l’agriculture en date du 6 mars, soit dix jours avant la fermeture des restaurants. La conséquence de la libération de ce contingent d’importation est que le Conseil fédéral a décidé de dépenser 3 Mios pour congeler du bœuf produit en Suisse, tandis qu’on trouve dans les feuilles publicitaires – dont la distribution n’a pas été suspendue – du bœuf de provenance variée (Uruguay, Paraguay, etc.) On ne savait pas, se défend le directeur de Proviande. Drôle de défense ! Le 28 février, l’OMS portait la menace mondiale à très élevée. Le lendemain, les rassemblements de plus de 1000 personnes étaient interdits. Du 4 au 6 mars, le nombre de malades testés positifs en Suisse était multiplié par un facteur trois. Ce court entretien illustre deux aspects importants de la situation présente. D’abord, la difficulté des managers à envisager un arrêt du cours des choses économiques. La Suisse est autonome à 80 % en viande de bœuf (fourrage non compris). Les signes de propagation de la maladie auraient donc pu déterminer une politique d’importation prudente sans risquer une seule seconde une pénurie sérieuse. Ensuite, le caractère central de la restauration hors domicile dans le système agro-alimentaire et plus largement dans le système économique. L’arrêt des activités de Mc Donald’s – mentionné dans l’article – mais aussi de la restauration collective (Eldora, Novae, etc.) a conduit, d’un jour à l’autre, à une crise de surproduction qui coûte 3 Mios à la Confédération. Dans le domaine de l’alimentation comme dans celui de la santé, l’incurie des managers associée à des systèmes ultra-centralisés est désastreuse pour l’ensemble de la société. (source: Canal Telegram Détaché de presse, Bauernzeitung)

 

Samedi 11 avril

10h50: PromiscuitĂ© imposĂ©e par l’Etat: Dans un foyer pour requĂ©rant.e.s d’asile du canton de Vaud qui regroupe quelques 125 personnes, un habitant nommĂ© Alex tĂ©moigne pour le nouveau projet multimĂ©dia entre l’association Vivre Ensemble et Exilia Films. Dans un entretien mis en ligne mardi, il observe que certaines personnes du foyer sont malades, crachent et toussent. Lorsqu’il interpelle un employĂ© pour savoir s’ils vĂ©rifient si ce n’est pas le coronavirus, ce dernier rĂ©pond qu’il n’y a pas de tests. Il commente : « Ils pourraient faire 5-10 tests, juste pour les personnes qui toussent. C’est pas très cher. C’est plus cher si une personne en infecte d’autres qui ensuite vont Ă  l’hĂ´pital, ça sera plus cher. J’ai de l’anxiĂ©tĂ©. J’ai peur. Je ne contrĂ´le pas cette situation. […] Notre situation est dangereuse. On est beaucoup de personnes. Il n’y a pas la possibilitĂ© de maintenir une distance, ni de nettoyer la cuisine après le passage de chaque personne […] Quand tu habites avec 20 Ă  40 personnes par Ă©tage, il n’y a pas de place pour une distance d’un mètre. C’est impossible de contrĂ´ler cette situation. Ce foyer est dangereux. Toutes les personnes qui habitent en appartement peuvent rester dans leur appartement. Nous ne pouvons pas. C’est dangereux ! Ce moment est dangereux. » En rĂ©ponse Ă  ses dolĂ©ances, on lui rĂ©pond : « La Suisse fait tout pour vous. » (Source : Asile.ch; Chaine Youtube Voix d’asile)

10h30: Un article sur le site de la Tribune de Genève nous relate que la fondation du banquier Edmond Safra, propriétaire d’immeubles des rues basses, refuse d’accorder une baisse de loyer aux enseignes de luxe appartenant notamment au groupe LVMH. Le groupe en question est dirigé par Bernard Arnault, homme classé le plus riche du monde en début d’année. Face aux doléances de l’hyper-bourgeoisie, cette dernière n’obtient en réponse qu’un bâillement aristocratique de l’avocat Marc Bonnant, membre du Conseil de la Fondation Safra. Ces querelles de possédants seraient amusantes si elles ne nous rappelaient que rien n’a été fait pour soulager les locataires de leurs loyers. Alors que même l’Asloca semble plus se soucier du sort des locataires commerciaux, des appels commencent à circuler pour obtenir le gel des loyers en Suisse. (source: Canal Telegram Détaché de presse, Tribune de Genève)

9h: Danger au travail : Dans un établissement de santé psychique du canton de Fribourg où le personnel n’a l’autorisation de porter un masque que pour faire des soins corporels, une éducatrice sociale raconte de manière anonyme au téléjournal : « Les psychiatres sont en télétravail et les hôpitaux psychiatriques sont débordés. C’est à nous de tout gérer. Je me sens en colère. On est seuls, c’est une grosse pression ! On a besoin que notre direction nous protège pour qu’on puisse mieux protéger les résidents. » Et un syndicaliste vaudois de souligner : « Ce n’est pas les applaudissements qui nourrissent l’hôpital public, c’est des investissements massifs qu’il faudrait faire ! Et je crois que le manque de masques et de protections est simplement un symbole extrêmement violent de ça, parce que les gens sont en danger pour faire leur métier. » Un dépistage généralisé du Covid-19 dans tous les établissements de santé est à nouveau demandé par les syndicats. (Source : 19h30, RTS 1)

 

Vendredi 10 avril

17h: La RTS consacre des reportages au « monde d’après », avec un constat : « le coronavirus exacerbe les inégalités sociales » et une question: « que retenir de la crise pour améliorer les conditions de vie des oubliés de la société ? » Dommage d’avoir raté l’occasion de changer de discours car ces personnes ne font que rarement l’objet d’un « oubli ». Elles font plutôt l’objet d’exclusion, encaissant violemment les conséquences connues des choix pris par les politiques. Pour « identifier ce que la crise pourrait changer dans nos sociétés », pourquoi ne pas identifier et donner du temps d’antenne aux réels ressorts sociaux de la vie de ces dits « oubliés » et aux pistes visant des systèmes alternatifs ? (Source: 19h30, RTS 1)

9h: Dans la TdG, Lise Bailat nous prend pour des ânes : « c’est la stratĂ©gie de la carotte et du bâton qu’a maniĂ©e le Conseil FĂ©dĂ©ral » Ă©crit-elle, dans un article qui rĂ©sume la confĂ©rence de presse de mercredi. En ces moments de communion nationale, les journalistes semblent encore plus dociles qu’à l’habitude. Aucun ne relève que l’élargissement du dispositif de RHT Ă  certains travailleurs sur appel (minimum 20 % d’activitĂ©, engagĂ© depuis 6 mois) intervient bien tard et aurait pu ĂŞtre annoncĂ© en mĂŞme temps que l’élargissement pour les temporaires. Le Temps rappelle la charge de l’UDC pour une reprise au 19 avril et souligne les besoins des indĂ©pendants. Il est dĂ©jĂ  bien loin le temps oĂą ce journal Ă©voquait les femmes et les bas salaires au front. Hier soir, Alain Berset et Daniel Koch rĂ©pondaient en direct aux questions des auditeurs de la Première. Brièvement suspendue, la vie idĂ©ologique reprend, avec son lot de mĂ©dias aux ordres. (Canal TĂ©lĂ©gram DĂ©tachĂ© de presse, Tribune de Genève, Le Temps, RTS)

8h45: La secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale de l’Association suisse de nĂ©goce de matières premières et du transport maritime (STSA) – cette activitĂ© Ă©conomique correspond Ă  environ 3,8 % du PIB et regroupe quelques 35 000 professionnel.le.s en Suisse – partage sa perspective dans un entretien pour Swissinfo. La lobbyiste genevoise, ancienne collaboratrice de la police fĂ©dĂ©rale Ă  Berne, nous apprend que « les sociĂ©tĂ©s suisses de commerce de matières premières travaillent en Ă©troite collaboration avec les torrĂ©facteurs et les chocolatiers pour assurer l’approvisionnement en biens de consommation essentiels pour la Suisse, conformĂ©ment aux politiques du gouvernement suisse visant Ă  garantir le maintien des rĂ©serves fĂ©dĂ©rales de cafĂ© et de cacao. (…) Les commerçants sont parfois dĂ©peints comme de mauvaises personnes gagnant beaucoup d’argent sur le dos des autres. En rĂ©alitĂ©, aujourd’hui, ils travaillent dur pour que tout le monde puisse continuer Ă  vivre aussi normalement que possible. Et continuer Ă  boire du cafĂ© et Ă  manger de l’ananas ou du kiwi tous les matins. » VoilĂ  l’essentiel est donc là… (source: Canal Telegram DĂ©tachĂ© de presse, Swissinfo)

Jeudi 9 avril

19h30: Lundi dernier, le journal 24 heures a publiĂ© un article sous le titre « Sangar Ahmad dĂ©sinfecte les hĂ´pitaux d’un pays qui ne veut pas de lui ». Le susnommĂ© est un Kurde d’Irak domiciliĂ© Ă  Vevey qui travaille dans le nettoyage. « En première ligne face au Covid-19, il aseptise deux jours et demi par semaine les poignĂ©es de portes, les chaises, les sols, les murs ou encore les tables d’auscultation touchĂ©es par des malades:  » Il a reçu du SecrĂ©tariat d’Etat aux migrations (SEM) une dĂ©cision de renvoi pour le 13 avril prochain. L’Ă©dition d’aujourd’hui nous apprend qu’une mobilisation a Ă©tĂ© lancĂ©e pour sa rĂ©gularisation via la plateforme change(point)org. SolidaritĂ© ! (source: 24 heures)

19h15: Dans le 19:30 de mardi dernier, zoom sur les femmes de mĂ©nage et les employĂ©es de maison. Celles qui continuent de travailler ont la boule au ventre, d’autres sont congĂ©diĂ©es et ne reçoivent pas leur salaire, et elles n’ont pas le droit aux aides car il s’agit souvent du travail au noir. (source: 19h30, RTS 1)

19h: Article sur la situation du personnel soignant aux HUG et dans les EMS dans la Tribune de Genève. « Le syndicaliste évoque un personnel mis sous pression pour renoncer à ses vacances ou au contraire en prendre lorsqu’il s’agit de personnes à risques, ou alors de personnes malades pressées d’écourter leur quarantaine pour reprendre le travail. Même chose aux HUG, « on peut prier le personnel à la dernière minute de rester à la maison, exiger qu’il récupère ses heures supplémentaires, tout en restant disponible si besoin. «C’est presque du travail sur appel, blâme le syndicaliste. Sous prétexte de solidarité, les HUG bafouent les droits des travailleurs. » Autre problème aux HUG, « les nettoyeurs se sont vu initialement interdire le port du masque » (maintenant ça aurait changé). Le syndicat propose que l’ensemble du personnel et des résidents d’EMS soient testés, «pour savoir où on en est». (source: Tribune de Genève)

18h30: A Genève, les syndicats Unia et SIT ont organisĂ© une confĂ©rence de presse contre l’autorisation de rĂ©ouverture pour le chantier de la pizzeria Molino Ă  la place du Molard. Un ouvrier tĂ©moigne: « On porte de lourdes charges Ă  deux, on se croise sans cesse, respecter la distance est impossible […] Mes enfants ne vont plus Ă  l’école, mais je dois travailler! C’est contradictoire ». L’un des syndicalistes dĂ©clare: « L’État n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  mobiliser 400 personnes avec des drones, le week-end dernier, pour sanctionner des rassemblements de plus de cinq personnes. Ă€ juste titre. Or il ne semble pas aussi dĂ©terminĂ© Ă  contrĂ´ler les règles d’hygiène sur les lieux de travail. Belle hypocrisie ». (source: Courrier, Tribune de Genève, )

11h15: Concernant la position du Conseil fĂ©dĂ©ral sur les personnes Ă  risque qui sont contraintes d’aller travailler, le prĂ©sident de l’USS au micro de la RTS dĂ©clare : « ça fait bientĂ´t trois semaines maintenant que le Conseil fĂ©dĂ©ral dit aux personnes Ă  risques « N’allez pas faire vos courses, ne voyez pas vos petits-enfants, mais vous pouvez travaillez », pourvu que l’employeur prenne quelques mesures, qui sont d’ailleurs pas contrĂ´lĂ©es. Cette contradiction-lĂ , elle demeure et elle est de plus en plus insupportable. » Après des annĂ©es de partenariat social intĂ©gral, l’USS est tellement mise de cĂ´tĂ© dans les discussions qu’en lisant les compte-rendus de la sĂ©ance du CF d’hier, il n’y a rien qui mentionne la question des personnes Ă  risque. (Source : RTS La 1ère, La Matinale)

11h: Tag à Lausanne « Grève des loyers » ! (source: Page Facebook Feu au lac)

