Programme d’activités : Février 2020

Programme d’activités : Février 2020

Le vendredi 19 février, 20h

 

Avec son livre L’émancipation des travailleurs. Une histoire de la Première internationale (2011), Mathieu Léonard propose une des seules synthèses accessibles sur ce sujet pourtant très important pour qui s’intéresse aux luttes sociales et aux mouvements d’émancipation. Au-delà des coups bas du conflit Marx-Bakounine, la Première internationale (1864-1872) est, en effet, le moment de constitution de la classe ouvrière comme force politique. À ce titre, l’Association internationale des travailleurs structure profondément toute l’histoire du XXe siècle, dans une large partie du monde.

Les enjeux de l’époque sont encore vifs aujourd’hui : Les multiples pratiques qui constituent les mouvements d’émancipation gagnent-elles à s’unir dans une organisation internationale ? Que peut-on espérer de telles organisations ? Faut-il reproduire la tendance impérialiste du capitalisme pour le combattre ? Un projet émancipateur est-il forcément hégémonique ? Une organisation de grande ampleur est-elle fatalement minée par des luttes de pouvoir internes ?

L’histoire, si elle n’apporte pas de réponses toutes faites, permet de comprendre comment nos manières d’envisager l’émancipation et la lutte sont encore tributaires de ce qui s’est joué pendant ces huit années.

Lien pour participer à la réunion: https://kmeet.infomaniak.com/sbdcwtsohtnejlmw (ou accès avec un code : 679-6169-393).

 

 

Lettre ouverte à la société (par une employée de Swissport Genève)

Lettre ouverte à la société (par une employée de Swissport Genève)

Les négociations pour le renouvellement de la CCT de Swissport n’ayant pas abouti, celle-ci est arrivée à échéance le 31 septembre 2020. En date du 4 janvier 2021, les employé.e.s ont reçu un courrier avec de nouveaux contrats et de nouvelles conditions de travail à signer d’ici le 28 janvier 2021, faute de quoi ceci “entraînera conséquemment une fin des rapports de travail”.

Cinq mobilisations ont été organisées du 12 au 22 janvier dernier afin de ramener la Direction à la table des négociations. Celles-ci ont mené à une rencontre entre la Direction, les syndicats et le Conseiller d’Etat Mauro Poggia qui aura lieu ce lundi 25 janvier à 16h00. Un rassemblement a lieu lundi 25 janvier à 15h00 au Bourg-de-Four.

Voici le témoignage d’une employée de Swissport.

La prochaine fois que vous prenez l’avion, pensez donc aux fourmis ouvrières se cassant la santé mentale et les reins, pour un si maigre bout de pain.”

Chères concitoyennes, Chères vacancières, Chères politiciennes, Chères journalistes*, et j’en passe, bref, Chère société,

Depuis fin 2018, je suis « agente d’escale auxiliaire » chez Swissport dans un service dédié à l’une des compagnies clientes qui vous permet de vous envoler pour Tenerife selon les périodes pour CHF29,90. En quoi consiste mon emploi ? Sans entrer dans les détails, je suis préposée à l’enregistrement des passagers et de leurs bagages pour la compagnie d’aviation low cost orange. En plus de cela, je scanne vos billets et vérifie que vous ayez le droit de vous envoler vers telle ou telle destination en porte d’embarquement. Finalement, je m’assure de votre sécurité lors de l’arrivée des avions. L’ajout de la mention « auxiliaire » signifie que je suis payée à l’heure et non pas sur une base fixe mensuelle. Les avantages ? Je peux plus librement déterminer, avec l’accord de l’employeur, mes horaires de travail. Les inconvénients ? Je dois être très disponible sans pour autant avoir un minimum d’heures garanties par mois, je peux avoir des « tours » (ou « shifts » dans la terminologie globalisée de l’aviation et de plus en plus de milieux professionnels mondialisés) de 3 à plus de 8 heures sans régularité, entre 4h et minuit environ. J’ai choisi de me consacrer aux horaires « tardifs » afin d’éviter de prendre le bus à 3h du matin en compagnie des fêtards, après 15 minutes de marche. Heureusement j’ai déménagé depuis et je vis beaucoup plus proche de l’aéroport, contrairement à certain.e.s collègues qui passent plusieurs heures pour faire le porte-à-porte. J’ai droit à 30 minutes de pause non rémunérée pour les shifts de 6h à plus de 8h. Souvent, j’effectue des shifts de 5h30 sans aucune pause.

