Ce suivi live a pour but de recenser toutes les informations relatives aux luttes sociales en période d’état d’urgence sanitaire car celles-ci se perdent dans les énormes flux d’informations qui sont actuellement disponibles sur le web. La seconde partie revient sur la deuxième moitié du mois d’avril.

Jeudi 30 avril

20h: Le SSP a tenu une conférence de presse à Fribourg pour dénoncer les pressions qui s’intensifient sur le personnel soignant des EMS, le fait que les personnes vulnérables se voient contraintes de retourner travailler et un licenciement abusif. Les doléances sont multiples: « l’impossibilité de maintenir les distances de sécurité (…,) le manque persistant de matériel de protection (…) une aide-soignante d’un EMS fribourgeois a été licenciée avec effet immédiat à la mi-avril pour avoir envoyé, dans un groupe WhatsApp, un message de solidarité à des collègues, personnes à risques et au bénéfice d’une attestation médicale, à qui l’employeur demandait de retourner travailler. » Le syndicat rappelle comment le Conseil fédéral est passé de l’injonction pour ces personnes à être « strictement confiné-e-s à domicile, ensuite renvoyé-e-s au travail et enfin autorisé-e-s, au moyen d’un certificat médical, à retourner à domicile avec un droit au salaire. Cette valse-hésitation a donné aux patrons une marge de manœuvre importante. Il faut rappeler que l’ordonnance fédérale n’a pas clairement précisé que les personnes vulnérables étaient protégées contre le licenciement. » Le syndicat souligne qu’« en Suisse comme ailleurs, les trois quarts des emplois les plus exposés au coronavirus sont occupés par des femmes. C’est le cas des EMS, où les femmes occupent la quasi-totalité des postes dans les soins, l’aide et les services aux pensionnaires. Les EMS comptent une majorité d’emplois peu qualifiés, notamment les aides-soignantes : les qualités requises sont considérées comme « naturellement » féminines et donc sont peu valorisées : les salaires sont bas, les conditions de travail difficiles et les relations de travail sont davantage précaires que dans d’autres secteurs de la santé. » Fuck patriarchy and capitalism ! (Source : SSP, 12h45 RTS 1)

16h: La Tribune de Genève consacre un article au travail des ambulancier.e.s que le Covid-19 a passablement modifié. Ils portent maintenant un équipement comprenant une double paire de gants, des lunettes de protection, une combinaison intégrale “dans laquelle il cuit à l’étouffée à 40°C” et un masque “qui décourage le sourire apaisant”. “«La tenue de protection est hyperanxiogène, regrette [un ambulancier]. Un patient m’a dit qu’en me voyant arriver, il voyait la mort qui venait le chercher… C’est difficile d’être distant et déshumanisé alors que notre métier compte justement une grande part d’humain.» […] «On doit parfois laisser des membres de la famille sur le trottoir, certains en pleurs, confie le directeur adjoint. Ils ne savent pas s’ils reverront leur proche vivant. C’est inconcevable et terrible, pour eux comme pour nous.»” Plus que la charge de travail, selon la Tribune de Genève, c’est la “charge psychologique” qui a été difficile : “Contrôler sans cesse chaque geste pour éviter d’infecter ou de l’être, accepter qu’une prise en charge anodine puisse cacher un Covid asymptomatique… «Au début, certains collègues étaient terrorisés […] Ils craignaient d’être infectés et de contaminer leurs proches.» Il faut encore supporter, parfois, la stigmatisation. «La voisine d’une ambulancière avait peur qu’elle soit infectée et lui a demandé de ne plus sortir sur son balcon…»” Une profession au front qui a pris cher puisqu’”un tiers des ambulanciers du service genevois ACE a été infecté. Toutes les autres compagnies l’ont aussi été”. (Source : Tribune de Genève)

15h30: Toujours sur les livreurs, la réouverture des deux McDrive de Genève le 27 avril a conduit à des énormes files d’attentes de véhicules au Lignon et à Meyrin. Les seuls “piétons” qui avaient le droit de commander étaient les livreurs travaillant pour les plateformes UberEats, EatCH ou Smood. “Et devant les enseignes, les livreurs, qui sont payés pour la plupart à la livraison, étaient dans la même attente et montraient des signes d’impatience. Obligés de multiplier le plus rapidement possible des commandes, afin de gagner de l’argent, ils se sont retrouvés coincés sur place. «Au Lignon, c’était le cauchemar! J’ai dû patienter 1h30 pour un menu», raconte l’un d’eux. Pour certains livreurs, la course est rapidement devenue peu ou plus rentable…” L’entreprise Smood annonce qu’elle donnera 30 ou 40frs de compensation à ses livreurs, et un Mars ? (source: Tribune de Genève)

14h30: S’appuyant sur un sondage national réalisé auprès de plus de 1000 livreurs, Unia Genève dénonce les conditions de travail des livreurs, un « secteur stratégique pour l’économie mais qui maltraite ses acteurs ». Le syndicat réclame une prime de risque et plus de contrôle des entreprises. Le sondage donne des informations concernant les mesures de protection, les 2m de distances requis ne sont pas respectées pour près de la moitié d’entre eux ; pas assez de gel hydroalcoolique pour un tiers d’entre eux. On apprend encore que pour un tiers de livreurs sondés, « leur employeur n’a pas informé les personnes à risque de leur droit de rester à la maison ni ne garantit que les confinés soient payés à 100% pendant la durée de leur auto-isolement, même s’ils ont été en contact avec des personnes infectées ». Un livreur signale : «Même avec un certificat médical, on ne peut pas rester à la maison: c’est ce que mon chef m’a dit.», tandis qu’un autre révèle : «Comme l’ordonnance sur la durée du travail a été suspendue, nous travaillons quinze heures par jour.» D’après le conseiller d’Etat Mauro Poggia, « seule la plateforme Uber Eats pose problème dans sa légalité, les autres ont reconnu un contrat de travail garantissant leurs droits aux travailleurs ». Le droit de se taire? (Source : Le Courrier)

14h: A l’occasion du 1er mai, RiseAgainstBorders réitère un appel à manifester à Zurich, cette fois-ci en petit groupe de 5 personnes maximum : « Safety for all refugees! ». Et d’expliquer que rien n’a changé pour les personnes en exil, ni en Suisse, ni dans les camps en Grèce, ni en mer Méditerranée. #LeaveNoOneBehind
D’autre part, une vingtaine de collectifs exigent la fermeture du bunker (abri PCi souterrain) d’Urdorf (ZH) dans lequel plus de 30 personnes en exil sont contraintes de loger dans des conditions indignes et risquées. Ce logement collectif, forçant une promiscuité non sans conséquences, ne permet pas de respecter les distances sociales requises (voir 13 avril). Les signataires mettent en avant que loger ces personnes en chambre individuelle est nécessaire pour leur santé et celle de la communauté et qu’une telle mesure est possible immédiatement, par exemple dans des hôtels vacants. Fermeture de tous les bunkers pour personnes en exil en Suisse ! (source: Page FB RiseAgainstBorders)

13h: Banderole à Genève. “Du fric pour l’hôpital public, non aux millions pour les avions !”. (source: Page FB Feu au lac)

11h: Unia Genève publie un troisième portrait de travailleuses d’EMS (les EPADH en suisse), celui d’une infirmière. Ces institutions, plus de cinquante dans le canton, note le syndicat, « ont la particularité d’être fortement subventionnés par l’État, ce qui devrait les rendre plus attentives aux conditions des résident-e-s et des employé-e-s. Malheureusement ce n’est pas toujours le cas ». Dans une lettre publié dans Le Temps il y a un mois, cette infirmière écrivait : « Le monde des EMS est un milieu oublié des médias, malheureusement nous avons l’habitude de cela. Je dis souvent à mes proches que je travaille avec une population marginale; moins on la voit, mieux on se porte. […] Nous travaillons avec la population la plus à risque, avec le taux de décès le plus élevé de la pandémie, mais personne ne se préoccupe réellement d’eux, de nous. » Aujourd’hui, elle précise que la question : «Pourquoi sommes-nous les oubliés de cette crise? » qui concluait sa lettre, elle la posait « au système, à ceux qui gèrent globalement la crise, à Mauro Poggia, responsable du Département de la santé » parce que la crise du Covid19 en Ems est « fortement sous-estimée » ». A ce jour, cette infirmière n’a reçu aucune réponse. Concernant le milieu extra hospitalier, elle insiste : « Nous sommes les parents pauvres du secteur santé. On a été mis de côté ! » (Source : Unia Genève, Le Temps)

Mercredi 29 avril

19h: À Genève, action du syndicat Unia pour protester contre l’interdiction d’accès au chantier du méga-projet Quartet dans le quartier populaire des Charmilles. Des représailles après leur opposition à la réouverture des chantiers. Là encore, c’est un chantier de l’entreprise HRS qui est concerné, c’est-à-dire l’entreprise où il y avait eu une grève spontanée dans un autre grand chantier près de l’aéroport début mars. Ce n’est pas un cas isolé, d’autres entreprises générales ont interdit aux syndicats d’accéder aux chantiers. “Ouverture des chantiers et protection de la santé: les syndicats exigent l’accès aux travailleurs” (Source: Acta, Unia Genève, Tribune de Genève)

18h: Affiche pour la grève des loyers à Genève.