Mercredi 8 avril

13h50: Saga des masques. On aurait pu naïvement penser que les autorités politiques se basent sur les connaissances en leur possession et non sur les capacités de les mettre en œuvre. Il n’en est rien. Le Courrier analyse le changement de discours des autorités politiques et sanitaires, qui après avoir tenu le propos inverse, admettent à présent que le porte de masque n’est in fine pas inutile. Le médecin-chef des soins intensifs des HUG le disait déjà à demi-mots lorsqu’il disait à l’antenne de la RTS que même un foulard vaut mieux que rien. Pourquoi ce changement de discours ? Parce qu’à présent, le stock de masques disponibles le leur permet. En effet, un avion parti de Shanghaï en a déposé quelques 2,5 millions à Genève. « Désormais, les autorités affirment que le masque ne suffit pas. Tout est dans la nuance. » ironise le journaliste. Mais l’affaire ne s’arrête pas là. « Faire figurer le port de masque dans les recommandations de l’OFSP aurait, du fait de la pénurie, obligé un certain nombre d’entreprises et d’industries non essentielles à fermer. » explique le Courrier. Et de rappeler comment Coop et Migros ont tout simplement interdit le port de masque à leurs caissier.e.s. Du rapport de l’Office fédéral pour l’approvisionnement économique de 2019, les journalistes tirent deux chiffres concernant le stock stratégique : le pays disposait de 186 000 masques (de type FFP2 et FFP3) alors qu’il en aurait fallu 745 000 pour faire face à un nouvel agent pathogène pendant les trois premiers mois, un chiffre calculé plutôt à la baisse. Et le rapport de conclure : n’y changeons rien ! Ah les économies… La découverte de ce rapport choque, du Collectif Grève du Climat Suisse à une conseillère nationale verte qui affirme « On considère dans ce pays que la santé est une charge et on analyse donc les besoins presque uniquement en fonction de ce qu’ils pourraient coûter. (…) on ne se permettrait jamais autant de légèreté avec les équipements militaires. » (Source : Le Courrier)

12h40: Sur RenversĂ©, un article critique la couverture de la rĂ©volte du week-end dernier Ă  la prison de Champ-Dollon par la Tribune de Genève. L’administration pĂ©nitentiaire a encore une fois le monopole de la parole. « D’un point de vue journalistique il est scandaleux de reproduire tel quel les comuniquĂ©s de l’OCD sans faire un pas en arrière et se poser les bonnes questions, sans chercher Ă  vĂ©ritablement relater ce qu’il s’est passĂ©. » La journaliste se permet une « blague » de mauvais goĂ»t sur le fait que les prisonniers qui demandaient des cellules individuelles ont eu gain de cause en ayant Ă©tĂ© envoyĂ©s au mitard. « Comment peut-elle laisser entendre que le cachot serait Ă©quivalent Ă  la revendication vitale et digne qu’ont portĂ©e ces personnes dĂ©tenues ? Doit-on lui rappeler qu’on parle d’êtres humains enfermĂ©s 23/24h dans des cellules surpeuplĂ©es, dans des conditions de dĂ©tention dĂ©criĂ©es par de nombreuses associations et organisations internationales contre la torture et les droits humains. » (source: RenversĂ©)

12h30: Une dĂ©pĂŞche de l’ATS annonce qu’un centre de requĂ©rants d’asile est dĂ©sormais placĂ© en quarantaine Ă  Selzach (SO). Il semblerait qu’il s’agisse d’un foyer et pas d’un camp fĂ©dĂ©ral. « Quatre des 29 pensionnaires ont Ă©tĂ© testĂ©s positifs au coronavirus. Ils ont Ă©tĂ© isolĂ©s dans une partie sĂ©parĂ©e du bâtiment ». (source: Tribune de Genève)

10h30: Autopromo, le Silure continue sa rĂ©colte de tĂ©moignages sur le monde du travail ou la prĂ©caritĂ© sociale dans le contexte de la pandĂ©mie. Il publie un troisième rĂ©cit, celui d’une infirmière ayant cĂ´toyĂ© des mineurs non accompagnĂ©s (MNA) qui, bien qu’ils soient censĂ©s ĂŞtre pris en charge par l’État, sont bien souvent dĂ©laissĂ©s. Elle y souligne entre autres les difficultĂ©s pour accĂ©der tant Ă  la santĂ© qu’à la prĂ©vention et dĂ©nonce la faim que rencontre certains d’entre eux dans l’un des pays les plus riche du monde. Si la prĂ©caritĂ© cruelle que l’État impose Ă  ces jeunes ne date pas de la pandĂ©mie, celle-ci la rend plus visible et l’exacerbe comme pour tant d’autres laissĂ©s-pour-compte et ce par choix et non par oubli. (Source : Silure)

9h40: Plusieurs informations Ă  retrouver sur le site national du Syndicat des services publics (SSP-VPOD). D’abord, une interview du secrĂ©taire syndical en charge de l’AĂ©roport de Genève qui raconte comment il s’est fait retirer son badge d’accès pour qu’il ne puisse plus aller parler aux salariĂ©-e-s. « Cette crise est l’occasion pour le patronat d’attaquer de front de nombreux acquis, mĂŞme le minimum prĂ©vu par le Code des obligations. Certains employeurs nous rĂ©pondent simplement: « En ce moment, on n’est pas en mesure de respecter la loi » ! […] Les syndicats doivent se mobiliser dans tous les secteurs. » Dans le numĂ©ro de leur journal « Service public » du 3 avril, il y a aussi des tĂ©moignages d’infirmières dans les hĂ´pitaux de Lausanne, Fribourg et Genève. L’ordonnance du Conseil fĂ©dĂ©ral permettant de ne plus appliquer au personnel hospitalier les dispositions de la Loi sur le travail en matière de durĂ©e du travail est unanimement critiquĂ©e.
Enfin, un communiqué publié hier met en avant le fait que des personnes vulnérables dans le secteur des soins sont obligées de travailler par leur employeur à cause de la décision du CF du 20 mars dernier. « Carolina*, aide à domicile, personne vulnérable, n’a pas pu arrêter son travail pendant plusieurs jours, car son employeur exigeait un certificat médical du médecin traitant (médecin inatteignable). Elle a bien tenté de passer par le médecin du travail. Refus de l’employeur. Elle s’est ainsi exposée pendant plusieurs jours et a fini par être testée positive. En arrêt de travail aujourd’hui, terrorisée et contrainte au silence par crainte de représailles. »  Le SSP a lancé une plateforme « Je soigne Je témoigne » (source: SSP)

9h30: L’Union syndicale suisse (USS) parle d’un « dĂ©veloppement effroyable » du chĂ´mage en Suisse et se plaint que des branches qui n’ont eu aucune restrictions d’activitĂ© comme l’industrie, les transport et le secteur financier licencient en masse. AttachĂ©e Ă  la « dĂ©fense des places de travail », l’USS a Ă©tĂ© très accomodante avec le patronat depuis le dĂ©but de la crise. (source: USS, Le Temps)

Mardi 7 avril

19h: Le vidĂ©aste Alexandre Salama a fait un reportage embedded avec des syndicalistes d’Unia Vaud qui intervenaient dans un grand chantier du canton.  Les syndicalistes bloquent l’entrĂ©e avec leur vĂ©hicule de bon matin, la police est appelĂ©e par les cadres de l’entreprise HRS et rouvre le chantier. La stratĂ©gie des syndicalistes est de provoquer un contrĂ´le inopinĂ© pour faire constater le non-respect des normes de l’OFSP, ce qui pourrait aboutir Ă  une fermeture. Des ouvriers pointent l’hypocrisie de leur entreprise, « ils viennent de mettre le savon » alors qu’il n’y en avait pas les autres jours. Les contrĂ´leurs sont dĂ©bordĂ©s par les sollicitations: « On a 150 demandes […] on tape au hasard des urgences ». C’est le premier reportage vidĂ©o de ce type sur les chantiers en temps de pandĂ©mie, Ă  voir! (Source: ChaĂ®ne Youtube SALAMA, Page Facebook Unia Vaud)

11h: Le témoignage récolté par le Silure sur la personne en confinement dans sa voiture a été traduit en allemand sur Barrikade. Merci ! (source: Barrikade)

10h50: En Suisse alĂ©manique, lancement d’une ligne d’info en droit du travail en temps de pandĂ©mie, le « Corona Solifon ». Ils rĂ©pondent aussi en français. « On t’a licenciĂ© a cause du Corona? Tu travailles sur appel et tu ne reçois plus boulot? Tu ne sais pas oĂą tu peux demander les allocations pour perte de gain (APG)? […] Tu n’es pas tout·e seul·e. Apelle-nous et on essaiera de t’aider. » Le numĂ©ro est +41 76 620 95 74. (source: Coronasoli, FAU Bern)

10h40: Banderole au balcon à Genève dans le quartier de Saint-Jean. « Vidons les prisons. Interdisons les expulsions. Refusons le travail exploité. Unifions les luttes. Solidarité ! » (source: email).

10h30: Double peine. Alors que la Fédération européenne des associations nationales travaillant avec les personnes sans-abri préconise la protection de ces dernières contre les mesures punitives, la police de Renens (VD) inflige des amendes pour non-respect des distances sociales à des personnes vulnérables et bien souvent précarisées par l’État. Le Courrier nous apprend encore que le municipal PS en charge de la cohésion sociale défend une « régularisation collective (des personnes) qui n’ont pas de statut de séjour et vivent régulièrement en Suisse », considérant que « (l)a très grande majorité des personnes qui fréquentent les dispositifs n’ont pas besoin de lieux d’hébergement d’urgence mais de permis de séjour qui leur permettent de travailler et de vivre de manière autonome». (Source : Le Courrier)

10h10: Le directeur gĂ©nĂ©ral du CHUV, ancien mĂ©decin chef des soins intensifs, partage son avis sur les appels de politiciens et des milieux Ă©conomique Ă  relancer la machine : «(Ces pressions) sont trop prĂ©coces. Il faut d’abord s’occuper de la santĂ© de la population. (…) Si les mesures de dĂ©confinement viennent trop tĂ´t, nous risquons un deuxième pic qui lui va ĂŞtre extrĂŞmement grave avec de nombreux dĂ©cès notamment.  (…) Il est trop tĂ´t pour prendre des mesures de dĂ©confinement, il est clairement trop tĂ´t! » En plus de les applaudir tous les soirs, est-ce qu’on ne les Ă©couterait pas ? (Source : La Matinale, RTS La 1ère)

10h: La pression pour relancer la machine en Suisse va bon train. Les milieux Ă©conomiques et la droite dure (UDC et PLR) rĂ©clament que les entreprises et les commerces ouvrent Ă  nouveau au 19 avril. Concernant les employĂ©.e.s Ă  risque aujourd’hui obligĂ©.e.s d’aller travailler si l’employeur considère que les mesures de sĂ©curitĂ© qu’il a mises en place sont satisfaisantes, un journaliste de la RTS rappelle que la pression ne s’exerce pas uniquement dans le milieu hospitalier : « la pression est partout dans l’industrie, les chantiers, les les bureaux, les commerces d’alimentation. Un mĂ©decin nous a, par exemple, confiĂ© avoir certifiĂ© qu’une patiente prĂ©sentait de hauts risques en raison d’un diabète, mais cette caissière de supermarchĂ© a Ă©tĂ© contrainte de retourner au travail car son employeur a dĂ©crĂ©tĂ© que la sĂ©curitĂ© sanitaire est assurĂ© dans le magasin oĂą elle travail. « C’est l’ordonnance du Conseil fĂ©dĂ©ral qui le permet et c’est choquant », commente le mĂ©decin qui veut rester anonyme. » Nos mort.e.s, leurs profits ! L’obligation de travailler des personnes Ă  risque doit faire l’objet d’une communication du Conseil fĂ©dĂ©ral demain (mercredi), vont-ils confirmer leur dĂ©cision du 20 mars ? (Source : RTS)

Lundi 6 avril

19h15: Traduction par la page FB Feu au lac d’un texte du Anarchistische Gruppe Bern intitulĂ© « Et soudain, tout le monde est solidaire les uns des autres ». Ces camarades bernois soulignent concernant les rĂ©ponses Ă  tout va Ă  l’appel Ă  la solidaritĂ© du gouvernement suisse : « il est clair qu’il n’y a pas de resserrement des rangs avec le sommet. Il est particulièrement important maintenant, outre l’organisation pratique de l’aide directe, de s’opposer Ă  ceux qui sont responsables de l’oppression et de l’exploitation avant, pendant et après la crise. Nous ne voyons pas notre rĂ´le dans l’apport d’un soutien caritatif pour faire traverser la crise Ă  l’État. » Et de poser la question  : « Quel intĂ©rĂŞt les partis de gauche Ă  droite, par exemple, ou les entreprises ont-ils Ă  rejoindre une organisation d’aide de voisinage ou d’autres initiatives ? Migros, par exemple, utilise directement l’idĂ©e de l’aide de voisinage. Elle offre sa propre aide et, selon ses propres dĂ©clarations, dispose de milliers de bĂ©nĂ©voles qui distribuent les produits achetĂ©s aux mĂ©nages. Les partis peuvent montrer leur soi-disant cĂ´tĂ© social Ă  un moment oĂą toute la sociĂ©tĂ© est dans le besoin. Ils contribuent ainsi Ă  pacifier et Ă  canaliser un tel mouvement vers le parlementarisme. » Enfin concernant l’aide de voisinage et autres actions similaires qui Ă©mergent, tout en Ă©mettant deux critique Ă  savoir une portĂ©e « plutĂ´t symbolique au lieu d’une aide efficace ou la non-inclusion des sans-abri ou des demandeurs d’asile dans les camps », ils y reconnaissent une première approche de l’auto-organisation et espèrent qu’elles perdureront après la crise. Et de conclure par l’importance tant d’y participer, que de s’opposer Ă  toutes tentatives de rĂ©cupĂ©ration. (Source : Page Facebook Feu au lac, site web Anarchistische Gruppe Bern)