Je dois être très disponible sans pour autant avoir un minimum d’heures garanties par mois, je peux avoir des « tours » (…) de 3 à plus de 8 heures sans régularité, entre 4h et minuit environ…”

Après une formation non-rémunérée équivalente à une semaine de travail, j’ai été propulsée dans ma nouvelle « fonction », avec l’uniforme adéquat. Ce fut la croix et la bannière pour récupérer à temps toutes les pièces d’uniforme avec divers aller-retour à l’autre bout de l’aéroport (évidemment ce temps n’est pas payé, ce serait trop facile sinon !), le badge permettant de travailler sur la plateforme aéroportuaire, pour lequel un extrait de casier judiciaire est exigé (à nos frais), le code-barre permettant de badger et d’autres détails administratifs des plus chronophages. Je dois consulter mes horaires sur mon portable ou mon ordinateur privé. Avec Covid, ceux-ci sont constamment sujets à modification. On m’a même une fois appelée avant le début de mon shift pour me donner les tâches à faire. J’étais sur mon vélo pour me rendre au travail… Mais on ne bronche pas, on fait tout. Tout bien. On arrive à l’heure, toujours (sinon menace de licenciement). Je peux devoir badger entre 14h00 et 14h03 pour le début de mon shift et devoir commencer un embarquement à 14h05 à l’autre bout de l’aéroport (il faut, bien entendu, entre temps que je passe le contrôle de sûreté et me rende à la porte adéquate). Je préfère donc anticiper et arrive toujours 10 minutes en avance (voire plus).

Je dois apporter mes propres stylos. Je dois aussi bien souvent utiliser mon propre téléphone portable, que ce soit pour appeler « la dispo » (les personnes en charge de me m’attribuer mes « tâches ») ou bien tout simplement pour vérifier les conditions d’immigration pour telle destination, la plupart des ordinateurs étant dépourvus de connexion internet. Nous travaillons avec du matériel daté, usé, que ce soient les ordinateurs issus d’un autre âge qui tombent régulièrement en panne ou les espèces de ficelles jaunes que je dois tendre pour la sécurité des passagers lors des débarquements. Régulièrement celles-ci ne sont pas disponibles et/ou dans un état tellement piteux que nous perdrions trop de temps à les mettre puis les enlever quelques minutes plus tard pour le (re)décollage. On fait au mieux, avec ce qu’on a. Nous n’avons depuis peu plus de service clients. Pourtant j’avais cru être engagée pour être au service de la clientèle… Par gentillesse, par altruisme, par zèle, j’ai donc déjà fait (et bien avant Covid !) des modifications de réservations sur mon portable (je ne suis pas formée à le faire dans le système) et j’ai plus récemment même téléchargé des tests PCR de passagers sur mon portable à nouveau ! Je n’aurais peut-être pas dû. Comme je n’aurais pas dû parfois prendre les choses en mains et essayer de savoir s’il ne restait pas des passagers pour telle ou telle destination dans la file avant fermeture aux guichets, ou leur courir après en porte. Non, peut-être n’aurais-je pas dû. Ce n’était pas dans « mon cahier des charges ». Mais je vous assure que si nous ne faisions pas tout ce que nous ne devrions pas, la boîte ne tournerait simplement pas. Les vols seraient systématiquement en retard et les passagers (encore plus) mécontents.

Mon emploi est fatigant : tâches répétitives (je peux rester souvent plus de 3h au même guichet à enchaîner les mêmes gestes, les mêmes phrases), je suis en constante confrontation avec une clientèle stressée, peu respectueuse qui préférerait sans doute avoir affaire à des machines plutôt qu’à des êtres humains. Un passager me l’a réellement dit une fois « tiens, c’est marrant, à Berlin ce sont des machines qui font votre travail ». Je lui ai courtoisement répondu selon la procédure en vigueur : merci au revoir et bon voyage Monsieur, SOURIRE. Il y a encore et toujours les passagers qui ne veulent jamais reconnaître qu’ils sont en tort, les passagers qui veulent absolument parler à un manager pour réentendre la même chose que je ne cesse de lui répéter depuis 15 minutes.