Mardi 28 avril

19h30: Dans Le Matin dimanche, Rudolf Strahm (PSS) s’épanche sur la gestion de la crise sanitaire. L’entretien est intéressant dans la mesure où sont nommés clairement quelques faits : la tarification à l’acte des soins médicaux empêche la prévention ; les différents lobbys économiques déterminent les décisions du Conseil fédéral ; le secrétariat d’État à l’économie est un nid de néolibéraux. Ce qui étonne, c’est l’origine de ces confidences. Strahm, en effet, a introduit le néolibéralisme au Parti socialiste dont il fut secrétare général de 1978 à 1985. Il s’est engagé pour la libéralisation du marché de l’électricité. Selon l’anecdote, à la question de la différence entre la gauche et la droite, Strahm répondait que la gauche voulait vraiment le marché partout, tandis que la droite faisait semblant. Remords sénile, opportunisme ? On continuera d’ignorer les motifs de ces confidences puisque le journaliste n’a pas jugé utile de poser la question. (source: Canal Telegram Détaché de presse)

18h30: Rattrapage zurichois avec cette action banderole le 5 avril dernier dans un spot prisé par les touristes. “Hinter den Alpen liegen miserable Flüchtlingslager. Menschen jetzt in Schweiz aufnehmen #LeaveNoOneBehind” [Derrière les Alpes se trouvent des camps de réfugiés misérables. Rappatrions ces gens en Suisse dès maintenant ! #LeaveNoOneBehind] (source: Page FB Solidarität gegen Corona)

18h15: Banderoles et collages le week-end dernier à Zurich. “Den Spiess umdrehen: statt Sozialpartnerschaft, Klassenkampf” [Renversons les rôles : au lieu du partenariat social, la lutte de classes], “[…] Krieg dem Krieg !” [Guerre à la guerre – pas arrivé à lire le reste], “Gewalt zu Hause, Gewalt vom Staat. Patriarchale Strukturen zerschlagen !” [La violence à la maison, la violence de l’État. Détruisons les structures patriarcales !] (source: Aufbau)

18h: La Grève des femmes / Grève féministe de Zurich publie son appel pour un 1er mai féministe et appelle à des collages décentralisés les 29 et 30 avril : « Que vous soyez employée.x de maison, nounou, infirmière, caissière, thérapeute sociale, éducatrice de jour, parente, grands-parente, aide-soignante dans un foyer – dans le monde entier, le travail de soins, dont 95 % est effectué par des femmes, est considéré comme allant de soi dans le système patriarcal et capitaliste et ne mérite pas d’être mentionné. Dans le monde entier, les femmes qui, en raison de leur situation économique, n’ont pas d’autre choix que de prendre un emploi de domestique ou de soignante, par exemple, sont exploitées sans vergogne et souvent de manière criminelle ! Avec le Covid-19, il est apparu une fois de plus à quel point le travail sous-payé et non rémunéré est vital dans le secteur des soins […]. Stop à l’exploitation ! À la prochaine grève féministe le 14 juin 2021. » (source: Page FB Frauenstreik Kollektiv Zürich, non traduit)

13h: Le processus de déconfinement amenant davantage de personnes dans les rues associé à l’injonction à maintenir la distanciation sociale est l’occasion pour l’association Pro Vélo de revendiquer une politique active en matière de vélo. L’association invite à suivre l’exemple de Berlin, Bogota, New York et Oakland qui à l’occasion de la crise du Covid-19 ont effectué des aménagements pour les cyclistes. Le vice-président de Pro Vélo Genève relève que « Cette crise nous permet de constater la place pléthorique que prennent les voitures et des possibilités d’aménagement dont nous disposons quand elles ne circulent pas.» Un exemple d’une possibilité, bienvenue dans une ville qui fait la part belle aux automobilistes, mais qu’il s’agit encore de faire advenir (Source : Le Courrier, RTS)

12h: Un mélange des genres pernicieux : Dans les cantons de Genève et Neuchâtel, le traçage systématique des individus ayant eu un contact rapproché avec une personne malade du Covid-19 reprend. A Neuchâtel, nous apprend la RTS, “des policiers feront notamment partie de l’équipe qui va opérer ce traçage, [mais] il ne s’agit pas d’une opération de police”. Est-ce qu’on manque à ce point-là de personnel de santé qu’il fasse faire un travail de santé publique à des policiers ? Par d’alternatives ? Dans un entretien avec Mediapart « Le Nigéria est mieux préparé que nous aux épidémies », G. Lachenal dit à ce propos : « Avec une certaine ironie, on constate que des pays comme le Cameroun ou le Nigeria sont mieux préparés car ils disposent de ce qu’on appelle des agents de santé communautaire (Community Health Workers) qui sont des gens peu formés – ce ne sont pas des infirmiers – mais qui sont des sortes d’aides-soignants de santé publique, qui s’occupent des campagnes de vaccination, mais aussi de surveillance épidémiologique, et qui s’avèrent très utiles pour faire le suivi des cas, et des contacts des personnes infectées. C’est un savoir social que ne peut faire la police ou un smartphone. » (Source : RTS, Mediapart)

Lundi 27 avril

13h: Dans Le Courrier du jour, un article suit une maraude de la Brigade de solidarité populaire Genève. “Le mouvement actif depuis le début du confinement fait écho à une initiative milanaise. Identifiant de plus en plus de laissés-pour-compte dans la politique sanitaire étatique, les mouvements antifascistes locaux ont décidé d’apporter leur aide concrète sur le terrain”. Des plats chauds sont distribués dans la rue, et une deuxième distribution a lieu au temple des Pâquis pour les travailleuses du sexe du quartier. « Pour elles, pas question d’attendre sur le trottoir l’arrivée des maraudeurs, sous peine de s’exposer à une amende pour racolage. “«En les invitant à venir ici, on les incite à faire quelques pas dehors. Et les paquets sont un moyen de leur redonner un peu de dignité», ajoute Francesca Olivetti [de Swiss Gambia Solidarity].” (source: Le Courrier)

11h30: Dans le Matin dimanche, un article sur la situation des travailleuses du sexe et le soutien apporté par l’association Fleur de Pavé. “Beaucoup continuent de travailler au noir. «On choisit entre notre survie et notre santé», résume Marianne*. Une survie cher payée, raconte cette prostituée exerçant dans le canton de Vaud. Connaissant leur situation précaire, de nombreux clients se déchaînent sur ces femmes en difficulté”. Des clients les frappent car “« ils savent qu’on n’a pas le droit de travailler » […] L’amende peut être salée. Le 3 avril, une Thaïlandaise a été condamnée à 60 jours-amende à 100 francs avec sursis, une amende de 1500 francs et des frais de justice de 500 francs pour avoir continué son activité à Rheineck (SG).” Le patriarcat n’est pas confiné. (source: Matin dimanche)

11h15: Dans la WOZ de jeudi dernier, un édito assez combatif du journaliste Kasper Surber qui critique l’approche de la crise des médias dominants: dans le Tages Anzeiger, on demande à la présidente d’Unia si elle est « devenue folle », la NZZ craint le « socialisme épidémique » si l’Etat intervient trop dans l’économie et le milliardaire nationaliste Christoph Blocher se paie des pages dans la presse appelant au redémarrage au nom de la lutte « contre la pauvreté de masse ». Il remarque que la gauche suisse est assez atone malgré la grève des femmes et le mouvement pour le climat l’an dernier. Surber défend l’idée (comme un certain Lordon) “qu’entre l’utopie sociale et le projet concret, le niveau intermédiaire est souvent oublié : celui des institutions publiques”. Aussi à signaler, un bon article sur la façon dont les très riches suisses vivent le confinement dans leur bulle et un article sceptique sur les projets de « cyber-manif » pour le 1er mai. (source: Wochenzeitung, non traduit)