18h15: Grande fresque sur le toit de la Reitschule de Berne « Gesundheit über Profit. Krieg dem Virus = Krieg dem System » [La santé avant le profit. Guerre au virus = guerre au système]. Le communiqué dit que « le capitalisme et un bon système de santé ne vont pas ensemble. » Il y a une vidéo sur Youtube et les réseaux sociaux. (source: Page Facebook Feu au lac, site web RJG Bern: Revolutionäre Jugend Gruppe)

18h: InterrogĂ© dans la Tribune, un sociologue genevois rappelle que la mobilitĂ© s’accompagne aussi de son lot d’inĂ©galitĂ©s : « la mobilitĂ© est ambivalente. ValorisĂ©e si vous ĂŞtes un homme d’affaires volant en première classe, elle ne l’est plus s’agissant d’un migrant. Mais il est vrai que ceux qui continuent de se dĂ©placer aujourd’hui sont souvent des «petits»: le personnel des supermarchĂ©s, les Ă©boueurs, les soignants. Les cadres, eux, travaillent en ligne. Spatialement immobiles, ils continuent d’être mobiles socialement en vaquant Ă  toutes leurs activitĂ©s. » Autre point soulevĂ© :  » On est en plein paradoxe. D’une part, il y a ces informations terribles, ce confinement, des pans entiers de l’économie qui s’effondrent, comme Ă  l’aĂ©roport. Mais il en rĂ©sulte une amĂ©lioration saisissante de la qualitĂ© de vie et de l’environnement. C’est ambivalent, Ă©tonnant. En plein drame, on redĂ©couvre un monde urbain sans nuisance. »  Omettant de prĂ©ciser que la jouissance de ce dernier est elle aussi inĂ©gale, ce dernier termine sur une note optimiste : »Nos rythmes de vie Ă©taient jusqu’ici très soutenus: nous nous dĂ©plaçons vite, loin et souvent, mais cette espèce de danse de Saint-Guy relève en partie de la contrainte ou d’une croyance qu’on ne peut pas faire autrement, bien que cela soit pĂ©nible et fatigant et que cela prenne beaucoup de temps. Et quand tout cela nous est supprimĂ©, tout n’est pas nĂ©gatif. (…) (Le) rythme effrĂ©nĂ© de nos vies, (…) c’était une pression mal vĂ©cue depuis plusieurs annĂ©es: le fait de vivre autre chose devrait renforcer sa contestation ainsi que l’aspiration Ă  la proximitĂ©, Ă  des activitĂ©s moins frĂ©nĂ©tiques. »  (Source: Tribune de Genève)

17h45: Banderole à Genève « Corona et capital: contre les virus, solidarité » (source: Page Facebook Feu au lac)

13h15: Dans 24 heures, un article sur les foyers pour immigrés de l’Établissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM). Des employés et le syndicat SSP demandent des mesures spéciales en raison des problèmes posés par la promiscuité. « [L]’inquiétude s’insinue dans l’esprit des professionnels quant aux dégâts sociaux et psychologiques que peut avoir cette crise. «Les foyers regroupent des gens malades, des toxicomanes, des cas psychiatriques ou encore des familles, explique Letizia Pizzolato, du Syndicat des services publics (SSP). Certaines d’entre elles paniquent. C’est une bombe à retardement!» Douches, toilettes, cuisines, de nombreux espaces sont parfois partagés. «Cela rend le confinement encore plus difficile», souligne Letizia Pizzolato. Des mouvements de panique et de la violence ont déjà éclaté, rapportent différents employés. Notamment au grand centre d’Écublens, occupé actuellement par 160 personnes. […] «Il faut rappeler que ces foyers ne sont pas conçus pour être des lieux de vie mais des lieux d’hébergement précaire, de dissuasion et de coercition. Le confinement rend encore plus criante cette inadaptation structurelle.» » (source: 24 heures)

11h10: Dans Le Temps, chroniques de plusieurs avocats genevois qui tentent d’obtenir la libĂ©ration de leurs clients. Un homme d’affaires suspectĂ© de malversations financières peut sortir alors que dans le cas d’un « prĂ©venu au bĂ©nĂ©fice d’une formation d’infirmier », la Chambre pĂ©nale de recours refuse la libĂ©ration. Il avait « tentĂ© de convaincre qu’il serait plus utile en libertĂ©, lĂ  oĂą il pourrait apporter sa contribution au dispositif de soins ». Le procureur gĂ©nĂ©ral Olivier Jornot (PLR) ne veut pas de libĂ©rations. « Personne ne sort qui ne devrait pas sortir », dit-il cyniquement. D’autre part, « Genève se montre aussi strict sur les libĂ©rations conditionnelles. Pas question de brĂ»ler les Ă©tapes et d’anticiper les sorties pour allĂ©ger Champ-Dollon d’une partie des dĂ©tenus qui y exĂ©cutent leur sanction. Certains dossiers sont mĂŞme bloquĂ©s par la crise ». Seule bonne nouvelle, le sans-papier du centre de rĂ©tention de Frambois qui Ă©tait positif au Covid et qui avait Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© Ă  Champ-Dollon a pu quitter la prison. (source: Le Temps)

11h: Comme nous l’indiquions hier, la vingtaine de dĂ©tenus qui a participĂ© samedi dernier au second mouvement de protestation Ă  la prison de Champ-Dollon. sont au mitard. Aujourd’hui on apprend qu’ils sont en plus « privĂ©s de visites, de tĂ©lĂ©vision ou encore d’ateliers […] L’heure de promenade quotidienne doit se faire Ă  tour de rĂ´le et dans une cour isolĂ©e du reste des dĂ©tenus. » SolidaritĂ© ! Le 20 Minutes titre Ă  la une « Week-end de rĂ©volte derrière les barreaux » (source: Tribune de Genève, 20 minutes)

10h50: Hier soir, le mĂ©decin-chef des soins intensifs des HUG Ă©tait interrogĂ© sur l’empressement irresponsable de certains Ă  renvoyer les gens au travail en Suisse. A l’injonction « il est temps que l’Ă©conomie reparte », il rĂ©pond : « (…) on a encore une bonne part de cette Ă©pidĂ©mie qui est devant nous, et je pense que c’est simplement beaucoup, beaucoup trop tĂ´t de ramener les gens dans des espaces communs, Ă  travailler dans des open-space. Ça nous fait très peur en tous cas! » Écouterons-nous celles et ceux qui sont en première ligne et voient tous les jours des gens guĂ©rir mais aussi mourir ? Il ne suffit pas de les applaudir tous les soirs…. (Source: 19:30, RTS 1)

10h45: Divers collages à Genève et une fresque dans la cour du bâtiment de la coopérative Ressources urbaines au sentier des Saules, où est situé le Silure.

Dimanche 5 avril

15h30: Banderole hier devant les HUG et maraude pour les personnes vulnérables organisée par les Brigades de Solidarité Populaire de Genève. « Être solidaires envers ielles signifie aussi être prêts à lutter à leur côtés lorsque les coupes budgétaires menacent leurs santés et donc la nôtre ».

(source: Acta, Page Facebook Brigades de solidaritĂ© populaire, Page Facebook JRG – Jeunes RĂ©volutionnaires Genève)

15h: Aufbau a publié 4 nouveaux articles sur son site. Le premier raconte la répression à la frontière gréco-turque et est introduit par une réflexion sur le sens du mot « solidarité » lorsqu’il est utilisé dans la bouche du gouvernement suisse.
Un autre article parle du tĂ©lĂ©-travail et explique qu’on ne peut pas le considĂ©rer comme une amĂ©lioration car il contribue Ă  l’indissociation croissante entre le travail aliĂ©nĂ© et la vie privĂ©e. « Le fait que le travail salariĂ© soit entièrement dĂ©placĂ© vers le lieu de rĂ©sidence engendre de nombreux problèmes pour de nombreuses personnes […] Il semble que chaque travailleur salariĂ© du bureau Ă  domicile devienne un « Moi-entreprise », qui doit constamment s’efforcer de rationaliser son processus de travail ».
Le 3e texte parle de la fermeture de la frontière suisso-italienne le 13 mars dernier et du discours de la conseillère fĂ©dĂ©rale Karin Keller-Sutter (PLR) qui assurait que la Suisse n’accueillerait pas de patients italiens, que les demandeur.se.s d’asile ne pourraient pas entrer non plus et qu’ils n’avaient qu’à dĂ©poser leur demande en Italie. L’article souligne que les frontaliers italiens continuent de venir travailler en Suisse. Les frontières ne sont donc pas entièrement fermĂ©es, elles sont fermĂ©es pour les personnes qui fuient la misère, mais elles restent ouvertes pour l’exploitation.
Le dernier article parle de la poussée néolibérale dans le système hospitalier suisse, et pointe du doigt le rôle des consultants dans ces contre-réformes, par exemple à l’hôpital de Zurich. La résistible montée des logiques de profit dans la santé a généré de nombreuses résistances comme durant la grève aux urgences l’année dernière en France. (source: Aufbau)

10h40: Dans le magazine catholique L’Echo (!), un article sur la colère des nettoyeuses du Centre médical universitaire (CMU) de Genève, qui est un des bâtiments de l’université. « S’il y a un lieu où l’on peut s’attendre à ce que les recommandations de l’OFSP soient respectées à la lettre, c’est bien là » dit le journaliste, mais ce n’est pas le cas. Après les mesures annoncées par le Conseil fédéral le 13 mars, rien n’a changé pour elles la semaine suivante et l’entreprise sous-traitante ne leur a pas donné les protections adéquates. Les 48 nettoyeuses de l’entreprise de nettoyage sont obligées de se changer dans le même local. « « Nettoyer les toilettes et récurer a toujours été un job pénible et ingrat estime Sofia*, ça n’est pas nouveau. Ma santé et celle de mes collègues, le stress, les problèmes chroniques de dos et de nuque dus aux cadences de travail trop élevées n’ont jamais fait partie des préoccupations de nos chefs. Mais là, avec ce virus… C’est différent. Notre vie et celle de nos proches sont en jeu! Et pourtant, on continue de nous ignorer. […] Dans ce monde, c’est un peu comme sur les chantiers: il faut bosser dur et vite et tout le monde ne parle pas français ». Elles ont eu en partie gain de cause après avoir sollicité Unia. (Source: Echo, Page Facebook Unia Genève)

10h15: Parmi les articles de camarades parus cette semaine, signalons le papier de Klaus Knamm sur le site d’Ajour Magazin. C’est une critique au vitriol de la presse bourgeoise alĂ©manique et de l’une de ses figures tutĂ©laires, le conseiller national UDC Roger Köppel. Celui-ci a Ă©crit un Ă©ditorial odieux avec des considĂ©rations eugĂ©nistes et des appels Ă  une rĂ©flexion dĂ©passionnĂ©e sur le prix de la vie humaine. La NZZ lui a emboĂ®tĂ© le pas quelques jours plus tard avec des thèses similaires. Pour Klaus Knamm, c’est un signe que pour ces gens  « « l’économie » est traitĂ©e comme un processus indĂ©pendant […], comme une divinitĂ©. Des vies humaines lui sont alors aussi sacrifiĂ©es encore et encore ». L’article est aussi republiĂ© sur le site Coronasoli. (source: Ajour Magazin, non traduit)

 

Samedi 4 avril

23h: Deuxième rĂ©volte aujourd’hui Ă  Champ-Dollon. Malheureusement avec une intervention de la police et l’envoi de 20 prisonniers au mitard. « La rĂ©bellion, dĂ©butĂ©e Ă  15h15 après la promenade par une vingtaine de dĂ©tenus qui ont refusĂ© de rĂ©intĂ©grer leurs cellules, s’est achevĂ©e Ă  20h45 […] mais avec la mise en cellule forte de tous les protestataires – qui n’Ă©taient pas les mĂŞmes que la veille […] Des nĂ©gociations successives avaient Ă©tĂ© tentĂ©es avec la vingtaine de frondeurs qui, après avoir fait des demandes confuses, dĂ©taille Laurent Forestier, rĂ©clamaient avant tout d’ĂŞtre seuls en cellule. Ils ont notamment Ă©voquĂ© leur peur du coronavirus pour appuyer leur demande. » A l’Ă©vidence, la confusion vient plutĂ´t du DĂ©partement de la sĂ©curitĂ© de Mauro Poggia qui ne sait plus quoi dire pour justifier l’injustifiable. SolidaritĂ© avec les prisonniers ! (source: 20 minutes)

22h45: Il est toujours possible de manifester avec la distance de sécurité. La preuve avec ce rassemblement vendredi dernier à Berne contre la détention administrative des sans-papiers. (source. Page Facebook Welcome to hell)