Nous sommes en sous-effectif chronique, avec ou sans Covid.”

Nous sommes en sous-effectif chronique, avec ou sans Covid. Pour reprendre une intervention humoristique sur le sujet des vols easyJet de Yann Marguet, les « 2 heures à attendre » à l’arrivée ce n’est pas parce qu’on vous a oubliés dans l’appareil, c’est parce qu’on n’est pas assez, et donc l’équipe des trois-quatre préposé.e.s est déjà affairée sur d’autres vols, d’autres appareils, d’autres vous, d’autres passagers qui attendent, ailleurs. Le travail peut sembler simple aux yeux du public, mais il est en réalité complexe avec des procédures sans fin, la sécurité, la sûreté (connaissez-vous la différence ?). J’ai maintenant en tête les règles d’immigration pour de nombreux pays, désormais régulièrement mises à jour avec le Covid. Quel passeport, quel test Covid, quel type de masque pour entrer en Hongrie par exemple ? Les directives changent constamment. A nous de nous tenir toujours au courant, sinon gare à la faute, plus ou moins grave, qui engendrera dans le meilleur des cas « un point orange » (bonjour l’école primaire, on n’est pas loin de la gommette Mickey dans la marge de la dictée) ou un « blâme » plus solennel, si par ma faute, disons, un avion aurait été mis en retard.

Les conditions de travail sont encore plus pénibles pour mes collègues du tri bagage et de la piste qui se cassent le dos, les bras, les jambes, à porter des bagages, les empiler à quatre pattes dans des soutes, par moins 10 en hiver et +40 en été (sur le tarmac, entre les réacteurs et l’asphalte il fait vite chaud, très chaud en été). Sur le tarmac, nous sommes exposés à beaucoup de bruit et les équipements de protection individuelle (dans mon cas de mini Boules Quies) m’ont été donnés par un collègue inconnu au détour d’un avion. Bref, des conditions bien difficiles. Heureusement, les équipes sont soudées et l’ambiance de travail agréable.

Pourquoi la Direction, invoquant la crise sans précédent liée au Covid, ne pourrait-elle pas puiser dans les bénéfices des années antérieures et/ou se permettre une ou deux années avec des bilans négatifs ?”

Ceci est un témoignage parmi tant d’autres. Celui de ma situation personnelle, d’employée auxiliaire au service passager. Pour mon emploi chez Swissport, je suis payée à l’heure au salaire minimum genevois, pour 15 heures par semaine (selon mon contrat). Mon salaire a légèrement augmenté depuis mes débuts pour s’adapter au coût de la vie notamment (merci la feu-CCT !). J’ai commencé avec un contrat à CHF 21,90 / brut de l’heure (+8,33% de vacances). Je gagnais jusqu’avant le Covid et le chômage partiel entre 700.- et 1600.- nets en moyenne par mois. Je ne cotise, par ailleurs, pas au 2e pilier, mon salaire annuel ne dépassant pas le minimum légal annuel. J’ai la chance d’être jeune et en bonne santé, de ne pas avoir d’enfant (ni de chien d’ailleurs) à charge, de cumuler différents emplois et de vivre dans un HBM. Je bénéficie également d’aides étatiques non-négligeables (allocations logement et subsides d’assurance maladie). Je vis modestement mais cela me convient bien et je n’ai pas de quoi me plaindre.

Pour mes collègues « fixes » qui pour certain.e.s travaillent dans la boîte depuis 10, 15, 20, 25 ans, il est dorénavant exigé de faire le même travail, mais pour moins (voire beaucoup moins) d’argent. Avec les nouvelles conditions proposées par la Direction, les salaires bruts de mes collègues sont amputés de 400 à 800 francs, voire 1200.- (attendons de voir le net !). Sachant que les salaires actuels ne sont déjà pas mirobolants et ne doivent de loin pas atteindre les salaires médians locaux. Le salaire brut est diminué, les cotisations sociales (au 2e pilier notamment) augmentent, la participation à l’assurance maladie est retirée, un 100% passe de 40 à 41h25 par semaine, les vacances diminuent. On ne parle pas de GELER LES ACQUIS on parle de DONNER UN GROS COUP DE PIED dans tout ce qui a été acquis de haute lutte. La Direction affirme dans les médias que tous ces dégâts sont liés au Covid mais elle souhaite depuis avant le Covid réduire les coûts, réduire les coûts, réduire les coûts (refrain monotone à fredonner sur n’importe quelle mélodie que vous auriez en tête).