11h: Quelques bribes tirées de la lettre d’information d’Antira(point)org du 20 avril:
– le médecin Markus Fritzsche qui s’occupe des requérants d’asile depuis 30 ans s’est fait retirer son mandat pour le camp fédéral d’Adiswil (ZH) après avoir été trop critique de l’absence de protection des demandeurs d’asile. L’Etat lance même des procédures disciplinaires contre lui pour tenter de le marginaliser.
– centres de rétention: comme nous l’avions dit aussi dans ce Suivi, les deux centres de rétention de Genève ont été vidés. Antira reprend un article du média Republik où on apprend que c’est aussi le cas pour celui de Bässlergut à Bâle-Ville et que 14 personnes ont été libérées à Berne. « A Soleure, la détention administrative d’un homme vient d’être prolongée, et à Zurich, la prison d’expulsion de l’aéroport est pleine aux deux tiers. » dit Republik. La situation est aussi difficile à la prison de Pöschwies (ex-Regensdorf) dans le canton de Zurich.
– des retours sur le rassemblement de solidarité avec les réfugiés à Berne et de la tentative de manif en voiture à Zurich, respectivement les 16 et 18 avril (source: Antira(point)org, non traduit)

10h: Dans le Temps de jeudi dernier, un article sur les milliers de sans-papiers qui n’ont plus de revenu à cause de la pandémie. “La fragilité de leur situation les pousse à accepter des licenciements ou suspensions de contrat sans aucune revendication. L’angoisse d’un contrôle de police les conduit à faire leurs courses la boule au ventre. La peur d’entacher leur dossier d’octroi ou de renouvellement de permis de séjour les incite à ne pas demander d’aide financière. Et la crainte d’une possible dénonciation les contraint à ne pas se faire soigner”. Dans le canton de Vaud, un appel à été lancé le 15 avril dernier par le CSP, d’autres associations caritatives et les partis de gauche (pourtant majoritaires au gouvernement vaudois…). A Genève, une prise de position du même type est en préparation. Le CCSI précise qu’il ne veut pas que l’aide étatique renforce la répression: “Le fonds de solidarité devra s’appuyer sur les organisations [caritatives] pour pouvoir distribuer cette aide, car ces personnes n’iront pas s’adresser à l’Etat”. (Source: Le Temps)

9h: L’association Caravane de solidarité a organisé une nouvelle distribution de biens de première nécessité samedi dernier à Genève. Une vidéo sur FB a fait beaucoup réagir, elle suit une queue sur “plusieurs kilomètres” (en filmant les jambes). “La misère invisible qu’on veut garder invisible”, commente une internaute. D’après un bénévole, 600 colis ont été distribués en 1h30 “et malgré ça, plus de 1’000 personnes attendaient encore [pour qui] rien n’a pu être distribué”. Un reportage à Lausanne dans le 19:30 de samedi dernier montre aussi une situation alarmante. “Les structures d’entraide croulent sous les demandes. Au delà d’une aide financière, les gens viennent surtout chercher à manger”. Le directeur de Caritas dit ne pas être surpris et pointe des causes structurelles. “Dans le paquet ficelé des 20 milliards la Confédération, les pauvres n’existent pas” (source: Groupe FB Coronavirus entraide Genève et régions, Page FB Caravane de Solidarité – Genève, 19:30 RTS 1)

Dimanche 26 avril

16h: Deux autres actions banderoles respectivement à Bâle et à Berne avec des vidéos à l’appui. “Corona tötet, Grenzen auch” [Le Corona tue, les frontières aussi] et “Solidarität mit VerkäuferInnen Eure Gesundheit vor ihrem Profit. Unterstutzen / organisieren! CEO Migros: 20k/monat Verkäuferin: 4k” [Solidarité avec les vendeu-euses. Votre santé avant leurs profits. Organisons le soutien! CEO Migros: 20k par mois Caissière: 4k] (source: Page FB Revolutionärer Aufbau Basel, Chaîne Youtube Revolutionäre Jugend Gruppe)

15h30: Des possédants et des dirigeants qui parlent aux médias sous couvert d’anonymat mais pourquoi donc ? C’est au sujet d’une revendication de revalorisation d’un métier dont l’utilité semble avoir été enfin reconnue: les infirmières et infirmiers. Le point de vue des ces anonymes, « dirigeants de cliniques privées et politiciens de droite », est relayé par la RTS : « Le personnel soignant ne fait que son métier, à savoir soigner, et c’est la raison pour laquelle un salaire leur est versé chaque mois, sans besoin de prime ». Pourquoi l’anonymat ? Un rapport de force qui se modifie quelque peu ou simple mépris ? En tout cas, la revendication de l’Association suisse des infirmières (ASI, voir le Suivi des 21 et 25 avril) ne consiste pas en une prime (comme le proposent le trio fribourgeois PDC, UDC et PLR) ou autre une récompense mais en une revalorisation du métier impliquant une augmentation de salaire. (Source : RTS) 15h: Deux banderoles à Genève. “Leurs profits nos mort.es, arrêt du travail non essentiel, grève des loyers, réquisition des logements vides” et “Et après? On redémarre la machine à détruire la planète ou on change de système?” (source: Page FB Feu au lac, Page FB solidaritéS Genève)
14h30: Encore quelques panneaux détournés à Genève. (source: Silure)

Samedi 25 avril

17h: Le Temps s’est fait l’écho cette semaine d’une énergique prise de position de l’Association suisse des infirmières et infirmiers. L’ASI essaie d’obtenir un bénéfice tactique de la crise sanitaire, en réclamant l’application anticipée des revendications de l’Initiative fédérale sur les soins infirmiers que le parlement fédéral essaie de torpiller. La Suisse, apprend-on, ne forme que 43 % de ses infirmières et infirmiers. À ceux qui seraient tentés de se féliciter de la bonne gestion de la crise en Suisse, il est bon de rappeler que ce pays n’a pas de système de santé. Il emprunte celui de ses voisins, sans vergogne et sans rien donner en échange. Même si Le Temps laisse une large place à la position de l’ASI, la conclusion de l’article laisse la parole à l’un des représentants des assurances maladies au parlement fédéral. Et l’argumentaire solide et politique de l’ASI se trouve soudain réduit à un slogan : notre patience est à bout. (source: Canal Telegram Détaché de presse)

13h: Le Silure publie le témoignage d’un astreint de la Protection civile. En ce moment de catastrophe sanitaire, il s’interroge sur la dérive de cette structure dont le but officiel est l’assistance à la population en cas d’événements dommageables ou de catastrophes. «L’armée et la protection civile prétendent être prêtes à parer à toute éventualité, en fait non. Tu as l’impression qu’ils se préparent les trois-quart de l’année à vivre un bombardement de l’armée allemande qui n’est jamais encore arrivé jusqu’à aujourd’hui. Mais une pandémie, visiblement, ils ne savent pas la gérer…». En attendant le conflit « La tâche des affectés pour la patrie, en temps normal, c’est par exemple d’aller voir si les sirènes d’alarme fonctionnent ou si dans les abris PC l’eau est disponible…». Mais pendant le Covid 19 «toute une partie des astreints est au service de certaines entreprises privées qui sont contentes d’avoir trouvé de la main-d’œuvre gratuite.» Parfois l’entreprise offre généreusement «un plat du jour à midi. Entre le coût de ce plat d’environ 14 CHF ou le salaire d’un mois, c’est tout bénéfice»
Et notre témoin, nous livre une opinion claire et réjouissante : « je suis contre le fait que la protection civile soit mise à disposition, gratuitement, du secteur capitaliste pour qu’il fasse du bénéfice en réduisant les coûts du travail pendant cette période ». Sans oublier que «surveiller les gens dans les supermarchés ou aller faire la morale aux promeneurs dans les parcs ou au bord du lac, ce n’est clairement pas ce pourquoi les astreints ont été formés jusqu’à aujourd’hui.» Puisqu’on est à Genève, il pose la même question que Patrick Juvet en 1977, Où sont les femmes ? mais apporte une réponse bien plus passionnante… (source: Silure)