22h40: L’UNHCR nous apprend qu’en Suisse des rĂ©fugiĂ©.e.s s’organisent pour venir en aide Ă  des personnes âgĂ©es ou nĂ©cessitant un coup de main pour des courses. « Nous avons vĂ©cu, et nous vivons encore, une crise en tant que rĂ©fugiĂ©s », dĂ©clare Shadi, 34 ans, originaire de Deraa, au sud de Damas, et arrivĂ© en Suisse en 2013. « Cela nous aide probablement Ă  comprendre plus rapidement qu’il y a une crise et comment aider. » Fort de son expĂ©rience passĂ©e, il dit encore :
« Nous savons donc ce qu’est un système mĂ©dical en panne. (…) Nous connaissons des gens qui sont morts de blessures lĂ©gères car ils n’ont reçu aucun traitement, et nous ne voulons pas en arriver lĂ . Si nous sommes unis maintenant, nous soutiendrons le système mĂ©dical. » Cette histoire tranche avec tant d’autres rĂ©cits tendancieux que nous servent en temps normal bien des mĂ©dias et des hommes politiques participant Ă  leur façon Ă  une longue tradition en Suisse, Ă  savoir sa politique xĂ©nophobe envers les personnes en exil et dites Ă©trangères. (Source: site internet UNHCR)

22h30: Sur RenversĂ©, un tĂ©moignage venu des abords immĂ©diats de la prison de Champ-Dollon durant la mobilisation d’hier soir (3 avril). « Nous Ă©tions tenu.e.s Ă  grande distance par les barrages de police, les cris, les voix et les revendications des personnes dĂ©tenues nous parvenaient parfaitement […] Croyez-nous, ce n’était pas les seules voix de 40 personnes qui retentissaient mais Ă©galement celles des autres, probablement depuis leur cellule. […] Leurs voix Ă©taient puissantes. Ces voix isolĂ©es, ces voix enfermĂ©es, ces voix auxquelles on essaie d’enlever toute humanitĂ©, retentissaient dans toute la campagne environnante. Et rien de plus fort et percutant que d’entendre autant de personnes crier en mĂŞme temps, autant de personnes demander la « liberté », et ce, dans le contexte de crise sanitaire que nous vivons. » Il pointe aussi les zones d’ombre dans la communication de l’administration pĂ©nitentiaire : « Un autre Ă©lĂ©ment complètement tu par le communiquĂ© de l’OCD et donc par la presse est celui du rĂ©sultat des nĂ©gociations entretenues entre les dĂ©tenu.e.s et les autoritĂ©s de la prison. Comment les personnes sont-elles finalement retournĂ©es dans leur cellule ? Ont-elles Ă©tĂ© d’accord de les rĂ©intĂ©grer ou ont-elles Ă©tĂ© forcĂ©es Ă  le faire ? Ont-elles obtenu quelque chose ? Ou plutĂ´t ont-elles Ă©tĂ© menacĂ©es ? » (source: RenversĂ©)

22h: Le ralentissement des activités économiques intensifie la crise que connaît la presse écrite depuis plusieurs années. Les éditeurs mentionnent des chiffres assez vagues qui vont de 75 % de pertes chez Ringier à 400 millions pour l’ensemble des éditeurs alémaniques. L’ensemble des recettes publicitaires de la presse s’élèverait à quelque deux milliards. Les associations d’éditeurs démarchent frénétiquement la Confédération, mais, croit savoir Le Temps, Simonetta Sommaruga n’a pas encore convaincu ses collègues de lâcher 80 millions d’aides à fonds perdu. Le principe d’aides publiques directes a toujours été rejeté pour des questions d’indépendance rédactionnelle. La Confédération soutient la presse en subventionnant des tarifs postaux spéciaux pour la distribution. Une aide dont Migros et Coop ont été parmi les principaux bénéficiaires en raison de l’importante contribution au débat démocratique de titres comme Coopération, Construire ou encore Betty Bossi.

La WoZ souligne que le modèle économique du pure player alémanique Republik, pas si loin du sien ou, toutes proportions gardées, de celui du Courrier, semblent mieux à même de résister à la crise. Possible, mais cela n’empêche pas que des sommes faramineuses d’argent public (chômage partiel et subventions) seront englouties pour maintenir un système industriel qui produit une information dégradée. Ainsi, c’est TX Group – nouveau nom de Tamedia – qui a été le premier à demander de bénéficier du chômage partiel alors que, selon le syndicat Syndicom, il s’apprête à verser un dividende de 37 millions et dispose de 2 milliards de fonds propres. De même, le groupe de presse de Christoph Blocher (Zeitungshaus, anciennement BaZ Holding) a également demandé le chômage partiel pour les rédactions des 25 journaux gratuits qu’il a achetés en 2017. (source: Canal Telegram Détaché de presse)

15h: Deux collages à Zurich. « Corona krise? Kapitalismus Krise ! » [Crise du corona ? Crise du capitalisme !] et « Leben vor Profit, Unnötige Produktion stoppen! » [La vie avant le profit, stopper la production non essentielle !] (source: Page Facebook BfS Jugend Zürich)

14h25: Dans le 12h45 de la RTS, des images de Champ-Dollon hier soir oĂą l’on entend des clameurs venir des prisonniers. Cela s’inscrit en faux avec le communiquĂ© du DSES qui disait que le « mouvement d’humeur n’a pas suscitĂ© de tensions dans le reste de l’Ă©tablissement ».
La prĂ©sidente de la commission pĂ©nale de l’Ordre des avocats de Genève demande Ă  nouveau des libĂ©rations pour dĂ©sengorger la prison. Dans le journal de 12h30, le conseiller d’Etat Mauro Poggia (MCG) dit « qu’il est exclu qu’on [?] cède » en matière d’allĂ©gement de peine. « Les libĂ©rations conditionnelles se feront au cas par cas […] Une aile entière de la prison est prĂ©vue au cas oĂą il y aurait des contaminĂ©s ». Lamentable ! N’hĂ©sitez pas Ă  nous envoyer des informations supplĂ©mentaires, par exemple sur le sort rĂ©servĂ© aux 43 dĂ©tenus qui ont dĂ©butĂ© la protestation: silure-news(at)protonmail(point)ch . (Source: 12h45, RTS 1, Journal de 12h30, RTS La 1ère)

11h: Autre article sur le manque de protection des assistantes mĂ©dicales après l’article du Courrier d’hier, mais cette fois-ci dans la Tribune de Genève. La prĂ©sidente de leur association dĂ©clare: « Le problème, c’est que les assistantes mĂ©dicales osent rarement parler […] Elles restent donc seules dans leurs relations avec leurs employeurs. Leur fonction est Ă©galement mal connue. Ce sont elles qui ont le premier contact avec les patients, et elles pratiquent aussi des actes mĂ©dicaux, comme les prises de sang […] «Nous avons connu un pic d’appels d’assistantes mĂ©dicales très inquiètes entre le 17 et le 27 mars, explique de son cĂ´tĂ© ClĂ©mence Jung, juriste au SIT (Syndicat interprofessionnel des travailleurs). C’était marquant car ce n’est pas un secteur professionnel très organisĂ©. Ces femmes ont tellement peur qu’elles n’osent pas adhĂ©rer Ă  leur association.» » (source: Tribune de Genève)

10h35: Argument juridique Ă  l’appui – l’ordonnance fĂ©dĂ©rale autorise les stands alimentaires -, un collectif chaux-de-fonnier a fait plier la Ville du Haut du canton de Neuchâtel. Celle-ci autorisera dès la semaine prochaine des producteurs locaux et des maraĂ®chers a tenir des stands en ville. Un collectif national, fraĂ®chement créé et soutenu par le syndicat Uniterre, s’apprĂŞte Ă  livrer bataille pour Ă©tendre cette mesure Ă  d’autres cantons. En plus d’être une mesure inĂ©gale, un chaux-de-fonnier souligne la dimension absurde de privilĂ©gier la grande distribution sur la production locale : « On a, par exemple, la Migros qui vend des fraises en plein hiver, alors eux, ils peuvent ouvrir. Et les vendeurs de choux, des lĂ©gumes de saisons, doivent rester fermĂ©s. C’est un non-sens total !» (Source : 19:30, RTS 1)

10h30: Quelques informations supplĂ©mentaires sur le mouvement de prisonniers hier soir Ă  Champ-Dollon. Il aurait commencĂ© vers 15h30, et aurait quand mĂŞme durĂ© un bon moment puisqu’« Ă  22h20, la quarantaine de prisonniers impliquĂ©s Ă©taient Ă  nouveau en cellule »  Du cĂ´tĂ© de l’Etat, il est dit qu’il n’y a pas eu d’ « intervention de la police » ni de « contrainte », comme si le dĂ©ploiement d’un dispositif complet n’était pas en soit une contrainte… Le Courrier se demande si des militaires n’auraient pas Ă©tĂ© aussi amenĂ©s sur place. La coalition Ă©lectorale Ensemble Ă  gauche a sorti un communiquĂ© oĂą elle demande des libĂ©rations pour divers motifs, par exemple les personnes qui sont en prison pour infraction Ă  la loi sur les Ă©trangers ou « en raison de la conversion d’amendes en peine privative de libertĂ© ». Elle demande aussi le test systĂ©matique des dĂ©tenus et des gardiens. (Source: RTS, Tribune de Genève, Le Courrier, Ensemble Ă  gauche)

 

Vendredi 3 avril

21h30: A la prison de Champ-Dollon situĂ©e Ă  Puplinge (GE), une quarantaine de dĂ©tenus ont refusĂ© de rĂ©intĂ©grer leurs cellules Ă  l’issue de la promenade. Cette prison est, rappelons-le, dramatiquement surpeuplĂ©e. « A 19 heures, ils n’avaient toujours pas obtempĂ©rĂ© aux injonctions des gardiens ». Les prisonniers se plaignent de leurs conditions de dĂ©tention et demandent plus de libĂ©rations conditionnelles. La police a bouclĂ© tout le secteur. Et quoiqu’en dise le porte-parole de l’office cantonal de la dĂ©tention, leurs revendications sont on ne peu plus claires : sport et… libertĂ© !  Sur une vidĂ©o postĂ©e par une journaliste, il y avait encore des clameurs provenant de la prison Ă  la tombĂ©e de la nuit. (Source: 20 minutes, RTS, @AmosFlore sur Twitter)

17h50: Ce suivi aimerait aussi parler des zones frontalières mais c’est difficile d’avoir des informations, Ă©crivez-nous si vous en avez! Dans la PQR, on apprend que l’administration de la rĂ©gion Auvergne-RhĂ´ne-Alpes est sensĂ©e avoir donnĂ© des directives pour dĂ©sengorger les prisons mais les sorties ont Ă©tĂ© plus que modestes. « Une trentaine de dĂ©tenus en fin de peine sont sortis la semaine dernière de la maison d’arrĂŞt de Bonneville, en Haute-Savoie. Des libĂ©rations qui soulagent un peu mais ne dĂ©sengorgent pas le centre pĂ©nitentiaire totalement saturĂ©. En janvier 2020, la surpopulation Ă  la prison de Bonneville atteignait 182,4 % dans le quartier des hommes », soit 228 dĂ©tenus pour 125 places thĂ©oriques. Les dĂ©tenus sont souvent Ă  deux ou trois dans des cellules et les syndicats de matons craignent une situation « à l’italienne ». (Source: DauphinĂ© LibĂ©rĂ©)

17h45: Dans la Tribune de Genève, un article sur les conditions de travail Ă  la Protection civile oĂą les civilistes sont mobilisĂ©s pour diverses tâches dont l’organisation de certains hĂ©bergements pour sans-abris (et bientĂ´t la Caserne des Vernets). Il n’y a pas de masques, la planification est dĂ©ficiente et ils sont souvent les uns sur les autres. « Ce manque de prĂ©cautions et d’instructions aurait toutefois conduit des miliciens Ă  ne plus se reprĂ©senter, de peur de «mettre en danger» leurs proches. » (source: Tribune de Genève, via email)

17h20: Le Secours rouge Genève a publiĂ© un tract et une affiche sur Facebook. « Partout en Europe les systèmes de santĂ© sont dans une situation proche de l’explosion. La Suisse ne fait pas exception. […] Cette situation n’est pas le rĂ©sultat de l’arrivĂ©e du nouveau virus. Il s’agit du bilan de la politique des gouvernements capitalistes libĂ©raux pour qui le profit passe avant tout. La privatisation et la « rationalisation » du système de santĂ© ont créé cette situation. En cherchant Ă  toujours gagner plus et Ă  n’importe quelle condition, ils nous ont toutes et tous mis en danger. Aujourd’hui c’est une fois de plus les travailleur.euse.s et les classes populaires qui en payent le prix fort ! » (source: Page Facebook Secours rouge Genève)

17h15: Le conseiller d’Etat argovien en charge de la sĂ©curitĂ© Urs Hofmann (PS) a eu la riche idĂ©e de donner le champ libre Ă  la police pour avoir accès Ă  toutes les camĂ©ras et Ă  en installer de nouvelles Ă  sa guise. C’est passĂ© hier par ordonnance. Ce grand socialiste se justifie en arguant qu’il n’y a pas assez de policiers par habitant dans son canton. « Grâce Ă  la surveillance en temps rĂ©el, la police dispose d’un moyen efficace pour vĂ©rifier si les personnes se trouvant Ă  certains endroits respectent les règles de distance ». (source: email, La Presse, RTS La 1ère et Aargauer Zeitung)