En plus des diminutions salariales, de nouvelles propositions scandaleuses sont faites. Je pourrai dorénavant aller travailler pour seulement 2 heures (déjà que trois…). En effet, la Direction souhaite imposer le « flex/end begin » ; elle s’octroie ainsi le droit de raccourcir mes shifts le jour même « en fonction des opérations ». Et mieux encore le « split shift » c’est-à-dire : je pourrai travailler de 9h à 12h, mettons, avoir une « pause interminable » (et évidemment non payée) puis reprendre de 16h à 18h par exemple.

Pourquoi la Direction, invoquant la crise sans précédent liée au Covid, ne pourrait-elle pas puiser dans les bénéfices des années antérieures et/ou se permettre une ou deux années avec des bilans négatifs ? Personne ne se fait de souci, ça va redécoller et le grand groupe international s’en remettra plein les poches à nouveau d’ici quelques années. Avec ses investisseurs aux doux noms rappelant les palmiers des paradis fiscaux – Strategic Value Partners, LLC, Apollo Global Management, Inc, TowerBrook Capital Partners, Ares Management, Cross Ocean Partners and King Street Capital Management, LP – Swissport ne pourrait pas trouver un accord, un peu plus d’argent, un prêt momentané, un investissement pour une fois dans l’humain plutôt que dans les rendements destinés uniquement à enrichir une poignée de nantis ?

Mesdames les vacancières, Mesdames les politiciennes, Mesdames les journalistes, Mesdames, Chère société,

La prochaine fois que vous prenez l’avion, pensez donc aux fourmis ouvrières se cassant la santé mentale et les reins, pour un si maigre bout de pain. Pour mes collègues, je ne demande pas grand-chose, juste la dignité et la reconnaissance de leur travail. Je vous le demande aussi, quel exemple pour les autres employeurs si la Direction de Swissport peut agir ainsi ? Vous, lecteurs.lectrices, salarié.e.s du secteur privé, ne seriez-vous pas les prochain.e.s sur la liste ? Ne laissons pas faire ! Indignons-nous !

* A lire aussi bien au féminin qu’au masculin. L’ordre n’a pas d’importance.

 

PS. Sur la situation des travailleuses d’escale à l’aéroport de Genève, vous pouvez également consulter les témoignages d’Anne et de Caroline recueillis en avril 2020. [note du Silure]

 

 

Suivi des luttes : Janvier 2021

Suivi des luttes : Janvier 2021

Quelques informations sur l’actualité des luttes à Genève et ailleurs.

#8mars

Depuis 2017, des personnes se réunissent chaque année pour organiser une semaine des luttes féministes qui culmine dans une manif féministe de nuit aux alentours du 8 mars. L’organisation se fait en AGs sans hommes cisgenres* dyadiques** avec une organisation horizontale, sans hiérarchisation ni représentation de partis/groupes.
Depuis maintenant 2 mois, l’organisation de la semaine des luttes féministe et la marche féministe, transinclusive et antiraciste de mars 2021 a commencé.
Ces AG se veulent être l’occasion de poser les bases touxtes ensemble pour l’organisation de ces super moments révolutionnaires. Evidemment, à cause du covid (ACDC), la forme a dû quelque peu s’adapter. Pour plus d’informations et pour participer à l’organisation, prière d’envoyer un mail à 8marsgeneve(at)gmail.com
*cis-genre : personne qui se reconnait dans le genre qui lui a été assigné à la naissance.
** dyadique : désigne les personnes qui ne sont pas intersexe.

#DonsCantine

La cantine du Silure remercie toutes les personnes qui ont donné des sous pour la cantine solidaire du samedi. Les fonds récoltés nous permettent de continuer encore un moment. Nous espérons qu’avec les beaux jours nous pourront recommencer les cantines du vendredi à prix libre pour se revoir, manger ensemble et potasser des livres de l’infokiosk en dégustant.