11h: Pression sur des personnes vulnérables. Contraint à prendre les transports publics s’il devait retourner au travail, ce que son médecin lui recommande fortement d’éviter, un homme travaillant dans la construction raconte la réaction de son employeur :”Il l’a pris de manière négative et m’a plus ou moins menacé de me renvoyer si je ne faisais pas d’efforts de mon côté ces prochaines semaines. […] On m’a clairement dit par téléphone que je ne pouvais pas travailler depuis la maison les trois prochains mois. […] Je passe beaucoup plus d’heures à travailler pour mon montrer ma motivation. Et à côté de ça, une fois que j’ai fini de travail, je fais une recherche d’emploi tous les soirs car j’ai peur de perdre mon travail. […] Je sais que si je fais valoir mes droits, ça pourrait me protéger à très court terme. Mais cela me sera reproché à long terme. Je suis très inquiet d’autant plus inquiet que la situation économique risque d’empirer ces prochains mois et que de retrouver un travail ce sera difficile. Ce sera d’autant difficile que j’ai des problèmes de santé qui limitent mes recherches d’emplois.” Et on apprend, par la RTS, que la confédération fait confiance aux entreprises sur ce dossier. Pas nous… (Source : Forum, RTS La 1ère)

Vendredi 24 avril

14h: Collage à Genève près de la plaine de Plainpalais. “Femmes en 1ère ligne, merci !” !

13h30: Dans une lettre envoyée au Conseil fédéral, au Conseil d’État et au Conseil administratif de la Ville de Genève, les marchand.e.s de marchés genevois décrivent : «Au supermarché, on utilise tous le même caddie, au marché non. Au supermarché, on ouvre et ferme tous les mêmes frigos/congélateurs, au marché non. (…) Au supermarché, on pianote tous la même balance pour peser nos marchandises, au marché non. (…) En pleine crise sanitaire, au supermarché on peut continuer à faire ses courses, au marché non. Cherchez l’erreur…». «C’est une inégalité de traitement inacceptable!» dénonce le président de l’Association des marchés de Genève. Si récemment, des stands ont pu reprendre leurs activités à Plainpalais et à Carouge, les marchand.e.s « considèrent le dispositif insuffisant et discriminatoire (et s’indignent) du fait que le maintien de l’interdiction des marchés fait la part belle aux grandes enseignes, au détriment des vendeurs sur stand ». (Source: Le Courrier)

13h: Dans les 20 EMS du canton de Genève, 104 personnes âgées sont décédées. Le Courrier rapporte que « la situation reste tendue. « Nous avons pu remarquer que la crise ne faisait qu’accentuer les disfonctionnements là où ils existaient déjà», explique un syndicaliste d’Unia. Un constat partagé par deux aides-soignantes d’un EMS: «Nous avons besoin de plus de personnel expérimenté», assène Fanny*. Sa collègue, Josiane*, qui travaille dans une unité Covid-19, rebondit: «Des intérimaires nous aident. Mais la direction nous a avertis que, le budget étant épuisé pour l’année, elles ne seront plus là la semaine prochaine.» «Nous vivons une crise, renchérit Fanny. Ce n’est pas l’heure pour parler d’économies, d’autant qu’on nous en parle déjà toute l’année.» Et sa collègue d’analyser: «On manque de matériel. Du coup, le virus se propage en dehors du service. Mais le plus difficile, c’est de voir nos aînés partir dans la souffrance et souvent seuls: ce n’est pas une mort normale avec ce virus. Même avec la morphine, ils gémissent alors qu’ils sont inconscients.» (Source : Le Courrier)

12h30: Sphère privée : Les médecins romands proposent à leur tour leur pierre à l’édifice du déconfinement : le concept du «déconfinacheck» résumé ainsi : «Autant les décisions de confinement ont été coercitives, centralisées, autant les mesures de reprise doivent être individualisées, en fonction du risque de chacun, de ses conditions d’existence et de travail.». La crainte des médecins : la mise à mal ou la disparition de deux de leur principes fondamentaux, le secret médical et le respect de la sphère privée des patient.e.s. Le président de la Société vaudoise de médecine et de celle de la Suisse romande évoque des possibles dérives : «Des partis politiques sont en train de dire que les entreprises devraient pouvoir tester leurs employés dans un but de protection et pouvoir ainsi délivrer des certificats d’immunité. D’autres estiment que les autorités devraient se charger de ces opérations en les centralisant. » (Source : Le Courrier)

Jeudi 23 avril

14h30: Sur Barrikade, des risques d’évacuation pour le grand squat zurichois de la Juch-Areal dans le quartier d’Altstetten. La municipalité de Zurich veut évacuer cet espace où vivent plusieurs dizaines de personnes depuis octobre dernier. Ils ont reçu un ultimatum au 24 avril pour quitter les lieux. « Ainsi, dans l’ombre de la crise de Corona, les gens sont chassés de chez eux et les espaces culturels alternatifs sont détruits. » La Juch-Areal est un ensemble d’anciens baraquements pour requérants d’asile laissés à l’abandon par l’administration municipale après la construction des camps d’asile fédéraux. Le hashtag #JuchBleibt a été lancé sur twitter. Solidarité! (Source: Barrikade, non traduit)

14h: Tags à Genève sur les affiches de l’agence de pub Neo Advertising. “[Un grand merci] de ne rien changer”, “[Un grand merci] d’avoir donner (sic) (encore) le monopole à Coop / Migros”, “Prétexte publiciataire au grand retour du bazar”. (source: Silure)

13h15: Dans Le Courrier d’aujourd’hui, un article sur la situation des intérimaires. A l’annonce du semi-confinement le mois dernier, les entreprises ont massivement congédié les temporaires. Ils n’ont pas le droit aux RHT et d’autre part “ont peu de chance de toucher des indemnités de chômage suffisantes pour vivre”. Unia Genève demande un fonds d’aide cantonal afin de les soutenir et a fait témoigner des intérimaires lors d’une conférence de presse. Alimentation/logistique: “«Je ne suis pas payée depuis le 12 mars», témoigne Francesca”. Elle travaillait via l’agence One Placement pour le primeur Ronin, qui livre des restaurants scolaires. « Je n’ai pas été licenciée. Je suis juste en suspension.» Employée en Suisse depuis neuf mois seulement, elle ne peut pas toucher le chômage «normal». Bâtiment: Antonio est temporaire depuis deux ans et demi dans le groupe de construction Implenia, « on lui a simplement dit, le 18 mars, de ne plus venir ». « [O]n me dit que je suis trop vieux pour être engagé en fixe ». Hôtellerie: « Samir*, qui occupait quant à lui une activité temporaire à l’hôtel Mandarin Oriental, témoigne : « Suite à l’annulation du Salon de l’auto, mon employeur m’a annoncé la fin de ma mission temporaire. J’ai d’abord cru que j’avais le droit au chômage technique, comme tous les autres employés de l’hôtel. Mais ce n’était pas le cas. » (source: Le Courrier, Page FB Unia Genève)

12h: Affichettes dans la rue et dans des entrées d’immeubles à Genève. Grève des loyers! (source: Silure)

Mercredi 22 avril

13h30: Une directive des Transports publics genevois (TPG) « donne l’impression que certains méritent plus de vivre que d’autres » s’insurge un conducteur de l’entreprise. Afin de choisir à qui offrir certaines journées de piquet à domicile, les TPG ont opté pour le critère suivant : ne pas avoir eu d’accidents depuis trois ans ou avoir été considéré comme notoirement méritant l’an dernier. Une conductrice explique que « personne ne fait exprès d’avoir un accident, qui peut venir de la malchance. Avec le virus, ceux qui roulent se sentent en danger. C’est choquant qu’on nous dise: tu es mauvais, tu es puni, tu peux choper le Covid-19.» (Source : 20minutes)