17h: Encore dans Le Courrier, un article sur les assistantes médicales « mal protégées ». Elles travaillent souvent dans des cabinets de généralistes ou dans les permanences médicales. « «Ces assistantes avaient notamment des questions sur la fréquence à laquelle un masque doit être changé, n’osant pas interpeller le médecin par crainte d’être licenciées ou après avoir reçu des réponses paternalistes», explique Mme Jung. […] Anna Gabriel, du syndicat Unia avec qui collabore l’Agam, affirme […] que «les assistantes médicales sont un peu les oubliées du personnel de santé dans cette crise». Elle demande aux autorités cantonales d’établir des recommandations plus précises pour les cabinets. » (source: Le Courrier, via email)

15h: La prison du Simplon Ă  Lausanne va ĂŞtre fermĂ©e la semaine prochaine. Elle est dĂ©diĂ©e aux peines de moins de 12 mois et ses 26 dĂ©tenus y Ă©taient emprisonnĂ© la nuit et le week-end. « Les dĂ©tenus auront le choix (sic) de reporter l’exĂ©cution de leur peine Ă  des jours meilleurs, ou de la poursuivre en rĂ©gime ordinaire dans une autre structure, comme la prison de la CroisĂ©e. »
Contrairement Ă  Genève, les parloirs sont supprimĂ©s dans les prisons vaudoises mais il y a pris quelques changements pour les dĂ©tenus: « L’affranchissement en courrier B de leurs lettres est offert, ils peuvent recevoir un colis de 6 kilos par semaine au lieu de 6 par an et ont un accès accru au tĂ©lĂ©phone – minimum deux fois par semaine […].  La rĂ©munĂ©ration est garantie pour ceux dont le travail en atelier a dĂ» ĂŞtre suspendu, distanciation sociale oblige. «Et ceux dont l’atelier est maintenu car indispensable, comme la buanderie ou la cuisine, reçoivent 120% de leur rĂ©tribution.» » (source: Acta et 24 heures)

10h40: D’abord la RTS, puis le Temps, les mĂ©dias passent la pommade aux policiers suisses dans tous les formats possibles. Du cĂ´tĂ© du Temps, nous avons le droit aux fulgurances sur la vie de la sous-officière Claire Berset : « On perçoit un salaire pour un mĂ©tier qui n’est pas sans risque, et c’est toute l’annĂ©e. » (Comme tous les salariĂ©s, en somme). Sur la RTS, on se penche (au risque d’y tomber) dans la tĂŞte des policiers et l’on apprend que ces chevaliers contemporains qui nous protègent de notre cĂ´tĂ© obscur sont « parfois confrontĂ©s Ă  la mort » (Comme tout le monde, en somme). Mais ni la RTS, ni le Temps ne parlent de la descente de la police de l’Ouest Lausannois pour contrĂ´ler et Ă©vacuer les sans-abris qui vivaient sur le terrain attenant au Sleep-In de Renens (fermĂ© dans ce contexte) sous prĂ©texte de COVID-19. MalgrĂ© la pandĂ©mie, certains rĂ©flexes policiers ne changent pas. (source: Canal Telegram DĂ©tachĂ© de presse, page Facebook Association Sleep-In)

10h30: Dans la presse, un article sur les « femmes de mĂ©nages, nounous, aides Ă  domicile et autres employĂ©es de maison [qui] se retrouvent privĂ©es de tout ou partie de leurs revenus Ă  cause des mesures de confinement ». Le syndicat SIT a rĂ©digĂ© un cahier de dolĂ©ances Ă  l’Etat, et demande la « crĂ©ation d’allocations forfaitaires temporaires de pandĂ©mie » Ă  3320 francs bruts mensuels. On rappelle que malgrĂ© l’opĂ©ration Papyrus il y a encore plusieurs milliers de travailleuses sans-papiers dans le canton de Genève. « Le syndicat reçoit chaque jour des dizaines d’appels d’employĂ©es de maison catastrophĂ©es. «Leurs employeurs les congĂ©dient du jour au lendemain parce qu’ils ont peur d’être contaminĂ©s ou parce que, Ă©tant euxmĂŞmes confinĂ©s, ils n’ont plus besoin de leurs services, par exemple pour garder les enfants», constate Mirella Falco, en charge de l’économie domestique au SIT. » Le SIT veut aussi des engagements de l’Etat pour qu’il ne transmette pas les informations sur ces employĂ©es Ă  la police des Ă©trangers. (source: Tribune de Genève, Le Courrier)

10h15: Le téléjournal d’hier a fait un petit reportage sur le travail de l’association Fleurs du pavé, qui essaie de garder un lien social avec les travailleuses du sexe à Lausanne malgré la pandémie. Le travail du sexe a été officiellement interdit par l’Etat, mais seules les prostituées avec des papiers valables peuvent avoir droit à l’allocation perte de gain. Pour les autres, il n’y a aucun revenu et donc un grand risque de prostitution clandestine. (Source: 19h30, RTS 1)  

10h10: Dans les pages Carrières du Temps, un article sur les personnes que « le virus a forcĂ© Ă  changer d’emploi ». Pour la deuxième fois, la boĂ®te d’intĂ©rim Coople, « plateforme numĂ©rique pour les emplois flexibles », se paie une publicitĂ© gratuite dans ce journal. Un start-uppeur est devenu agent de sĂ©curitĂ© dans un supermarchĂ©, des esthĂ©ticiennes travaillent dans l’Ă©lectronique, un cuisinier est devenu manutentionnaire. On insiste de façon dĂ©mesurĂ©e sur le cĂ´tĂ© enrichissant de l’expĂ©rience. Or, ce n’est pas le virus qui les a fait changer d’emploi mais bien le fait qu’en tant qu’indĂ©pendants ils n’avaient pas le choix pour s’assurer un revenu. Le boom du travail sur appel est l’un des aspects les plus cyniques de la crise actuelle et contrairement Ă  ce qu’affirme Le Temps, il n’a rien de romantique et nous ramène plutĂ´t des siècles en arrière. (source: Canal Telegram DĂ©tachĂ© de presse & Le Temps)

9h30: Anticipant un manque de personnel, des cantons et hĂ´pitaux suisses ont Ă©crit Ă  des mĂ©decins installĂ©.e.s ou retraitĂ©.e.s, ainsi qu’à des Ă©tudiant.e.s en mĂ©decine et soins infirmiers en fin de formation. Un appel auxquel ont rĂ©pondu quelques 800 volontaires pour les HUG, 380 Ă  Fribourg, 200 Ă  Neuchâtel et 1’200 Ă  Berne. La Matinale note l' »ampleur de la solidaritĂ© parmi les professionnels de la santé » en Suisse. TĂ©moigner d’actes de solidaritĂ© n’est pas insignifiant, espĂ©rons que les mĂ©dias continueront après la crise. Cependant, rappelons aussi que nous observons aujourd’hui l’impact d’une sĂ©rie de coupes budgĂ©taires drastiques imposĂ©es aux HUG, Ă  la suite de l’intervention de boĂ®tes de consulting privĂ©es. (Source: La Matinale, RTS La 1ère)

8h45: Sur Barrikade, un appel pour une journĂ©e d’action contre le rĂ©gime des camps d’asile fĂ©dĂ©raux le dimanche 5 avril prochain. Le texte explique que les camps fĂ©dĂ©raux ne sont pas adaptĂ©s Ă  la prĂ©vention et qu’il vaudrait mieux les fermer et rĂ©quisitionner les hĂ´tels et les espaces vides pour les migrants qui sont forcĂ©s d’y loger. Il explique aussi qu’Ă  Bâle, on a dĂ©placĂ© une cinquataine de personnes du camp fĂ©dĂ©ral… pour les loger dans des bunkers ! Notons qu’Ă  Genève, les bunkers ne sont plus utilisĂ©s pour loger les requĂ©rants d’asile après une importante mobilisation en 2015 et l’occupation du théâtre du GrĂĽtli. Les photos/vidĂ©os sont Ă  envoyer Ă  kontakt(at)3rgg.ch. (source: Barrikade, non traduit)

8h: Dans Le Temps, un article pro-patronal sur le travail sur les chantiers. En Valais, « le service d’inspection du travail […] a ordonné mercredi la fermeture de quatre chantiers. Une annonce survenue quelques jours après une interpellation politique rarissime: cinq élus cantonaux, représentant les principales forces politiques du pays, ont enjoint à leur gouvernement de fermer provisoirement les chantiers. » L’article donne la parole au syndicat minoritaire Syna, très proche du patronat et qui sans surprise est pour la poursuite du travail. Enfin « à Bâle, un ouvrier qui a publié sur Facebook une photo d’un rassemblement sur le chantier géant de la tour de Roche a été licencié. » (source: Le Temps)

Jeudi 2 avril

17h50: Dans le 24 heures d’hier, un article sur le travail dans les usines Ă  laver les draps « infectĂ©s » par le virus. Ce travail est fait par des femmes souvent originaires du Portugal. « [O]n lave les draps des malades mais nous, personne ne nous applaudit ». Des employĂ©es des Blanchisseries gĂ©nĂ©rales (LBG) d’Yverdon ont demandĂ© par le biais d’Unia « le paiement d’une prime de risque hebdomadaire jusqu’à la fin de la pandĂ©mie » ainsi « des amĂ©nagements des horaires de travail pour Ă©viter les regroupements, les distances de sĂ©curitĂ© entre travailleurs n’étant souvent pas respectĂ©es ». (source: 24 heures)

16h: La page Facebook « Corona Virus : faisons payer les riches » a traduit la revendication d’une action banderole Ă  Bâle avec une grande banderole pour l’arrĂŞt du travail: « Stopper la production non-essentielle. Avec les salaires entiers ». Il y a une vidĂ©o de cette action. « Le chantier de prestige de Roche Ă  Bâle continue de fonctionner – mĂŞme si les premiers cas de corona ont dĂ©jĂ  eu lieu sur le chantier. Les entreprises se fichent de la santĂ© des gens. »

Sur le site du Aufbau, il y a aussi une interview datĂ©e du 29 mars avec un maçon qui raconte les conditions de travail sur les chantiers de Zurich. Il raconte qu’en plus d’ĂŞtre exposĂ©s au virus, ils n’ont plus de masques pour se protĂ©ger contre la poussière. Le fait que les ouvriers du bâtiment continuent de travailler reprĂ©sente « une dĂ©valorisation supplĂ©mentaire de notre profession et de notre identitĂ© qui fait clairement ressortir que notre santĂ© et celle de nos familles valent moins que celle d’autres parties de la sociĂ©té »

Il y a aussi eu un deux grands tags sur le mur d’un chantier de Zurich. « Gesundheit statt Profit. Solidarität mit allen Arbeitenden. Streik und Widerstand » [La santĂ© plutĂ´t que le profit. SolidaritĂ© avec les travailleurs. Grève et rĂ©sistance]

« Les applaudissements ne paient pas le loyer. Exproprier et collectiviser les logements. »
(sources: respectivement pages Facebook « Corona Virus : faisons payer les riches », « Organisierte Kämpfen » et site du Aufbau) 15h30: Affiche Ă  Genève dans le quartier de la Jonction « L’austĂ©ritĂ© tue (maintenant c’est prouvĂ© !) ».