#Retour19décManifCovid

Comme vous l’avez peut-être lu ailleurs, un cortège a été réprimé le 19 décembre dernier à Genève ; il faisait suite à un rassemblement syndical à qui il avait été interdit de manifester. On a pu lire sur renverse.co :“[A]lors que l’objectif premier était de défiler pour une sortie solidaire de la crise de la gare à la Place de Neuve, la demande d’autorisation a été refusée – forçant un repli sur la plaine de Plainpalais et un évènement statique.” Les forces de l’ordre ont matraqué à tout va ce défilé qui commençait à s’étirer sur la zone piétonne de la Plaine et entonnait des chants de Noël revisités. Une arrestation extrêmement brutale est à déplorer. Comme le Silure à de longue date entamé un travail politique autour de la question du droit de manifester et de la répression systématique qui lui est opposé, nous tenions à vous faire part de ce nouvel exemple de la violence des autorités et de la police face à toute velléité contestataire, dont la vidéo qui illustre l’article (22.12.20) est une preuve sans équivoque. Solidarité !

#RenduProcèsTourismeDuPire2019

Il y a les manifs et leurs suites judiciaires. Bien que souvent longtemps après et loin des regards, il ne faut pas oublier que des victoires collectives peuvent aussi s’obtenir et qu’il s’agit parfois d’occasion pour continuer la lutte sous d’autres formes. 

Ainsi Teo a été acquitté le 1er décembre dernier du reproche de “refus d’obtempérer”, car il avait pris la parole lors d’une action “Tourisme du pire” en septembre 2019. La policière interrogée à l’audience devant le Tribunal a été obligée d’admettre qu’elle avait rédigé son rapport non pas sur la base de ce qu’elle avait constaté, mais sur ce que lui avaient raconté ses collègues, sans doute pour justifier leur dispositif. 

L’importante couverture médiatique du procès a permis de reparler de ces géants de la finance tels que BlackRock qui sont bien planqués au Passage des Lions Genève d’où ils tirent les ficelles du capitalisme dans ses formes les plus mortifères, soit l’extractivisme et le développement des énergies fossiles.

#RenduProcèsMalagnou2018

Autre acquittement (mais partiel) pour les soutiens de la maison de Malagnou qui, en mars 2018, avaient fait un petit chahut devant les bureaux du Conseiller d’Etat Serge Dal Busco (PDC) pour dénoncer l’acharnement de ce magistrat à refuser de prolonger le bail de la maison collective. Entre temps, cette lutte a payé, car la maison peut rester au moins jusqu’en 2023.

 Mais à l’époque, la police genevoise voyait les choses différemment et avait violemment interpellé des participant.e.xs à l’action et justifié son action après coup avec un “refus d’obtempérer”. Là encore, ça ne convainc pas la juge qui trouve une pirouette pour acquitter sans se prononcer sur le fond, à savoir la répression systématique des (petits) désordres contestataires. 

L’affaire se poursuivra cependant en appel pour 4 des 6 prévenus qui voient leurs amendes confirmée pour “port d’une tenue destinée à empêcher leur identification” bien que d’un montant réduit à CHF 200.- vu leurs “fautes de légères”. Il s’avère que certain.e.xs participant.e.xs auraient porté des masques en papier à l’effigie du Conseiller d’Etat… 

Ces deux procès se recoupent sur une chose : suivant que vous serez géant de la finance ou poursuivez des projets collectifs, vous serez protégés ou réprimés par la police qui use et abuse entre autres de la Loi sur les manifestations sur le domaine public. Cette justification légale de l’action policière n’est pas exempte d’incohérences et il peut y avoir des victoires dans les prétoires. 

https://renverse.co/infos-locales/article/mala-au-tribunal-episode-no985498754 (8.10.20)

#SansabrismeEtVernets

Un témoignage sur les changements dans l’accueil d’urgence à Genève durant l’année 2020 a été publié le mois dernier sur le site du Silure. Il revient en détail sur la façon dont la ville de Genève a géré les sans-abris durant la période de semi-confinement de mars à mai dernier et comment ce nouveau dispositif était vécu sur le terrain. Un glossaire en fin d’article permet aussi de s’y retrouver dans la jungle des structures d’accueil de nuit à Genève.