13h: Dans le 24 heures du 18 avril, article sur une association distribuant, comme à son habitude, des repas à des personnes sans-abris à Lausanne a également été stoppée par deux agents de police municipale la semaine dernière. Même prétexte qu’à Genève (voir 20 avril) : pas d’autorisation. On apprend que la “police municipale de Lausanne ne cautionne pas l’action” des agents. “Il n’y a pas d’interdiction de l’activité de la Maraude, explique le porte-parole du corps de police. […] il s’agissait de vérifier le respect des distances. Malheureusement, il y a eu une incompréhension, un raccourci de la part des agents, une initiative malheureuse en disant que les bénévoles n’avaient pas le droit de faire cette distribution.” Initiative malheureuse ou un banal exemple de plus du pouvoir discrétionnaire laissé à ces agents ? (Source : 24heures)

Mardi 21 avril

19h30: Le Silure publie un témoignage de deux agentes au sol sur le travail à l’aéroport. L’une d’elle dit : “je travaille pour cette entreprise, parce que je ne trouvais pas de boulot à la suite de ma formation”. Elles abordent tant la situation de la crise du Covid-19 que la routine infernale. Vu les conflits sociaux réguliers qui se déroulent à l’aéroport, on se doutait que c’était pas un regroupement d’employeurs Bisounours. Bingo ! “Là en gestion de crise c’est zéro mais il faut dire que c’est délirant comme entreprise en temps normal”. Difficile de lutter à l’aéroport, une panoplie vertigineuse de type de contrats, des CDI qui sont payés à l’heure, des contrats qui sont adaptés au “besoin opérationnel”, aux saisons, etc… Les 14 et 15 mars, “tout le monde était entassé dans la queue comme d’habitude ! Il n’y avait encore aucunes mesures. Ni plexiglas, ni gants, ni rien du tout ! En travaillant au guichet, je ne me suis pas sentie en sécurité. Je ne suis pas quelqu’un de spécialement angoissé. Mais j’ai pris des dispositions personnelles pour me rassurer […] Il y a un moment où j’ai beaucoup hésité à me rendre au travail. Je ne voulais pas, en y allant, risquer de contaminer d’autres personnes ensuite. Un dilemme entre santé et argent. Faire le choix de ne pas aller travailler lorsqu’on est payé à l’heure serait revenu à ne pas avoir de salaire.” Une question de fond qu’elles posent est celle des bullshit vols : “les compagnies low cost […] ont créé un désir qui n’existait pas avant […] personne ne devait aller absolument à Pula avant qu’une compagnie low cost ne propose cette destination”. Et un dernier constat : “Fermer l’aéroport : Maintenant tout le monde est tout à coup d’accord. Alors qu’en temps normal, quand des gens disent «il faut réduire le trafic », ils ne sont pas entendus.” (Source : Silure)

17h: Le « journaliste » Pierre-Alexandre Sallier pratique la distanciation sociale avec le vocabulaire de la conflictualité. Son article sur la grève des loyers est hérissé de guillemets, ces gestes barrières idéologiques, qui insinuent à la fois la distance critique du « journaliste » et son mépris pour cet appel à la grève des loyers, qu’en petit léniniste tamédiatique, il juge « très politique ». Sallier souligne que l’appel n’a pas permis « d’établir un rapport de force avec les grands groupes immobiliers ». Il oublie de mentionner qu’une part importante des ressources publicitaires de son employeur provient… des grands groupes immobiliers. Pour éviter la contagion gréviste, Carlo Sommaruga conseille aux locataires de « mobiliser leurs marges de manœuvre » pour payer leurs loyers. Il faut vraiment être un sénateur socialiste pour penser que les « marges de manœuvre » sont du côté des locataires plutôt que de celui des propriétaires. (source: Canal Telegram Détaché de presse, Tribune de Genève)

15h30: L’Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI) a adressé une lettre ouverte au parlement concernant la revalorisation de la profession. Ils critiquent à nouveau la décision du Conseil fédéral du 20 mars dernier de retirer le droit au repos du personnel soignant. “La crise montre également de manière éclatante l’importance systémique des soins infirmiers. Une reconnaissance financière de notre travail dans cette situation extraordinaire serait donc plus qu’appropriée! […] Fini les belles paroles; le monde politique doit passer à l’acte – maintenant. […] Le personnel s’épuise parce qu’on lui refuse systématiquement le temps de prodiguer aux patients les soins dont ils ont besoin. Le personnel soignant n’est plus disposé à travailler en permanence au-delà de ses limites, au prix de sa propre santé.” (Source: ASI)

15h: “La grève des loyers, c’est maintenant !”. Après une initiative similaire à Genève, lancement côté alémanique d’une grande campagne nationale pour la grève des loyers (“Mietstreik” en allemand), la revendication est simple: une remise de loyers pour les 3 prochains mois “ou aussi longtemps que durera la crise, et ce afin d‘atténuer la menace existentielle pesant sur les travailleurs et les travailleuses”. Le site web est classe et traduit dans quatre langues. Il est proposé d’envoyer des courriers anonymisés de semonce à son propriétaire ainsi qu’aux grandes propriétaires immobiliers suisses comme les entreprises Swiss Re, Swiss Prime Site ou UBS. (source: Mietstreik)

12h30: Toujours dans Le Temps d’hier, un article sur les gens du voyage (yéniches, manouches et sini). “Le confinement rend difficiles, voire impossibles, le travail des communautés nomades suisses, ainsi que leurs déplacements”. Il risque aussi de ne pas y avoir assez d’aires d’accueil cet été. “Pour nous c’est une immense catastrophe, même les communes qui nous acceptaient d’habitude nous refusent à présent” (source: Le Temps)

11h30: Dans le Temps d’hier, un article sur la misère sociale dans le canton du Tessin depuis le début de la pandémie. “A La Croix-Rouge Tessin, la demande de fourniture de biens de première nécessité « a plus que doublé» […] Chez Caritas, en quelques semaines, autant d’interventions ont été réalisées qu’en un an habituellement”. Il est rappelé qu’au Tessin, “le salaire médian est de quelque 1000 francs inférieur au reste du pays”. (source: Le Temps)

9h: Chez les camarades de Barrikade, un communiqué revendique le peiturlurage des locaux zurichois de l’institut libéral Avenir Suisse, ainsi que des associations patronales EconomieSuisse et UPS dans la nuit du 15 au 16 avril. “[Ces organisations] travaillent intensément en coulisse pour rendre la crise exploitable pour le capital et pour répercuter les coûts à la baisse”. Le récent rapport d’Avenir Suisse qui propose des horaires de travail 24h sur 24h dans les entrepôts de logistique est dénoncé comme une nouvelle forme d’exploitation. Leur rôle dans l’entrée des logiques marchandes à l’hôpital est aussi souligné: “Nous n’oublions pas qui, au cours des dernières décennies, a fait pression avec succès […] afin de rendre le système de santé attrayant pour les investisseurs au lieu de le rendre utile à la société.” (source: Barrikade)

Lundi 20 avril

19h: “Des détenus au bord de la crise de nerfs” à la une du 20 minutes aujourd’hui. L’article parle de la situation à la prison de La Tuilière à Lonay (VD) [qui n’est pas seulement pour femmes apparemment]. Au début du mois, une pétition avait été lancée pour le retour des visites. On ne sait pas ce qu’elle est devenue. En tout cas selon l’article, « la tension est palpable depuis des semaines ». Depuis le 1er avril, l’administration pénitentiaire interdit aux proches d’amener eux-mêmes des paquets. Le frère d’une prisonnière témoigne « A cause du virus, seuls La Poste et ses concurrents sont autorisés à livrer des paquets. C’est un comble quand on sait qu’ils sont déjà débordés et souvent en retard ». Le manque de journaux et de cigarettes se fait sentir. En plus de ça, l’eau du robinet est coupée depuis 2 mois pour cause de contamination. “Bien que de l’eau en bouteille soit distribuée à volonté aux prisonniers, la situation est tendue”. Solidarité ! (source: 20 minutes)

17h: Vendredi dernier c’était la journée des luttes paysannes. Le syndicat Uniterre critique le conseiller fédéral Guy Parmelin (UDC) et son ordonnance du 1er avril qui vise à « faciliter certaines importations pour faire face à la crise actuelle du COVID-19 […]. L’État favorise encore et toujours le marché globalisé et les acteurs industriels de l’agro-alimentaire ». Le MAPC a profité quant à lui de cette date pour publier son manifeste. Des volontaires coordonnés par la Grève du climat et Agriculture du futur ont été accueillis pour la réalisation d’activités agricoles dans la campagne genevoise. “17 avril. Journée internationale des luttes paysannes. Je veux manger local, je soutien les paysan.ne.x.s… et pas qu’en temps de crise. Pour une révolution paysanne !” (Source: Uniterre, MAPC, Canal Telegram Grève du climat – Vaud)