(source: email)

15h20: Autopromo, le Silure a publiĂ© un excellent article sur la façon dont le gouvernement suisse gère la crise et les rapports de force qui se sont dessinĂ©s sur la question de l’arrĂŞt du travail. Le texte brosse une chronologie de ces deux dernières semaines et montre comment les centrales syndicales nationales se sont progressivement alignĂ©es sur les positions anti-shutdown du Conseil fĂ©dĂ©ral. « Cette rĂ©alitĂ© dans laquelle, pour prĂ©server la machine Ă©conomique, on surveille massivement et on sĂ©lectionne les vies qui mĂ©ritent d’être sauvĂ©es, peut sembler un scĂ©nario fou ou digne de la science-fiction. Mais, il y a quelques semaines encore, qui aurait prĂ©dit ce que nous vivons aujourd’hui ?  » (source: Silure et RenversĂ©)

15h: Sur RenversĂ©, un article critique la poursuite des procĂ©dures d’asile par le SEM et informe qu’une personne migrante est touchĂ©e par le coronavirus au foyer du Lagnon Ă  Bernex (GE) et que « rien n’est mis en place dans ce foyer pour prĂ©venir toute contagion pour les autres rĂ©sident-e-s ». Il y a aussi des infos sur la situation au camp fĂ©dĂ©ral de Boudry (NE): « La promiscuitĂ© est toujours la règle dans les structures du centre, les requĂ©rant.e.s Ă©tant logĂ©.e.s dans des dortoirs de 6 Ă  12 places. Les personnes vulnĂ©rables et en mesure de confinement total sont logĂ©es dans la troisième aile rĂ©cemment inaugurĂ©e. Le problème : le nombre de personnes concernĂ©es et le peu de place en chambre les fait les loger dans des couloirs. Ces personnes pointent Ă  nouveau du doigt la promiscuitĂ© mais aussi le manque de suivi : interdiction de balade, accès très restreint Ă  des achats (carte de tĂ©lĂ©phone, etc.), manque de nourriture. Les personnes qui passent en procĂ©dure Ă©largie (plus de 30 jours), le plus souvent pour des questions de santĂ©, sont transfĂ©rĂ©es dans des centres cantonaux dĂ©jĂ  surchargĂ©s dans lesquels la situation n’est pas plus favorable. » (source: RenversĂ©)

13h25: Le Conseil fĂ©dĂ©ral maintient et signe sa politique funeste : pas d’arrĂŞt des procĂ©dures d’asile, ni des expulsions. La concession du dĂ©lai de recours contre une dĂ©cision du SEM passĂ© de 7 Ă  30 jours ne changera rien. Non seulement les requĂ©rant.e.s vont continuer Ă  ĂŞtre contraint.e.s de voyager pour ĂŞtre auditionnĂ©.e.s Ă  Berne, exposant ainsi leur santĂ© et celle de la communautĂ©, mais le conseil juridique lors de ces auditions n’est plus garanti. Le Courrier souligne que « prĂ©server la santĂ© des rĂ©fugiĂ©s, en Suisse dĂ©jĂ , passe visiblement après la volontĂ© de dĂ©lester le système. On ne change pas une formule qui gagne. » Un autre sordide exemple qui montre comment la prĂ©vention n’a pas cours pour certaines catĂ©gories de la population. (Source: Canal Telegram DĂ©tachĂ© de presse + Le Courrier)

13h15: Unia Genève estime que trop de gens se font livrer des repas avec les plateformes Smood, Ubereats ou EatCH au lieu de cuisiner eux-mĂŞmes. Les livreurs sont exposĂ©s et pourraient mĂŞme ĂŞtre des propagateurs du virus. Unia s’oppose aussi au plan du conseiller d’Etat Pierre Maudet (PLR) qui veut pousser les restaurants au tout-numĂ©rique. Le syndicat propose plutĂ´t de renforcer le Service nutrition de l’Imad, qui livre des repas aux personnes vulnĂ©rables. (source: Le Courrier)

13h: Le magistrat PS GrĂ©goire Junod permet aux chantiers commandĂ©s par la Ville de Lausanne de rĂ©ouvrir si les entreprises prouvent qu’elles ont pris des mesures. Lesquelles? On ne sait pas. La dĂ©marche est discrĂ©tionnaire puisqu’une commission de 3 personnes (un membre de l’organisation patronale, un membre d’Unia et un membre du Service d’architecture) rendront leurs dĂ©cisions au cas par cas. (source: 24 heures)

11h51: L’hĂ©bergement d’urgence a connu pas mal de changements l’an dernier Ă  Genève avec la crĂ©ation du CAUSE, une coordination d’associations et de personnes actives sur le terrain qui ont reçu des subventions pour ouvrir des nouveaux lieux d’accueil de nuit. Leur travail a Ă©tĂ© saluĂ© et ils pensaient obtenir une perĂ©nnisation de leur action mais c’est le contraire qui arrive. Avec le corona, la magistrale des Verts Esther Alder rĂ©quisitionne la Caserne des Vernets mais refuse que le CAUSE gère ce nouvel espace. Outre ce lâchage en bonne et due forme, le personnel du CAUSE critique le fait que la structure des Vernets sera fermĂ©e aux mineurs non accompagnĂ©s (MNA), aux usagers de drogues ainsi qu’aux travailleuses du sexe alors que ces trois populations venaient rĂ©gulièrement dans les hĂ©bergements d’urgence qu’il gĂ©rait durant l’hiver. (source: Tribune de Genève, Le Courrier, email)

10h40: Après la grève spontanĂ©e du 17 mars Ă  l’entreprise HRS, la TdG parle des pressions des maĂ®tres d’ouvrage et de certaines fractions du patronat pour rouvrir le maximum de chantiers dans le canton de Genève. Pour rappel, le 25 mars, le Conseil d’Etat genevois a rĂ©autorisĂ© l’ouverture des chantiers pour Ă©viter un conflit avec le CF, et ce, au mĂ©pris de la santĂ© des ouvriers. L’article raconte une intervention syndicale hier au siège d’une entreprise d’Ă©chafaudage qui veut que son personnel retourne au turbin. « Une dizaine d’entre eux ont refusĂ© de travailler car les mesures sanitaires n’étaient pas respectĂ©es.» Elle Ă©voque des transports rĂ©alisĂ©s avec plusieurs ouvriers dans le mĂŞme vĂ©hicule ou l’absence de produits dĂ©sinfectants. «En outre, comment voulez-vous que les ouvriers se tiennent Ă  deux mètres de distance sur la passerelle d’un Ă©chafaudage? interroge Camille Layat. Et comment Ă©viter de ne pas toucher les mĂŞmes outils et les mĂŞmes pièces de montage?» » (source: Canal Telegram DĂ©tachĂ© de Presse et Tribune de Genève)

 

10h24: MĂŞme la droite valaisanne demande la fermeture des chantiers. Le conseiller national PDC Sidney Kamerzin souligne l’incohĂ©rence de la position du Conseil fĂ©dĂ©ral: « appliquer des normes de sĂ©curité » qui sont en rĂ©alitĂ© inapplicables sur le terrain et ne pas indemniser le personnel. Il note: « on dit aux entrepreneurs: « Vous devez fermer parce que vous n’appliquer pas ces normes, mais on ne vous verse pas les indemnitĂ©s parce que vous devez prendre toutes sorte de mesures très couteuses pour vous conformer au droit. » LĂ , on a vraiment un double message contradictoire. » (source: La Matinale, RTS La 1ère) 

Mercredi 1er avril

17h46: Un article publiĂ© aujourd’hui sur RenversĂ© propose un grand « banderole game » :
« Les revendications sont multiples mais se rejoignent dans le refus des travailleur.ses et des plus précaires de payer la crise sanitaire. Défendre ensemble la solidarité comme antidote à la crise face à l’individualisme de la société néo-libérale.
Que ça soit pour soutenir le personnel soignant, dénoncer le traitement subi par les réfugié.e.s, exiger un salaire de confinement pour tous et toutes, appeler à la grève des loyers, rappeler le rôle catastrophique des politiques, soutenir les femmes contre les violences sexistes, promouvoir l’entraide et le mutualisme dans nos quartiers, etc… Faisons fleurir des banderoles aux fenêtres et aux balcons !
Même confiné.e.s restons déters ! »
Les images sont Ă  envoyer par la page Facebook Feu au lac et il y a des prix Ă  gagner.

(source: RenversĂ©) 12h09: Banderole Ă  Genève sur la façade de l’Usine. « No borders, no prisons. Stoppons le virus sĂ©curitaire ». (source: email)
10h40: Dans Le Temps, article sur les start-up qui gagnent beaucoup d’argents avec la crise du coronavirus avec l’exemple de l’entreprise zurichoise Coople, « spĂ©cialisĂ©e dans le placement de temporaires « last minute » […] « Du jour au lendemain, toute la demande s’est concentrĂ©e sur le secteur de la vente d’alimentation. » Selon lui, une chaĂ®ne de supermarchĂ©s a mis Coople en concurrence avec une agence de placement traditionnel. Objectif: trouver 800 personnes en 48 heures. C’est, assure-t-il, l’algorithme qui l’a emporté ». (source: Le Temps) 10h17 L’excellente revue de presse alĂ©manique Antira(point)org du 30 mars aborde l’incidence du coronavirus sur les immigrĂ©s en Suisse. Au sujet des camps d’asile fĂ©dĂ©raux, des tĂ©moignages venus de Rohr (ZH) et de Bâle confirment que les distances de sĂ©curitĂ© sont impossible Ă  respecter en raison de la promiscuitĂ© [voir aussi l’article sur le foyer de Gavard plus bas]. La dĂ©cision du Conseil fĂ©dĂ©ral d’autoriser les entreprises Ă  faire travailler leurs employĂ©s mĂŞmes s’ils font partie des catĂ©gories vulnĂ©rables va avoir un impact dĂ©sastreux sur les femmes migrantes qui sont surreprĂ©sentĂ©es dans certains secteurs. Les douaniers refoulent les personnes qui veulent demander l’asile en Suisse. La fermeture des deux centres de rĂ©tention du canton de Genève (Frambois et la Favra) est saluĂ©e mĂŞme si un dĂ©tenu positif au covid-19 a Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© Ă  Champ-Dollon. Dans d’autres cantons, les centres de rĂ©tention continuent d’enfermer des immigrĂ©s alors mĂŞme que les renvois sont suspendus jusqu’Ă  nouvel ordre, Antira estime que la « dernière pseudo-lĂ©gitimation » est tombĂ©e et que ces centres doivent libĂ©rer tous leurs dĂ©tenus. Elle espère aussi que la lutte contre l’enfermement des migrants se poursuivra après la pandĂ©mie. (source: Barrikade, non traduit) 9h31: Banderole vue Ă  Genève dans le quartier des Eaux-Vives. « _ArrĂŞt de toutes les activitĂ©s non essentielles. Pour ne pas avoir Ă  choisir qui sauver ! Nos vies valent plus que vos profits_ » (source: email)

9h20: Dans le 19:30 d’hier, on se demande si le coronavirus ne va pas conduire Ă  une nouvelle hausse des primes maladie alors que les coĂ»ts de la santĂ© sont dĂ©jĂ  exorbitants en Suisse. EspĂ©rons qu’il y aura des rĂ©sistances contre cette grossière tentative de faire payer Ă  la population le coĂ»t de la crise. (source: 19:30, RTS 1)

9h09: Certaines entreprises suisses font le maximum pour ne pas arrĂŞter leur production, c’est le cas de l’industriel ABB actif dans les technologies de l’énergie et de l’automation. Dans les cantons de Zurich et d’Argovie (peut-ĂŞtre aussi ailleurs?), ABB a fait passer un test Ă  l’ensemble de ses employĂ©s. Cette initiative visait surtout Ă  les faire continuer Ă  aller au turbin. Un membre de l’OFSP rappelle que la pĂ©riode d’incubation au Covid-19 peut aller jusqu’Ă  deux semaines. Fin 2017, une grève avait eu lieu sur le site d’ABB SĂ©cheron de Satigny (GE) contre sa fermeture. (source: revue de presse RTS La 1ère et Tages Anzeiger)

9h05: Quatre portraits de travailleuses et travailleur freelance du monde culturel dans la Tribune de Genève. Ils n’ont plus de revenus du jour au lendemain. Comme les intĂ©rimaires, on a recours Ă  eux pour « complĂ©ter les Ă©quipes » et ils sont exclus des aides du CF. (source: TdG)

8h45: L’Ă©conomiste Ă  l’UniversitĂ© de Genève Bruno Amable a signĂ© une tribune hier dans LibĂ©ration oĂą il critique la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement français. « [T]out le monde voit bien le lien qui existe entre la baisse des moyens de l’hĂ´pital public et la difficultĂ© Ă  rĂ©agir Ă  la pandĂ©mie » C’est l’une des premières interventions critiques venue du champ de la recherche en sciences sociales en Suisse, qui jusqu’Ă  prĂ©sent Ă©tait restĂ© assez aphone. (source: LibĂ©ration)

8h12: Les prisonnières de la Tuilière à Lonay (VD) ont adressé une pétition aux autorités pénitentiaires contre la suppression des parloirs. Elles protestent notamment contre son impact sur leurs relations sociales et le fait de ne plus pouvoir voir leurs enfants. La pétition date du 18 mars dernier. (source: Journal de 8h, RTS La 1ère)

8h08: Sur Swissinfo, un informaticien de la Haute Ă©cole spĂ©cialisĂ©e de la Suisse italienne s’inquiète des mesures de surveillance tĂ©lĂ©phonique qui vont se mettre en place en Suisse. Il pointe le fait qu’elles vont se prolonger et devenir une surveillance permanente de l’État. « Tout le monde dit que cela n’arrivera jamais, mais c’est techniquement possible » (source: Swissinfo et Canal telegram DĂ©tachĂ© de presse)

 

Mardi 31 mars

18h58: Durant la « besondere Lage », le business militaire continue. L’entreprise d’armement RUAG (propriĂ©tĂ© de l’Etat suisse) continue sa production comme si de rien n’Ă©tait et indique qu’elle n’a pas eu besoin de faire recourt au chĂ´mage partiel car les exportations d’armes vers les pays Ă©trangers se poursuivent comme d’habitude (source: Tribune de Genève, signalĂ© par email)

16h40: Dans le Courrier d’aujourd’hui, tribune commune de Jean Ziegler, du sociologue Ibrahima GuissĂ© et d’un dĂ©putĂ© pour demander une intervention du Conseil fĂ©dĂ©ral pour accueillir des migrants prisonniers dans les « hot spots » des Ă®les grecques, mais aussi une demande d’arrĂŞt des dĂ©cisions du SEM quant aux demandes d’asile. « [D[ans la situation actuelle, renoncer aux entretiens et aux auditions pour protĂ©ger la santĂ© des requĂ©rant-e-s d’asile […] est une nĂ©cessité » (source: Le Courrier)