#CitéLéopardEnLutte

A l’heure du bilan de fin d’année on peut constater que la Cité Léopard de Carouge s’est beaucoup dépeuplée. Il ne reste plus que 20 appartements occupés (familles et personnes seules) contre plus d’une centaine l’été dernier. Les permanences dans un appartement du 28 rue de la Fontenette ont repris le 14 janvier. Elles se révèlent décisives pour faire durer dans le temps l’exigence de relogement de l’ensemble des locataires de la Cité. A ce titre, le mois de décembre a été décevant avec un seul relogement au compteur. Un nouveau grief envers la régie Gerofinance est apparu au moment du changement d’année : celle-ci n’a pas envoyé les bulletins de versement pour payer les loyers en 2021 alors même qu’un précédent courrier recommandé au ton très déplaisant avait rappelé aux locataires que le non-paiement des loyers constituait un motif d’expulsion. La régie a de plus demandé un paiement de 30 frs pour l’impression des bulletins de versement. Il est clair que personne ne veut payer cette somme et cette question est donc sur le bureau du médiateur.

#DélégationZapatiste

Une délégation zapatiste va venir en Europe cet été. Rencontres, échanges, actions sont au programme, ou plutôt, sont à programmer. En Suisse et à Genève, des gens s’organisent pour cela, et il y a besoin de forces. Le site EnlaceZapatista comporte de nombreux articles sur ce projet de tournée européenne, en voici un extrait : “L’année 2021 sera celle des 20 ans de la Marche de la couleur de la Terre, que nous avons réalisée, aux côtés des peuples frères du Congrès national indigène, afin de réclamer une place dans cette nation qui s’écroule aujourd’hui. […] Aujourd’hui, dans le monde entier, le grand capital prétend faire retourner les gens dans les rues pour leur faire réassumer leur condition de consommateurs et de consommatrices […] Il faut retourner dans les rues, oui, mais pour lutter. Parce que, comme nous l’avons dit précédemment, la vie, la lutte pour la vie, ce n’est pas un problème individuel, mais collectif. (…) ce n’est pas non plus un problème de nationalités, c’est un problème mondial.”
http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2020/10/09/sixieme-partie-une-montagne-en-haute-mer/


#ZADColline

La ZAD de la Colline à Eclepens (VD) écrit régulièrement sur son canal telegram ses besoins en terme de matériel. Le lien se trouve sur leur site : https://orchidees.noblogs.org

Programme d’activités : Janvier 2020

Le retour à la normale n’étant plus une hypothèse plausible à court terme, notre espace prend son mal en patience dans cette situation en poursuivant toutes les activités possibles vu les mesures sanitaires (les cantines pour précaires et les permanences bibliothèques). Il n’y a pas eu d’événement au Silure depuis la discussion sur le livre de Lordon en octobre et ce manque se fait sentir. Mais demain n’est pas (encore) annulé comme nous essayons de le prouver par cette lettre d’info !
Une nouveauté pour ce mois-ci est la playlist musicale. La musique tient une place importante dans nos vies et parfois dans nos parcours politiques, mais la période est peu propice aux concerts. On propose donc une sélection tournante de 10 morceaux à écouter chez soi. Ce mois-ci c’est du punk, à découvrir sous la lettre d’info.

 

Playlist du mois

UnE camarade amateur de punk est l’auteur de cette première playlist Silure, à découvrir ci-dessous !
https://youtube.com/playlist?list=PLdDrPCVm6KXAjvFys2uAPp6SI1DfpB3jL

 

Activités régulières

Cantines à emporter du samedi : Chaque samedi, le Silure offre des dizaines de repas gratuits à des précaires. Les coups de main en cuisine et les dons sont toujours bienvenus.

Bibliothèque-Infokioque : Les permanences biblio ont lieu tous les vendredis de 17h à 20h au Silure. Les perm servent à emprunter des livres, chiner dans la collection, amener de la distro, etc. Le catalogue est accessible en ligne en cliquant sur le texte ci-dessous.

Permanence juridique (PJS) : Les permanences juridiques continuent tous les samedis de 10h30 à 12h30 dans le respect des mesures sanitaires. La possibilité de consulter par téléphone sera réouverte en appelant le +41 76 291 19 71 pendant la permanence (samedi 10h30-12h30 uniquement). On ne répond pas aux SMS.