15h50: Dans Le Temps de samedi dernier un article sur le quotidien de travailleuses du sexe (TDS) dans le quartier des Pâquis à Genève. L’article parle de l’action de l’association Aspasie, “fondée par Grisélidis Real qui défend les droits des TDS”. La situation est grave: “Avec l’impossibilité d’exercer leur métier, les plus précaires d’entre elles n’ont plus de quoi manger ni de lieu où dormir […] «Aspasie n’a jamais été autant sollicitée. Nous soutenons financièrement les TDS qui n’ont plus rien, […] Les plus vulnérables, une majorité de femmes, viennent de l’UE, d’Espagne, de Roumanie et de Hongrie surtout, au bénéfice d’un permis de 90 jours. Souvent, elles vivent sur le lieu des passes, dans le salon de massage ou dans les studios qu’elles sous-louent à prix d’or. Après avoir perdu le droit de travailler, elles n’avaient plus rien. […] Pour atténuer les effets brutaux du confinement, nous avons essayé de convaincre certains propriétaires de salons de laisser les TDS y dormir sans percevoir de loyer. Certains ont joué le jeu, mais pas tous, loin de là. […] Selon les témoignages que nous avons recueillis, la police se montre particulièrement zélée; de plus en plus de TDS se sont faits arrêter ces derniers jours en flagrant délit et sont désormais passibles d’une ordonnance pénale», déplore la coordinatrice d’Aspasie.” (source: Le Temps) 15h40: Après l’action des syndicats de la construction mercredi dernier sur un chantier de l’entreprise Induni, l’Etat a demandé à la Tribune de Genève de bien vouloir écrire un article. Malgré un taux d’infraction de 8% sur les 300 chantiers contrôlés (soit moins de la moitié du total des chantiers réouverts), le message donné est que tout va bien et qu’il n’y a rien à voir. La directrice de l’Office des autorisations de construire va même jusqu’à affirmer qu’il n’y a pas d’infractions sur le chantier objet de la dénonciation syndicale malgré les nombreuses photos envoyés par les syndicats qui démontrent le non-respect des mesures de distanciation sociale. Comme indiqué dans le texte du Silure “à toute vitesse vers le pire du monde”, les pressions fédérales semblent avoir bien fonctionnées. De crainte de ne pas toucher d’indemnités, les entreprises ont décidé de réouvrir les chantiers. Le représentant patronal tente d’expliquer sans convaincre que la réouverture des chantiers est liée au déconfinement décidé jeudi dernier par le Conseil Fédéral. Pourtant, cela fait bientôt trois semaines que les chantiers redémarrent progressivement. (source: Tribune de Genève) 15h20: Un secteur qui profite de la crise, tout en exploitant ses employé.e.s : La RTS nous confirme par l’entremise d’un spécialiste en investissement « que le numérique est le grand gagnant de cette crise » : à commencer par Amazon « dont le court de l’action a touché des plus […] Les achats ou les payements [en ligne] se démocratisent bien plus, puisque vous aviez beaucoup de personnes qui avant le confinement allaient à la poste par exemple pour faire leur payement, et aujourd’hui s’essayent sur internet. Et évidemment lorsque ce sera le retour à la normale ces personnes continueront et comprendront que c’est très facile de faire ses payements en ligne. Même chose pour les rencontres en ligne (…) ». Drôle d’usage de la démocratisation. Et décidément, leur monde d’hier comme d’aujourd’hui fait vraiment (c)rêver. (source : Forum, RTS La 1ère) 15h10: Dans Le Courrier, un article sur une initiative solidaire à Genève qui a été interrompue par la police : La Caravane de solidarité, une association active par le passé auprès des réfugiés syrien.ne.s et des personnes sans papiers, distribuait depuis le 4 avril de la nourriture et d’autres produits (shampooing, savon, papier toilette…). Une des initiatrice de cette initiative fonctionnant sans argent, avec des dons déclare : « On croit que la misère n’existe pas en Suisse, mais elle est bien présente. A cause du coronavirus, beaucoup de travailleurs au noir ont été privés de ressources du jour au lendemain. Des familles suisses, aussi, se retrouvent dans une précarité aggravée. Les associations caritatives ont été prises de court, nous répondons à un besoin urgent car la misère déborde dans la rue. » Mais c’est sans compter le travail de la police. La distribution a été interrompue samedi 18 avril à Plainpalais, relate le journaliste du Courrier, la police a « placé sous séquestre la voiture-remorque de l’association avec son contenu. Une organisatrice a été entendue durant plusieurs heures au poste. […] Après un premier avertissement, la distribution a repris à un autre point de rencontre. «L’initiative de cette association partait d’un bon fond, mais elle n’était pas autorisée; et il s’agissait d’une récidive», précisait dimanche le porte-parole de la police cantonale. » Vous l’aurez compris la forme (autorisation) prime sur la fond (l’aide) même lorsqu’il s’agit de solidarité et de crise sanitaire (Source : Le Courrier) 15h: Malgré les circonstances, les appels pour le 1er Mai fleurissent en Suisse alémanique. Zurich: « La situation actuelle fait ressortir sans relâche les contradictions et la barbarie du capitalisme. […] Trouvons de nouvelles formes pour porter notre protestation dans les rues malgré la situation actuelle. Trouvons des formes pour briser l’individualisation imposée et pour lutter collectivement (mais toujours en toute sécurité) pour un autre monde ! (Aufbau) Bâle: « Malgré – et précisément à cause de – la situation actuelle, nous devons utiliser le 1er mai : comme un jour où nous luttons ensemble. Nous voulons montrer la perspective d’une société solidaire, et un système économique organisé par la base et adapté aux besoins de la population. […] La protection de nous-mêmes et des autres rend impossible la forme de mobilisation de masse, mais c’est peut-être précisément dans cette situation que de nouvelles formes de résistance s’ouvrent. […] Venez dans la rue en petits groupes, prenez vos propres banderoles […] Apportez des masques et gardez la distance nécessaire. » (Source : Aufbau, Barrikade, Page FB Revolutionäres 1. Mai Bündnis Basel, non traduit) 14h: À Bâle, banderole aux fenêtres d’un immeuble vide. “Massengekündigt ! Wohnen statt Profit” [Résilié collectivement ! L’habitat plutôt que le profit] Le communiqué dit “[Certains] dans la rue, en prison ou dans un camp d’asile fédéral, ne peuvent pas non plus rester chez eux. Il y a suffisamment d’appartements pour tout le monde, mais ils doivent être mis à la disposition de tous.” (source: Page FB Revolutionärer Aufbau Basel)
13h: Collage à Zurich. « Die Heldinnen kommen an ihre Grenzen. Mehr Personal, Lohn Und Kompetenzen » [Les héros et héroïnes atteignent leurs limites. Davantage de personnel, de salaires et de formation !] (source: Page FB BFS Jugend Zürich)

12h: Retour sur la manifestation de solidarité avec les réfugiés de samedi dernier à Zurich. L’appel invitait à venir au point de rassemblement en voiture et à vélo. La police a rapidement nassé le cortège, des véhicules et du matériel audio ont été confisqués et plusieurs arrestations ont eu lieu. La police zurichoise n’avait pas lésiné sur les moyens, sauf… les moyens de protection ! Le communiqué dit en effet que « contrairement aux manifestant.e.s, la police avait ni masques, ni gants ».
Trois revendications étaient au centre de la journée: l’évacuation des camps en Grèce, l’hébergement décentralisé des réfugiés en Suisse et la reprise immédiate du sauvetage en Méditerranée. “La guerre, la pauvreté due au colonialisme, tout cela existe encore et les gens continuent de fuir”. Il a été souligné que la crise du coronavirus renforce le racisme structurel déjà existant et que si l’arbitraire pour les personnes en exil existait bien avant le Coronavirus, aujourd’hui, le dispositif suisse de l’asile défie toutes les mesures de sécurité et de dignité. Le communiqué critique la politique du responsable de la sécurité du canton de Zurich le socialiste Mario Fehr (aussi responsable de l’asile). En conclusion, il dit que “l’État utilise la crise pour saper les droits fondamentaux et faire taire les voix critiques. Le système montre son côté le plus laid dans la crise ; des mesures autoritaires pour maintenir des conditions racistes et patriarcales et protéger le profit.”
Quelques banderoles: « Evakuerien jetzt ! » [Evacuer dès maintenant [les centres de rétention] », « Solidarität ohne Grenzen. Schutz für Flüchtende in der Schweiz, Griechenland & überall [Solidarité sans frontières. Protection pour les réfugiés en Suisse, en Grèce et partout] « Die Grenze liegt nicht zwischen innen und aussen sondern zwischen unten und oben » [La frontière n’est pas entre [ceux] dedans et à l’extérieur, mais plutôt entre le bas et le haut] (Source : Barrikade, Page FB RiseAgainstBorders, Page FB Revolutionäre Jugend Zürich – RJZ, Twitter @ajour_mag )