14h52: Le 20 mars dernier, le Conseil fĂ©dĂ©ral a modifiĂ© unilatĂ©ralement les textes de loi pour retirer le droit au repos du personnel soignant, ce qui a provoquĂ© beaucoup de colère dans le pays. Le SSP a lancĂ© une pĂ©tition en ligne qui a dĂ©passĂ© les 30’000 signatures. Dans Le Temps d’aujourd’hui, un mĂ©decin assistant Ă  Lausanne dĂ©clare. «Tous les collègues s’étaient dĂ©jĂ  organisĂ©s pour faire face Ă  la vague et, soudainement, le Conseil fĂ©dĂ©ral dĂ©cide qu’il a la mainmise sur tout. Comme s’il fallait nous contraindre pour que nous ne dĂ©sertions pas… C’est ça, l’image qu’ils ont du personnel soignant? Pour moi, la confiance est brisĂ©e. Pour l’instant, on se concentre sur les patients, mais dès que la crise est finie, je descends dans la rue!». A l’inverse, H+, l’organisation nationale des hĂ´pitaux, cliniques et institutions de soins publics et privĂ©s est très satisfaite de cette « flexibilité ». (source: Le Temps)

13h02: Comme vous le savez peut-ĂŞtre, le centre autonome Silure rĂ©colte et publie des tĂ©moignages sur le monde du travail ou la prĂ©caritĂ© sociale dans le contexte de la pandĂ©mie. Après un premier entretien avec un homme confinĂ© dans sa voiture, il publie aujourd’hui un second entretien avec un Ă©ducateur travaillant aux EPI. Il parle du manque de matĂ©riel de protection et de directives claires alors que les personnes suivies aux EPI ont parfois de forts troubles psychiatriques. (source: Silure + RenversĂ©)

12h51 : La section genevoise d’Unia dĂ©nonce le fait que de nombreux intĂ©rimaires n’ont pas le droit aux RHT. Leurs contrats ont Ă©tĂ© rĂ©siliĂ©s très rapidement et ils ne sont pas considĂ©rĂ©s comme les salariĂ©s fixes. TĂ©moignage de trois temporaires qui travaillent dans l’hĂ´tellerie, une manufacture horlogère et Ă  l’aĂ©roport sur les difficultĂ©s rencontrĂ©es. (source: Unia Genève)

12h40: Contrairement Ă  d’autres pays, l’Etat suisse continue Ă  procĂ©der Ă  des interrogatoires dans le cadre des procĂ©dures de demandes d’asile. La coordination SCCFA qui regroupe les associations caritatives qui travaillent dans les centres fĂ©dĂ©raux appelle Ă  l’arrĂŞt des procĂ©dures. (source: RTS)

9h38: Le Bewegung für Sozialismus a publié hier sur son site un article bien documenté sur la marchandisation du système hospitalier suisse depuis les années 1990 et son impact sur le personnel soignant (majoritairement féminin) en terme d’intensification du travail. (source: BfS, non traduit)

8h55: Action banderole hier Ă  Zurich « Gegen häusliche Gewalt & Isolation. FĂĽr die feministische Revolution » [Contre les violences domestiques et l’isolement. Pour la rĂ©volution fĂ©ministe] (source: Facebook Revolutionäre Jugend Zurich – RJZ]

Lundi 30 mars

20h25: D’après la CGAS, une soixantaine d’annonces de réouvertures de chantiers ont été émises pour aujourd’hui à Genève suite à la décision du Conseil fédéral de la semaine dernière. L’intersyndicale « condamne par ailleurs fermement la tentative de la centrale zurichoise de la Société suisse des entrepreneurs (SSE) de reporter la responsabilité du respect des normes sanitaires sur les travailleurs, en les obligeant à signer une « auto-déclaration » selon laquelle c’est à eux « d’appliquer les mesures de protection. » » (source: CGAS)

19h52: Un appel a Ă©tĂ© lancĂ© Ă  Milan et Paris pour la crĂ©ation de brigades de solidaritĂ© populaire. L’Action Antifasciste Genève y a rĂ©pondu et a constituĂ© une Brigade « Yvan Leyvraz » en mĂ©moire du brigadiste internationaliste suisse assassinĂ© par les « contras » au Nicaragua en 1986. Elle a participĂ© Ă  des maraudes le week-end dernier aux cĂ´tĂ©s des bĂ©nĂ©voles de l’association Swiss Gambia Solidarity dans le quartier populaire des Pâquis.

Il y a aussi eu plusieurs actions banderoles. (Source: Facebook Action Antifasciste Genève)

14h36: Les chantiers du canton de Vaud sont autorisĂ©s Ă  rĂ©ouvrir depuis ce lundi matin suite Ă  la dĂ©cision du Conseil fĂ©dĂ©ral de retirer les possibilitĂ©s de s’inscrire au chĂ´mage partiel si les cantons mettent Ă  l’arrĂŞt des secteurs Ă©conomiques entiers. « C’est un pas en arrière et une bĂŞtise » dĂ©clare un syndicaliste d’Unia Vaud (source: 24 heures)

13h02: Les foyers pour requĂ©rant.e.s d’asile comme celui de Gavard Ă  Carouge (GE) sont connus pour leur surpeuplement et les directives donnĂ©es par la direction de l’Hospice interrogent. Lorsqu’un cas de Covid-19 se dĂ©clare en foyer, il faut faire des « rĂ©amĂ©nagements pour les isoler le plus possible des autres ». Quid d’un relogement dans des appartements, hĂ´tel vides ou dans le parc immobilier de l’Hospice comme l’exige le Collectif des dĂ©boutĂ©s? L’institution, qui a une longue histoire d’imposition de la promiscuitĂ© Ă  ses « bĂ©nĂ©ficiaires » (bunkers, chambres, espaces communs exigus et surpeuplĂ©s), rĂ©pond que c’est une solution « inadĂ©quate […] Ce n’est pas idĂ©al pour le suivi. La dispersion limiterait notre prise en charge. Avoir les personnes au mĂŞme endroit nous permet une vue plus globale de la situation. » Le contrĂ´le social des immigrĂ©.e.s passe avant la prĂ©vention. (source: Le Courrier)

10h: Droit du travail: Le Conseil fĂ©dĂ©ral a modifiĂ© le 20 mars dernier l’article de son ordonnance sur la protection des plus de 65 ans et des groupes Ă  risques (personnes vulnĂ©rables, immunodĂ©pressifs, etc). DĂ©sormais, ces derniers peuvent ĂŞtre obligĂ©s Ă  aller travailler par leur employeur. « Ces gens sont morts de peur », prĂ©vient l’USS. (source: Tages Anzeiger)

Ce suivi live a pour but de recenser toutes les informations relatives aux luttes sociales en pĂ©riode d’Ă©tat d’urgence sanitaire car celles-ci se perdent dans les Ă©normes flux d’informations qui sont actuellement disponibles sur le web. Il est participatif et vous pouvez envoyer en tout temps des infos ou des liens Ă  l’adresse silure-news@protonmail.ch (et pas Ă  l’adresse email normale du Silure, svp). Le live sera rĂ©servĂ© Ă  la Suisse ainsi qu’aux zones frontalières pour des questions pratiques mais nous vous invitons Ă  consulter celui qui est fait par le site ACTA (qui fait une chronologie surtout axĂ©e sur la situation française) ainsi que les suisse-allemands de Coronasoli.

Ni loyers, ni expulsions: c’est au tour des propriĂ©taires immobiliers de passer Ă  la caisse !

Ni loyers, ni expulsions: c’est au tour des propriĂ©taires immobiliers de passer Ă  la caisse !

 

D’ici peu, les factures des loyers d’avril tomberont pour tou.te.s les locataires. Face Ă  la crise, combien parviendront encore Ă  les payer ? La survie de la rente foncière ne peut se faire aux dĂ©pens deshabitant.e.s. L’Etat s’est empressĂ© de prendre des mesures pour soulager les entreprises, mais qu’en est-il des locataires et de leurs logements? Les mesures prises pour amortir cette crise ne sont destinĂ©es qu’Ă  assurer le maintien, coĂ»te que coĂ»te, des activitĂ©s Ă©conomiques et du système d’accumulation capitaliste, en laissant pour compte la population. Si cette crise nous fait redĂ©couvrir la solidaritĂ©, il faut qu’elle se transforme en redistribution des richesses.

 

Gel des loyers et des charges pour les logements.

Le secteur immobilier engendre depuis toujours des rendements colossaux et juridiquement abusifs : ce secteur a notamment accumulĂ© des milliards sur le dos des locataires ces 20 dernières annĂ©es, grâce Ă  la baisse continue des taux hypothĂ©caires (intĂ©rĂŞts que remboursent les propriĂ©taires aux banques). Cet argent doit Ă  prĂ©sent servir Ă  sortir de cette crise en abandonnant la logique du profit, et ce, dès aujourd’hui. Il faut immĂ©diatement mettre en oeuvre un plan de socialisation des profits immobiliers. Plus aucun profit immobilier sur le dos des locataires !

Moratoire du Conseil d’État sur les expulsions locatives et de squat.

Alors que les rĂ©siliations de bail risquent de se multiplier pour dĂ©faut de paiement lorsque l’argent viendra Ă  manquer, aucune Ă©vacuation ne doit ĂŞtre rendue possible par les pouvoirs publics. Le Conseil d’État genevois a le pouvoir et doit ordonner l’arrĂŞt des expulsions locatives pour une pĂ©riode minimale de 5 ans. La crise est le moment d’affirmer une bonne fois pour toutes que le droit au logement passe avant la rente immobilière !

GĂ©rance immobilière municipale, Hospice gĂ©nĂ©ral, Caisses de pension : Les bailleurs publics doivent donner l’exemple !

Puisque les propriĂ©taires privĂ©s et les rĂ©gies n’auront probablement que faire de la solidaritĂ©, il faut accompagner ces mesures par des actes immĂ©diats.

Pour montrer l’exemple, nous exigeons que les bailleurs publics, au premier rang desquels la GĂ©rance immobilière municipale, l’Hospice gĂ©nĂ©ral, la Caisse de pension de l’Etat de Genève et les quatre fondations HBM annulent, et non pas reportent, l’ensemble des coĂ»ts liĂ©s au logement dès le 1er avril.

Occupations et réquisitions des hôtels et des lieux vides pour loger les personnes qui en ont besoin dans des conditions dignes.

337’000 m2 de surfaces commerciales sont actuellement laissĂ©es vides dans le canton de Genève (chiffres de juin 2019, OCSTAT). Au vu de la crise Ă©conomique Ă  venir et des faillites qui seront engendrĂ©es par celle-ci, ce nombre ne va cesser d’augmenter. Cette logique spĂ©culative, dĂ©jĂ  scandaleuse en temps normal, devient aujourd’hui rĂ©voltante. Dans le canton, des centaines de personnes vivent dans la rue. Ces personnes trouvent refuge pendant la nuit dans les Sleep-in et dispositifs de nuit. Ces lieux – dĂ©jĂ  au bord de l’implosion – subissent aujourd’hui une pression renouvellĂ©e due Ă  la pandĂ©mie de Covid-19 : les travailleur.euse.s sociaux.ales sont surmenĂ©.e.s ; les conditions sanitaires sont dĂ©faillantes ; les gens accueillies sont Ă  la rue pendant la journĂ©e. La rĂ©quisition rĂ©cente de la Caserne des Vernets par l’Etat montre son incapacitĂ© Ă  gĂ©rer la crise autrement que par des logiques carcĂ©rales et sĂ©curitaires : des dizaines de personnes confinĂ©es, contrĂ´lĂ©es Ă  grand renfort de policiers et militaires prĂ©sents sur place 24h sur 24.

Face Ă  l’urgence sanitaire et le manque cruel de logements dignes, aucun immeuble de logement ou commercial ne peut rester vide. Le moratoire sur les expulsions doit s’appliquer Ă  toute occupation, et l’État doit rĂ©quisitionner massivement les lieux vacants et les hĂ´tels.

Parce que les propriĂ©taires et les rĂ©gies ne donneront jamais ce qui ne leur aura Ă©tĂ© arrachĂ©, nous appelons dès aujourd’hui Ă  la grève gĂ©nĂ©rale des loyers et Ă  l’arrĂŞt immĂ©diat du travail non essentiel. Que chacun.e.x.s fassent de sa facture de loyer un remède contre la pĂ©nurie en cours. Nos vies valent mieux que leur profits !

Le Silure, Maison collective de Malagnou, Mal-logé.e.x.s

PS: Un FAQ relatif aux diffĂ©rents moyens d’action et aux questions juridiques est en cours d’Ă©laboration. Em attendant, si vous avez des questions n’hĂ©sitez pas Ă  Ă©crire Ă  silure@riseup.net

 

Radio Silure n°1 – PrĂ©sentation de Libres d’obĂ©ir: le management, du nazisme Ă  aujourd’hui de Johann Chapoutot

Radio Silure n°1 – PrĂ©sentation de Libres d’obĂ©ir: le management, du nazisme Ă  aujourd’hui de Johann Chapoutot

Première émission de Radio Silure, diffusée le 28 mars 2020, en remplacement de la présentation publique, annulée pour des raisons sanitaires.