Dimanche 19 avril

11h30: À Genève, la brigade de solidarité populaire organise une récolte de masques, gants, produits d’hygiène et de soin, denrées alimentaires, matériel biodégradables pour servir les repas. Permanences les lundis et jeudis de 14h à 18h à L’Usine. (source: Page FB Brigades de solidarité populaire)

11h: Dans le Matin dimanche, un article sur l’exploitation des employé-e-s dans les centres de logistique qui traitent les commandes sur internet: “Devant l’écran et les quelques clics, difficile d’entrevoir la réalité des travailleurs. Parmi eux, Maria*, qui travaille à l’essai au centre de logistique d’Écublens (VD), préparant les commandes des ventes en ligne sur LeShop.ch, filiale de Migros. Chômeuse en fin de droits, Maria porte de grands espoirs sur la possibilité de décrocher un CDI. Mais dès le début de l’épidémie, le dépôt connaît des cas parmi ses employés. Maria étant une personne à risque, le médecin lui délivre un certificat médical à durée indéterminée. «L’agence d’intérim qui m’a placée m’a clairement fait comprendre que c’était un problème, et que je risquais de perdre ma place, raconte-t-elle. Je suis retournée travailler.» […] «Ce sont des travailleurs invisibles, généralement sans formation, des étrangers touchant de petits salaires… Ils vivent dans la peur constante du licenciement et l’employeur en profite.»” (source: Matin dimanche)

9h: Plusieurs syndicats d’enseignants en Suisse romande ont émis des critiques contre l’idée de rouvrir les écoles le 11 mai en l’absence de garanties. “Nous le disons clairement: dès que les conditions sanitaires seront remplies, l’enseignement en classe devra reprendre. En effet, le télé-« enseignement» n’est guère praticable dans bon nombre de contextes familiaux et ne fait qu’aggraver les inégalités sociales. Mais pour l’heure, ces conditions ne sont pas réunies.” (source: SSP)

Samedi 18 avril

12h: A Bâle, une action de solidarité avec le personnel le 9 avril dernier devant le Bruderholzspital. « La santé plutôt que le profit ! Nous avons besoin d’une société qui soit organisée en fonction des besoins et non en fonction des intérêts du capital ! C’est pour cela que nous devons nous battre. »

A signaler aussi, une banderole et des tracts distribués le 12 avril dans des immeubles locatifs appartenant au Credit Suisse. « Dans le quartier de Schorenweg, cette banque s’est distinguée par la plus grande résiliations de bail de ces dernières années. Alors que les locataires sont maintenant encore plus serrés que d’habitude à cause du Corona, les sociétés immobilières et les banques devraient-elles simplement continuer à percevoir leur loyer ? Non ! Annulez les loyers ! » (Source : Page FB Organisiert Kämpfen)
9h: Épée de Damoclès : Le SEM n’a donné qu’un délai de deux mois à Sangar Ahmad, un homme kurde d’Irak travaillant dans le nettoyage d’hôpitaux à Vevey (voir 9 avril, « Sangar Ahmad désinfecte les hôpitaux d’un pays qui ne veut pas de lui »). En tout temps, solidarité avec toutes les personnes en exil! (Source: 24 heures) Vendredi 17 avril 15h: Banderole à Genève sur la place des Volontaires. “Il y a les pays qui exportent les armes et ceux qui exportent des médecins #solidaritéinternationale”
14h: Pour Swissinfo, le journaliste Luigi Jorio a fait un passage en revue de la situation dans les prisons suisses. Au Tessin et dans le canton d’Argovie, il n’y a plus de droit aux visites, à Champ-Dollon c’est encore possible sous plexiglas (comme mentionné aussi dans le témoignage que nous avons publié). On apprend qu’à Champ-Dollon, le nombre de prisonniers est passé de 650 à 560. Les mesures alternatives sont « l’assignation à résidence, du bracelet électronique et de l’obligation de signature ». Plusieurs associations demandent une réduction de la population carcérale. « Cependant, suivre ce qui a été fait en France, en Grande-Bretagne, aux États-Unis et dans d’autres États, et procéder à des libérations massives, ne semble pas être une option en Suisse. » (source: Swissinfo) 9h: Affiches à Genève sur la place de Montbrillant. “Nous ne reviendrons pas à la normale parce que le problème c’était la normalité”

Jeudi 16 avril

20h30: Petite manifestation à Berne pendant la conférence de presse du Conseil fédéral. “Solidarität heisst Asylcamps evakuerien” [La solidarité consiste à évacuer les camps d’asile] . (source: Page FB Revolutionäre Jugend Gruppe Bern, Twitter @fabokohler)