« Le nazisme aura été un grand moment managérial et une des matrices du management moderne. « 

PrĂ©sentation de Libres d’obĂ©ir: le management, du nazisme Ă  aujourd’hui de Johann Chapoutot (Gallimard, 2020). Il s’agit de la prĂ©sentation prĂ©vue mardi dernier Ă  l’Infokiosque.

On peut lire un résumé du livre par son auteur ici. Et écouter une longue interview de Johann Chapoutot par le magazine en ligne Hors série.


Johann Chapoutot : Libre d'obéir

par Radio Silure

SolidaritĂ© en temps de crise… et après

SolidaritĂ© en temps de crise… et après

Notes politiques en temps de pandémie et d’urgence sanitaire.

Nous vivons actuellement une crise sanitaire grave notamment en raison de la rapidité de sa propagation à l’échelle planétaire. A la crise sanitaire succédera une crise économique et sociale dont nous peinons aujourd’hui à imaginer la dimension qu’elle pourrait prendre. Alors que les gouvernements mettent en place des mesures d’exception, celles et ceux qui désormais s’activent par solidarité ou qui espèrent une autre organisation de la société peuvent également tenter d’en tirer des enseignements.

D’une crise sanitaire à une réponse politique à la crise économique

Car si la crise offre aux États des opportunités inédites de contrôle social, elle pointe également l’absurdité d’un système économique qui exploite l’humain et détruit la nature. La faillite probable des compagnies aériennes n’est pas seulement une situation économique difficile pour les salarié-e-s et un désagrément pour les voyageur-euse-s, c’est aussi l’occasion de ne pas sauver ces compagnies et de ne plus cautionner un modèle économique où les externalités (destruction de l’environnement et coût social) ne sont pas assumées. Lors de la dernière crise financière et économique majeure de 2007-2008, les États étaient largement venus en aide aux secteurs bancaire et automobile. L’addition a été reportée sur les finances publiques et donc payée in fine par la population, déjà affaiblie par la crise. Il y a fort à parier que sans une action collective déterminée de grande ampleur le même scénario se reproduise.

D’une solidarité organisée à une forme d’organisation

De cette crise sanitaire surgissent d’un peu partout des solidarités inédites. On a rarement autant parlé à ses voisins, proposé de faire des courses pour les personnes âgées confinées chez elles. Or, au fond, il ne tient qu’à nous toutes et tous, que ces comportements de solidarité qui surgissent ne s’évaporent pas quand la crise sanitaire aura disparu. Les formes locales d’organisation, souvent à l’échelle du quartier, peuvent être porteuses d’une autre perspective une fois le droit de réunion rétabli. Elles peuvent être la base d’une démocratie radicale. Avec un peu plus d’ambition, elles peuvent être les structures à partir desquelles repenser un nouveau modèle de production économique basé sur la satisfaction des besoins.

A la précarité sanitaire succédera la précarité économique. Aucun journal télévisé ne se fera l’écho de ces formes de solidarité-là, nous devrons savoir les valoriser par nous-mêmes. A ce prix, cette crise peut être l’occasion de penser un nouveau rapport social et un modèle économique respectueux de l’environnement à une échelle plus locale et humaine.

Néanmoins, ne soyons pas naïfs sur les capacités locales, quand les décisions se prennent à l’échelle nationale, voire au-delà. Pour que les 10 milliards (même pas l’équivalent d’une semaine de la production intérieure brute !) débloqués par le Conseil fédéral ne financent pas les bénéfices des actionnaires, il faudra une forte mobilisation et à une autre échelle. Et ces formes d’organisations locales, surgies dans l’urgence pour faire face à une situation inédite et imprévue, pourraient être un espace puissant de prise de conscience et de mobilisation. D’elles peuvent partir des revendications unificatrices et indépendantes des structures discréditées des partis, associations professionnelles et autres lobbys..

 

Notes politiques en temps de pandémie et d’urgence sanitaire.

Nous vivons actuellement une crise sanitaire grave notamment en raison de la rapidité de sa propagation à l’échelle planétaire. A la crise sanitaire succédera une crise économique et sociale dont nous peinons aujourd’hui à imaginer la dimension qu’elle pourrait prendre. Alors que les gouvernements mettent en place des mesures d’exception, celles et ceux qui désormais s’activent par solidarité ou qui espèrent une autre organisation de la société peuvent également tenter d’en tirer des enseignements.

D’une crise sanitaire à une réponse politique à la crise économique

Car si la crise offre aux États des opportunités inédites de contrôle social, elle pointe également l’absurdité d’un système économique qui exploite l’humain et détruit la nature. La faillite probable des compagnies aériennes n’est pas seulement une situation économique difficile pour les salarié-e-s et un désagrément pour les voyageur-euse-s, c’est aussi l’occasion de ne pas sauver ces compagnies et de ne plus cautionner un modèle économique où les externalités (destruction de l’environnement et coût social) ne sont pas assumées. Lors de la dernière crise financière et économique majeure de 2007-2008, les États étaient largement venus en aide aux secteurs bancaire et automobile. L’addition a été reportée sur les finances publiques et donc payée in fine par la population, déjà affaiblie par la crise. Il y a fort à parier que sans une action collective déterminée de grande ampleur le même scénario se reproduise.

D’une solidarité organisée à une forme d’organisation

De cette crise sanitaire surgissent d’un peu partout des solidarités inédites. On a rarement autant parlé à ses voisins, proposé de faire des courses pour les personnes âgées confinées chez elles. Or, au fond, il ne tient qu’à nous toutes et tous, que ces comportements de solidarité qui surgissent ne s’évaporent pas quand la crise sanitaire aura disparu. Les formes locales d’organisation, souvent à l’échelle du quartier, peuvent être porteuses d’une autre perspective une fois le droit de réunion rétabli. Elles peuvent être la base d’une démocratie radicale. Avec un peu plus d’ambition, elles peuvent être les structures à partir desquelles repenser un nouveau modèle de production économique basé sur la satisfaction des besoins.

A la précarité sanitaire succédera la précarité économique. Aucun journal télévisé ne se fera l’écho de ces formes de solidarité-là, nous devrons savoir les valoriser par nous-mêmes. A ce prix, cette crise peut être l’occasion de penser un nouveau rapport social et un modèle économique respectueux de l’environnement à une échelle plus locale et humaine.

Néanmoins, ne soyons pas naïfs sur les capacités locales, quand les décisions se prennent à l’échelle nationale, voire au-delà. Pour que les 10 milliards (même pas l’équivalent d’une semaine de la production intérieure brute !) débloqués par le Conseil fédéral ne financent pas les bénéfices des actionnaires, il faudra une forte mobilisation et à une autre échelle. Et ces formes d’organisations locales, surgies dans l’urgence pour faire face à une situation inédite et imprévue, pourraient être un espace puissant de prise de conscience et de mobilisation. D’elles peuvent partir des revendications unificatrices et indépendantes des structures discréditées des partis, associations professionnelles et autres lobbys..

 

Notes politiques en temps de pandémie et d’urgence sanitaire.

Nous vivons actuellement une crise sanitaire grave notamment en raison de la rapidité de sa propagation à l’échelle planétaire. A la crise sanitaire succédera une crise économique et sociale dont nous peinons aujourd’hui à imaginer la dimension qu’elle pourrait prendre. Alors que les gouvernements mettent en place des mesures d’exception, celles et ceux qui désormais s’activent par solidarité ou qui espèrent une autre organisation de la société peuvent également tenter d’en tirer des enseignements.

D’une crise sanitaire à une réponse politique à la crise économique

Car si la crise offre aux États des opportunités inédites de contrôle social, elle pointe également l’absurdité d’un système économique qui exploite l’humain et détruit la nature. La faillite probable des compagnies aériennes n’est pas seulement une situation économique difficile pour les salarié-e-s et un désagrément pour les voyageur-euse-s, c’est aussi l’occasion de ne pas sauver ces compagnies et de ne plus cautionner un modèle économique où les externalités (destruction de l’environnement et coût social) ne sont pas assumées. Lors de la dernière crise financière et économique majeure de 2007-2008, les États étaient largement venus en aide aux secteurs bancaire et automobile. L’addition a été reportée sur les finances publiques et donc payée in fine par la population, déjà affaiblie par la crise. Il y a fort à parier que sans une action collective déterminée de grande ampleur le même scénario se reproduise.

D’une solidarité organisée à une forme d’organisation

De cette crise sanitaire surgissent d’un peu partout des solidarités inédites. On a rarement autant parlé à ses voisins, proposé de faire des courses pour les personnes âgées confinées chez elles. Or, au fond, il ne tient qu’à nous toutes et tous, que ces comportements de solidarité qui surgissent ne s’évaporent pas quand la crise sanitaire aura disparu. Les formes locales d’organisation, souvent à l’échelle du quartier, peuvent être porteuses d’une autre perspective une fois le droit de réunion rétabli. Elles peuvent être la base d’une démocratie radicale. Avec un peu plus d’ambition, elles peuvent être les structures à partir desquelles repenser un nouveau modèle de production économique basé sur la satisfaction des besoins.

A la précarité sanitaire succédera la précarité économique. Aucun journal télévisé ne se fera l’écho de ces formes de solidarité-là, nous devrons savoir les valoriser par nous-mêmes. A ce prix, cette crise peut être l’occasion de penser un nouveau rapport social et un modèle économique respectueux de l’environnement à une échelle plus locale et humaine.

Néanmoins, ne soyons pas naïfs sur les capacités locales, quand les décisions se prennent à l’échelle nationale, voire au-delà. Pour que les 10 milliards (même pas l’équivalent d’une semaine de la production intérieure brute !) débloqués par le Conseil fédéral ne financent pas les bénéfices des actionnaires, il faudra une forte mobilisation et à une autre échelle. Et ces formes d’organisations locales, surgies dans l’urgence pour faire face à une situation inédite et imprévue, pourraient être un espace puissant de prise de conscience et de mobilisation. D’elles peuvent partir des revendications unificatrices et indépendantes des structures discréditées des partis, associations professionnelles et autres lobbys..

 

Notes politiques en temps de pandémie et d’urgence sanitaire.

Nous vivons actuellement une crise sanitaire grave notamment en raison de la rapidité de sa propagation à l’échelle planétaire. A la crise sanitaire succédera une crise économique et sociale dont nous peinons aujourd’hui à imaginer la dimension qu’elle pourrait prendre. Alors que les gouvernements mettent en place des mesures d’exception, celles et ceux qui désormais s’activent par solidarité ou qui espèrent une autre organisation de la société peuvent également tenter d’en tirer des enseignements.

D’une crise sanitaire à une réponse politique à la crise économique

Car si la crise offre aux États des opportunités inédites de contrôle social, elle pointe également l’absurdité d’un système économique qui exploite l’humain et détruit la nature. La faillite probable des compagnies aériennes n’est pas seulement une situation économique difficile pour les salarié-e-s et un désagrément pour les voyageur-euse-s, c’est aussi l’occasion de ne pas sauver ces compagnies et de ne plus cautionner un modèle économique où les externalités (destruction de l’environnement et coût social) ne sont pas assumées. Lors de la dernière crise financière et économique majeure de 2007-2008, les États étaient largement venus en aide aux secteurs bancaire et automobile. L’addition a été reportée sur les finances publiques et donc payée in fine par la population, déjà affaiblie par la crise. Il y a fort à parier que sans une action collective déterminée de grande ampleur le même scénario se reproduise.

D’une solidarité organisée à une forme d’organisation

De cette crise sanitaire surgissent d’un peu partout des solidarités inédites. On a rarement autant parlé à ses voisins, proposé de faire des courses pour les personnes âgées confinées chez elles. Or, au fond, il ne tient qu’à nous toutes et tous, que ces comportements de solidarité qui surgissent ne s’évaporent pas quand la crise sanitaire aura disparu. Les formes locales d’organisation, souvent à l’échelle du quartier, peuvent être porteuses d’une autre perspective une fois le droit de réunion rétabli. Elles peuvent être la base d’une démocratie radicale. Avec un peu plus d’ambition, elles peuvent être les structures à partir desquelles repenser un nouveau modèle de production économique basé sur la satisfaction des besoins.

A la précarité sanitaire succédera la précarité économique. Aucun journal télévisé ne se fera l’écho de ces formes de solidarité-là, nous devrons savoir les valoriser par nous-mêmes. A ce prix, cette crise peut être l’occasion de penser un nouveau rapport social et un modèle économique respectueux de l’environnement à une échelle plus locale et humaine.

Néanmoins, ne soyons pas naïfs sur les capacités locales, quand les décisions se prennent à l’échelle nationale, voire au-delà. Pour que les 10 milliards (même pas l’équivalent d’une semaine de la production intérieure brute !) débloqués par le Conseil fédéral ne financent pas les bénéfices des actionnaires, il faudra une forte mobilisation et à une autre échelle. Et ces formes d’organisations locales, surgies dans l’urgence pour faire face à une situation inédite et imprévue, pourraient être un espace puissant de prise de conscience et de mobilisation. D’elles peuvent partir des revendications unificatrices et indépendantes des structures discréditées des partis, associations professionnelles et autres lobbys..