14h30: L’association patronale SSE qui disait hier dans un communiqué qu’il était « grand temps de mettre un terme à la campagne visant la fermeture générale de tous les chantiers ». Ca n’a pas très bien marché à Genève car une action intersyndicale a eu lieu ce matin pour bloquer l’accès au chantier de l’Etang à Meyrin (GE). « A la suite d’une intervention musclée de la part des agents de sécurité mandatés par le maître d’ouvrage contre les ouvriers qui refusaient de reprendre le travail, la police a dû intervenir. Au moment de l’envoi de ce communiqué, des tractations avec l’inspection des chantiers étaient toujours en cours. […] Même si les infrastructures sanitaires ont été mises en place, la nature même du travail sur un grand chantier rend impossible le maintien des distances de sécurité ». (Source: Unia Genève, SIT) 13h30: Encore sur les EMS, un article de La Liberté raconte que dans les canton de Vaud et de Fribourg des employées vulnérables sont obligés d’aller travailler par leur direction. “[C]e sont souvent des femmes (nettoyeuses, aides-soignantes, infirmières) plus très jeunes, précaires et craignant de ne pas retrouver de poste de travail, qui affrontent ces risques. […] A Fribourg, Catherine Friedli, secrétaire syndicale au SSP, rapporte un nombre important de cas d’employés d’EMS dont les employeurs requièrent la présence, malgré le fait d’être munis d’une attestation […] L’Hôpital intercantonal de la Broye a connu des tensions car le service de médecine du personnel n’a pas validé des attestations fournies par des médecins.” Solidarité ! (source: La Liberté) 13h: Unia Genève a publié mardi le premier témoignage d’une série consacré aux travailleuses dans les EMS (les EHPAD suisses). Une femme de chambre témoigne: “Le taux d’absentéisme, déjà important pour le secteur, a explosé ces derniers jours. “La situation est encore pire qu’avant. Il y a beaucoup d’intérimaires […] Le surmenage lui brise le dos et le manque d’effectif criant lui rappelle chaque jour qu’il n’y a « personne pour nous aider ». Avant la crise sanitaire, Manon travaillait pour deux, « maintenant je fais le travail pour trois ».” La direction ne vient même plus sur place, “[a]vant on les voyait tous les jours pour nous surveiller, maintenant il n’y a plus personne” (source: Unia Genève) 12h45: Dans Le Temps, un article sur la situation du personnel domestique à Genève. Nounous, auxiliaires de vie, femmes de ménage, elles n’ont souvent plus de revenu et craignent pour leur permis de séjour (quand elles en ont un). Elles « s’endettent et sont de plus en plus nombreuses à souscrire aux colis du cœur pour pouvoir manger ». « Le SIT a revendiqué au début du mois une allocation temporaire [cf ci-dessous, 3 avril]” mais aussi du « matériel de protection, des places en crèches ou écoles pour leurs enfants et la mise à disposition de chambres d’hôtel vacantes. » « Des employés sont mis à la porte, car ils étaient en colocation avec une personne fragile et ont poursuivi leur activité, pointe-t-elle. Garantir l’accès aux soins médicaux à tous, y compris sans papiers, est également essentiel dans cette situation.» (Source: Le Temps) 12h30: Dans le 20 minutes toujours, un monteur de meubles qui travaille dans une entreprise sous-traitante d’Ikea se plaint des cadences de travail et du manque de protections. « Lui et ses collègues reçoivent 50 ml de gel désinfectant et un seul masque. Joao assure que la quantité de travail ne lui permet pas de passer au dépôt pour se réapprovisionner en masques. » (source: 20 minutes) 12h: L’info n’est pas nouvelle mais elle fait la une du 20 minutes aujourd’hui sous le titre « Libérés faute d’avion pour leur expulsion ». A Genève, les deux centres de rétention (Frambois et la Favra) ont fermé il y a un mois car les renvois « ne sont plus possibles pour des raisons matérielles ». Aucune information sur leur réouverture prochaine, tant mieux ! La situation semble être différente d’un canton à l’autre pour les centres de rétention. Par exemple avec le centre LMC de Granges (VS), il y a eu des libérations mais on ne sait pas si la prison est fermée. (Source: 20 minutes, Le Nouvelliste) 10h: Dans une lettre ouverte aux autorités, des organisations et des partis du Canton de Vaud mettent en avant les conséquences de la perte d’emploi dû à la crise du Covid-19 sur des personnes exclues ou précarisées par l’État et demandent des mesures pour y palier. Il s’agit des personnes sans-papiers, estimées à 12 000 dans le canton, ainsi que celles au bénéfice de permis dont le renouvellement dépend d’un emploi ou du non-recours à l’aide sociale. Parmi les impacts, notons le renoncement au soin, le manque de nourriture, la précarisation grandissante et l’incapacité à payer des factures, parce qu’elles n’ont pas droit à l’aide sociale ou parce qu’elles y renoncent pour ne pas risquer de devoir quitter le territoire. Revendications des signataires : garantie que la cessation d’activité à cause de la crise sanitaire n’ait pas d’impact sur une régulation ou un renouvellement de permis ; accès complet aux soins ; aucune sanction ou expulsion pour les personnes en situation irrégulière ; libération des personnes détenues en vue d’un renvoi. La crise sanitaire du Covid rappelle que la précarisation et l’exclusion de personnes qu’engendrent les dispositifs des politiques migratoires suisses sont toxiques pour la santé des individus et parfois également pour la santé de la communauté. (Source : Le Courrier) 9h: En replaçant le bien commun au centre, l’édito du Courrier du jour tient sa position en parlant de l’après crise autrement que les autres journaux de la place : « Boucler les centres commerciaux et autres dealers de superflu, clouer au sol EasyJet et ses oiseaux de malheur, et cela au nom de l’intérêt vital des citoyens: la crise sanitaire actuelle a le mérite de rappeler ce que la politique peut. Le bien commun est encore une boussole primordiale, capable de mobiliser une société, en dépit de la puissance des investisseurs et du chant de leurs apôtres. » Mais aussi de rappeler qu’« il s’agira d’être imaginatifs et novateurs, mais aussi déterminés et radicaux. La crise du Covid-19 – avec son lot d’injustices, sa mise en lumière des effets pervers de la mondialisation et des limites du discours économiste de la santé, sa remise au cœur du monde de l’État et de l’humain – nous offre des arguments précieux dans la lutte pour un changement de paradigme. Et probablement une opinion publique plus ouverte qu’hier. Le pire serait néanmoins de croire la voie pavée et l’attentisme suffisant. Il est plus que temps de déconfiner nos luttes. » (Source : Le Courrier) 8h: Banderoles respectivement sur l’église de Fraumünster de Zurich et le centre alternatif Reitschule de Berne. “Nicht nur ihr wollt überleben. #Riseagainstborders” [Vous n’êtes pas les seuls à vouloir survivre] et “Covid19 bedeutet: Moria & alle Asyl-camps evakuieren. Grenzen öffnen ! #LeaveNoOneBehind” [Covid-19 implique d’évacuer Moria et les camps d’asile et d’ouvrir les frontières ! #LeaveNoOneBehind] (source: Page FB Riseagainstborders et Page FB Revolutionäre Jugend Gruppe Bern)

Mercredi 15 avril

19h: Les éditoriaux copié-collés de la Tribune de Genève et du 24 heures d’hier et d’aujourd’hui sont exemplaires des partis pris et des priorités de leurs actionnaires. Alors qu’hier on mettait en garde contre la « gauche syndicale qui réclame contre vents et marées un confinement généralisé et l’arrêt des chantiers », aujourd’hui le journaliste Philippe Rodrik indique avec enthousiasme que la crise est un bon prétexte pour augmenter l’âge de la retraite. Cette perspective avait pourtant fait échouer le plan Berset en votation (2017). Les capitalistes n’ont semble-t-il aucune vergogne a exploiter une catastrophe sanitaire pour imposer une catastrophe sociale. L’occasion fait le larron… (source: Canal Telegram Détaché de presse)

17h: Deux autres nouveaux articles à signaler sur notre site, d’abord un texte de solidarité avec les prisonniers de Champ-Dollon et qui pointe du doigt le caractère pathogène de l’institution carcérale. “Notons que ces proportions ne sont pas le fruit du hasard mais bien les conséquences d’un système judiciaire qui stigmatise et criminalise toujours plus les personnes les plus précaires de nos sociétés.”
Un autre article répond aux questions qui se pose lorsqu’on parle de grève de loyers. L’idée est d’offrir un outil de vulgarisation juridique au service des locataires dans la jungle du droit du bail. (source : Silure)

14h: Dans Le Temps d’hier, prise de position à contre-courant d’une chercheuse en cybersécurité qui critique l’utilisation de technologies de surveillance pour des raisons sanitaires. “Il n’est pas improbable que, lorsque les besoins de surveillance liés au Covid-19 ne seront plus d’actualité, les technologies testées durant cette période soient utilisées à d’autres fins que celles avancées pour la santé publique et la lutte contre la pandémie. Que cela soit basé sur un relatif volontariat de la population, bien préparée par à un marketing efficace du consentement à la surveillance (pour contribuer à faire télécharger l’application), ou que cela soit imposé par des autorités, il en résulte une acceptation passive et généralisée de la surveillance par les pratiques numériques”. (source: Le Temps)

11h: Sur Renversé, un article raconte qu’une expulsion dégueulasse a eu lieu mardi à Genève à l’avenue Henri-Bordier, dans un immeuble géré par la Fondation HBM Emile Dupont. « Douze policiers sont intervenus et n’ont respecté aucune des consignes sanitaires : pas de gants ni de masques, trois à quatre personnes par voiture, non-respect des distances sociales. Ces personnes risquent а présent une condamnation pour séjour illégal avec une peine d’emprisonnement, ainsi qu’une peine pour violation de domicile et pour dommage а la propriété. » solidarité! (source: Renversé)

10h: Le Silure publie le témoignage d’un prisonnier de Champ-Dollon, c’est un document de première importance et le premier à sortir de l’intérieur depuis la révolte des 3 et 4 avril derniers. L’entretien évoque le quotidien dans la prison en période de corona: « Ici, on nous donne un masque différent chaque jour. Et on doit le mettre dès qu’on sort de la cellule. C’est obligatoire. On a aussi du savon en cellule et un accès au lavabo. » Il pointe du doigt le fait que « l’accès aux assistants sociaux a été supprimé » alors qu’ils sont nécessaires « pour demander des aides [et] pour préparer sa demande de conditionnelle ». « Et en plus pour l’annoncer, ils ont mis des affiches. Ça a été un problème parce qu’il y a plein de gens qui ne savent pas lire. »
Il y a aussi des précisions sur le déroulement des faits durant la révolte d’il y a deux semaines : “les manifestations ont eu lieu aux promenades des Albanais” (l’administration pénitentiaire pratique depuis des années la séparation ethnique pendant les promenades). Il raconte aussi qu’un prisonnier « est monté jusqu’au barbelé en haut du grillage. Il s’est blessé dessus. Je n’étais pas là, mais j’ai entendu. Et après coup, j’ai vu des traces de sang par terre. J’ai entendu dire qu’il a été mis 10 jours au cachot pour ça. ». Les protestations continuent, chaque soir les détenus font du bruit. A lire absolument ! (source: Silure)